https://doi.org/10.57988/crig-2333
Kambere
Siviri Lwanga[1],
Gilbert Paluku Mutiviti[2],
Emmanuel Kakule Vyakuno[3],
Charles Kambale Valimunzigha[4]
Dans le but d’évaluer les
effets de trois doses de compost issu des déchets ménagers en Ville de Butembo
sur le rendement en biomasse d’amarante, quatre essais ont été installés dans
quatre sites (Horizon, ITAV, ULPGL et Wayene) suivant
un dispositif expérimental en trois divers blocs aléatoires complets. Chaque
bloc était subdivisé alors en cinq parcelles correspondant aux cinq traitements
dont T0 : parcelles témoins non enrichies, T1 =
parcelles enrichies avec 20 t de compost /ha, T2 = parcelles
enrichies avec 30 t de compost /ha, T3 = parcelles enrichies avec 40
t de compost/ha et T4 = parcelles enrichies avec 500 kg de NPK
15-15-15/ha. Les données ont été analysées d’abord au niveau de chaque site en
recourant à l’analyse de la variance à deux facteurs de classification, modèle
croisé mixte et en second lieu, en compilant les données de quatre sites, nous
avons réalisé une analyse de la variance à trois facteurs de classification modèle
hiérarchisé du type IV. Ces analyses statistiques ont été complétées par
l’estimation de l’efficacité agronomique relative de différentes doses du
compost et du fertilisant NPK 15-15-15.
L’analyse de la variance
des données de rendement en biomasse fraiche a révélé une différence
significative entre les traitements testés et entre les sites d’essai. Pour les
traitements, des rendements de 4,12 t/ha, 6,51 t/ha, 8,82 t/ha, 12,74 t/ha et
20,74 t/ha ont été respectivement obtenus pour T0, T1, T2,
T3 et T4 (PPDS=3,06 t/ha). Ainsi, la dose d’engrais NPK
15-15-15 a eu un effet positif significativement supérieur sur le rendement en
biomasse de l’amarante comparativement aux trois doses de compost. Par rapport
aux sites, des rendements de 8,4 t/ha, 8,7 t/ha, 11,54 t/ha et 13,33 t/ha ont
été réalisés respectivement dans les sites Horizon, ITAV, ULPGL et Wayene (PPDS= 2,83 t/ha).
Ainsi, les sites ULPGL et
Wayene se sont révélés plus favorables à la culture
d’amarante comparativement aux deux autres sites Horizon et ITAV. Pour le
paramètre d’efficacité agronomique relative, les valeurs moyennes de 36 %, 53,3
%, 66,4 % et 80,1 % ont été estimées respectivement pour T1, T2,
T3 et T4. Seule la dose de l’engrais NPK 15-15-15
s’est révélée plus efficace, car étant
au-dessus du seuil 75 % requis pour qu’une dose d’engrais soit considérée comme
agronomiquement efficace.
Mots clés :
Compost,
déchets ménagers, biomasse, l’amarante
To
evaluate the effects of three doses of compost from household waste in the town
of Butembo on amaranth biomass and dwarf bean seed yield, four trials for each
of the two above-mentioned crops were installed in four sites (Horizon, ITAV,
ULPGL and Wayene) following an experimental design in
three complete random blocks. Each block was subdivided into five plots
corresponding to the five treatments namely T0: uninvited control
plots, T1 = enriched plots with 20 t of compost /ha, T2 =
enriched plots with 30 t of compost /ha, T3 = enriched plots with
40t of compost /ha and T4 = enriched plots with 500 kg of NPK
15-15-15 /ha. The data were analysed first at the level of each site using the
analysis of variance with two classification factors, a mixed cross-over model
and secondly, by compiling data from four sites, we performed a three-factor
analysis of variance with a type IV hierarchical model. These statistical
analyses were supplemented by the estimation of the relative agronomic
efficiency of the different doses of compost and NPK 15-15-15 fertilizer for
both crops.
The
analysis of variance of brown biomass yield data revealed a significant
difference between the treatments tested and between the test sites. For
treatments, yields of 4.12 t/ha, 6.51 t/ha, 8.82 t/ha, 12.74 t/ha and 20.74
t/ha were obtained for T0, T1, T2, T3
and T4 respectively (PPDS=3.06 t/ha). Thus, the NPK 15-15-15
fertilizer dose had a significantly greater positive effect on amaranth biomass
yield compared to the three compost doses. Compared to the sites, yields of 8.4
t/ha, 8.7 t/ha, 1154 t/ha and 13.33 t/ha were achieved at horizon, ITAV, ULPGL
and Wayene sites respectively (PPDS= 2.83 t/ha).
Thus, the ULPGL and Wayene
sites have proven to be more favourable to amaranth cultivation compared to the
other two sites Horizon and ITAV. For the relative agronomic efficiency
parameter, the mean values of 36 %, 53.3 %, 66.4% and 80.1 % were estimated for
T1, T2, T3 and T4 respectively.
Only the dose of NPK 15-15-15 fertilizer was found to be more effective, as it
was above the 75 % threshold required for a fertilizer dose to be considered
agronomically effective.
Key-words:
Compost, household waste, biomass, amaranth.
Actuellement,
la production agricole en général et celle des cultures maraichères en
particulier, sont bien limitées par l’appauvrissement et la dégradation des
sols, accentués par l’apport inadéquat et non raisonné des matières
fertilisantes (Valimunzigha
et al., 2019). En outre, la mauvaise
gestion, la non-maîtrise des intrants organiques et aussi la combinaison non
optimale des engrais chimiques et ceux organiques constituent des facteurs
limitants importants de l’augmentation des rendements agricoles (Saïdou et al., 2003).
La
pression démographique dans les zones urbaines couplée aux besoins croissants
en légumes dans plusieurs villes de la République Démocratique du Congo a entraîné la promotion d’une
agriculture maraichère urbaine et péri-urbaine ; c’est le cas des plateaux de Bateke et des
vallées de N’Djili à Kinshasa de même que des vallées
maraichères de Naviundu et de Kilobelobe
à Lubumbashi (FAO, 2010) dont l’exploitation est axée sur la production des
légumes feuille et fruit et le développement d’une agriculture sédentarisée
(manioc, pomme de terre, haricot, bananier, plantain,…) permettant de réduire
la pression sur les zones rurales (Ognalaga et al.,
2015).
Dès lors, l’amélioration quantitative et
qualitative des productions agricoles ne peut plus être basée sur
l’augmentation des surfaces emblavées, moins sur une agriculture itinérante,
mais plutôt sur l’augmentation des rendements par unité de surface (Ognalaga et al., 2015). Cela exige une meilleure
connaissance des propriétés édaphiques et surtout une maîtrise des paramètres
de fertilité et de la fertilisation des sols (Koné
et al., 2010).
L’augmentation
des rendements par unité de surface exige bien une adoption par les
agriculteurs d’un apport systémique, approprié et raisonné des fertilisants,
c'est-à-dire, l’utilisation adéquate des engrais à des doses raisonnables (Saïdou et al., 2003 ; Olaniyi, 2010 ; Ognalaga et al., 2015). La fumure minérale seule
n’offre pas toujours des perspectives satisfaisantes pour l’agriculture urbaine
et péri-urbaine caractérisée par des petits jardins maraichers (Koné et
al., 2009), et surtout si elle est appliquée sur des sols ferralitiques
reconnus pour leur pauvreté en azote et en phosphore (Biaou et al.,
2017). La principale cause de la réticence aux engrais chimiques par les petits
exploitants agricoles est le coût élevé de ces engrais ainsi que leur
contribution médiocre dans le maintien de la composition de la matière
organique du sol. Dans un tel cas, le recours à l’usage du compost et autres
fumures organiques est vivement souhaité.
Une
bonne pratique agricole, qui implique l’apport des substances organiques, tels
que les engrais et/ou amendements organiques, les résidus de récolte ou
différents types de composts, pourrait améliorer la fertilité et la qualité des
sols marginalisés (Weber et al., 2007). En effet, les matières
organiques, à l’instar des composts, améliorent plus la structure des sols,
augmentent la capacité de rétention en eau et des nutriments du sol, réduisent
les risques de pollution, stimulent l’activité microbienne et augmentent le
rendement des cultures (Crichton et al., 2000 ; Laos et al., 2000
; Douglas et al., 2003 ; Kowaljow
et Mazzarino,
2007). De plus, les sources d'engrais organiques possédant un rapport C/N en
dessous de 20 contiennent une concentration élevée de nutriments (Chaves et al., 2007 ; Tognetti
et al., 2008) et possèdent des
potentiels d'immobilisation de l'azote (De
Neve et al., 2004).
Au
regard de tous ces avantages qu’offre le compost, le choix de la culture reste
aussi un facteur déterminant dans la valorisation des déchets ménagers dans
l’agriculture urbaine et péri-urbaine. Dans le contexte de notre investigation,
le choix a été porté sur l’amarante (Amaranthus hybridus). L’amarante a attiré notre attention, car
elle fait partie des légumes les plus cultivés en milieu urbain et péri-urbain
de Butembo où elle intervient principalement dans l’alimentation humaine. Elle
est facile à cultiver et a un cycle cultural court (environ 28 jours) quand
elle est cultivée pour la production des feuilles.
Peu
d’informations précises existent sur l’usage du compost dans la conduite de la
culture de l’amarante en Ville de Butembo. Les agriculteurs se limitent à une
utilisation abusive du compost sans pour autant connaître les doses qui lui
conviennent le mieux. Bon nombre d’études dont celle de Grubben (1975) ont révélé qu’une fumure organique à
une dose de 25 t/ha couplée à une fumure chimique constituée du NPK (10-10-20)
à une dose de 500 kg/ha fournit de bons rendements quel que soit en feuilles ou
en grains d’amarante.
Les analyses et les essais de fumures montrent
des besoins élevés en potasse. L'engrais chimique NPK (10-10-20) est une bonne
formule pour l'amarante. Un apport de 500 kg/ha par culture récoltée par
arrachage et de 600 kg/ha par culture récoltée par des coupes successives est
généralement recommandable pour les sols pauvres ou moyennement fertiles si l'apport
de matière organique ne dépasse pas 25 t/ha (Grubben, 1975). Par ailleurs,
selon l’Agence Française de Développement du Gabon, il faut 15 kg de fumier
bien décomposé et 50 g de NPK (15-15-15) pour 1 m² soit 15 t/ha du fumier et
500 kg du NPK (15-15-15) pour un rendement acceptable d’amarante.
C’est
dans cette logique que s’inscrit ce travail traitant de l’influence du compost
issu de déchets ménagers sur le rendement de l’amarante dans quatre zones
agroécologiques de Butembo dont l’objectif est d’évaluer les effets du compost
sur le rendement et l’efficacité agronomique relative pour les cultures
d’amarante en Ville de Butembo. Afin de baliser le chemin
conduisant vers l’élaboration d’une méthodologie pouvant répondre à la
problématique reprise ci-dessus, nous avons avancé anticipativement en guise
d’hypothèse la réponse suivante à la question soulevée ci-haut :
ü La plus forte dose de compost
produit à partir des déchets ménagers à Butembo pourrait entraîner un rendement
similaire à celui de l’engrais NPK 15-15-15 et une efficacité agronomique relative similaire à celui de l’engrais
NPK 15-15-15 et supérieure à 75 % pour la
culture d’amarante, car elle agirait bien comme amendement organique
susceptible d’influer positivement sur les propriétés physique, chimique et
biologique des sols.
Les
essais expérimentaux ont été réalisés en Ville de Butembo dans 4 différentes
zones agroécologiques, notamment le sud-ouest de la Ville (site Horizon/UCG,
29°15’42,57’’E, 0°7’42,04’’N, 1838 m), le Sud-Est (site ULPGL, 29°18’20,66’’E,
0°5’40,96’’N, 1756 m), le nord-est (site Wayene,
29°19’48,78’’E, 0°9’14,60’’N, 1741 m) et le centre-ville (site ITAV,
29°16’59,45’’E, 0°7’50,16’’N, 1765 m). Tous les sites étaient précédemment
occupés par une courte jachère d’intercampagne et n’avaient jamais subi de
traitements d’engrais dans le passé. La figure 1 ci-dessous visualise les sites
expérimentaux.
Les
analyses chimiques, physiques et biologiques de sols à une profondeur de 25 cm
de sites expérimentaux ont révélé ce qui suit (Siviri, 2011) :
Figure 1:
Visualisation des 4 sites expérimentaux en Ville de Butembo

Tableau 1.
Résultats des analyses physiques, chimiques et biologiques du sol de Butembo
dans les quatre sites expérimentaux
|
Caractéristique |
Horizon |
ITAV |
ULPGL |
Wayene |
|
pH-H2O |
6,3 |
5,2 |
5,1 |
4,5 |
|
pH-KCl |
5,4 |
4,2 |
4 |
4 |
|
C.Org (g/Kg) |
58 |
27 |
23 |
27 |
|
Humus (%) |
11,5 |
5,3 |
4,7 |
5,5 |
|
Ntot (%) |
0,46 |
0,28 |
0,24 |
0,24 |
|
C/N |
13 |
11 |
10 |
12 |
|
Pdis (mg/100g) |
2 |
1 |
1 |
1 |
|
Ca éch |
258 |
68 |
62 |
12 |
|
Mg éch |
53 |
13 |
19 |
3 |
|
K éch |
65 |
4 |
9 |
7 |
|
Na éch |
2 |
2 |
2 |
2 |
|
Concetration Saline |
84 |
88 |
40 |
56 |
|
NaCl (mg/100g) |
4,7 |
4,8 |
4,8 |
4,8 |
|
Indice de battance |
0,31 |
0,33 |
0,56 |
0,33 |
|
**Mn (mg/Kg) |
1059 |
387 |
28 |
68 |
|
**Fe (mg/Kg) |
853 |
285 |
427 |
224 |
|
**Zn (mg/Kg) |
- |
- |
- |
- |
|
**Cu (mg/Kg) |
- |
- |
- |
- |
|
Pb (mg/Kg) |
22,4 |
13 |
13,8 |
17,4 |
|
Ni |
- |
- |
- |
- |
|
Cd |
<
1,5 |
<
1,5 |
<
1,5 |
<
1,5 |
|
Hg |
- |
- |
- |
- |
|
Respiration (mg de CO2/g de sol) |
2,09 |
1,12 |
0,95 |
1,08 |
|
% Argile |
44,1 |
33,8 |
34 |
34,6 |
|
% Limon fin et grossier |
37,5 |
23,7 |
35,9 |
23,1 |
|
% Sable fin et grossier |
18,4 |
42,5 |
30,1 |
42,4 |
|
Texture |
Argileuse |
Limon
argileuse |
Limon
argileuse |
Limon
argileuse |
Les
conditions climatiques qui prévalaient lors de la conduite des essais sont
présentées dans le tableau 2 ci-après (Stations
météo Ville de Butembo, 2019-2020 (ITAV ou Aéroport Rughenda).
Tableau 2. Données météorologiques dans les 2 stations
météorologiques de la Ville de Butembo au moment de l’expérimentation
|
Station |
ITAV |
Aérodrome Ruwenda |
||||||
|
Mois |
Nov.19 |
Déc.19 |
Jan.020 |
Fé.20 |
Nov.19 |
Déc.19 |
Ja.20 |
Fév.020 |
|
P (mm) |
126,40 |
106,50 |
61,00 |
73,80 |
126,4 |
106,5 |
102,6 |
105 |
|
Tmax (°C) |
24,50 |
23,94 |
24,26 |
23,70 |
25,0 |
24,5 |
24 |
24 |
|
Tmin (°C) |
14,66 |
14,42 |
13,82 |
13,87 |
14,6 |
13,7 |
14,6 |
13,2 |
|
Tmoy (°C) |
19,60 |
18,68 |
19,04 |
18,80 |
19,80 |
19,1 |
19,3 |
18,6 |
|
H (%) |
86,76 |
87,55 |
89,13 |
87,49 |
88,8 |
87,7 |
79 |
79 |
|
Jours de pluies |
15 |
16 |
7 |
12 |
10 |
12 |
10 |
18 |
Noté :
P : Précipitations, Tmax, Tmin Tmoy sont respectivement la température maximale, la
température minimale et la température moyenne et enfin H est l’humidité
relative de l’air.
Le
matériel végétal utilisé dans notre expérimentation a été fourni par le Centre
de Recherche Agronomique et Vétérinaire du Graben (CERAVEG) de l’Université
Catholique du Graben (UCG) ; il était constitué de la semence d’amarante (Amaranthus hybridus). D’autres
matériels biologiques et non biologiques étaient constitués du
compost (constitué de restes de cuisine, bouse de vaches, crottes de
lapin, cobayes, chèvres, moutons, des cartons ) en base des déchets ménagers
(déchets urbains) qui a servi pour déterminer les doses séquentielles
expérimentées, l’engrais minéral NPK 15-15-15, le GPS (marque Garmin) pour la
géolocalisation des sites expérimentaux, le pied à coulisse pour bien mesurer
le diamètre au collet des plants d’amarante ont constitué les non biodégradables.
Les
essais ont bien été installés suivant un dispositif expérimental en trois blocs
aléatoires complets (Dagnelie,
2012). Tous les objets placés en expérience étaient présents dans chacun de
blocs, le nombre de parcelles par bloc étant au moins égal au nombre d’objets
(5). La répartition des objets au sein de différents blocs et de différents
sites se faisait de façon complétement aléatoire et indépendamment d’un bloc à
l’autre et aussi d’un site à un autre.
Chaque
bloc était subdivisé à cinq diverses parcelles correspondant aux cinq
traitements, à savoir T0 : traitement témoin (parcelle non
fertilisée) ; T1 : parcelle enrichie avec 20 t de
compost/ha ; T2 : parcelle enrichie avec 30 t de
compost/ha T3 : parcelle enrichie avec 40 t de compost/ha et T4 :
parcelle enrichie avec du NPK 15-15-15 à la dose de 500 kg/ha. Les parcelles
expérimentales avaient des dimensions de 1 m*2 m soit 2 m2 séparées
au sein d’un même bloc par une distance de 0,5 m. Quant aux blocs, ils étaient
séparés entre eux par une distance d’un mètre.
La
conduite des essais a consisté globalement à la préparation du champ,
l’épandage des matières fertilisantes, le semis, le paillage, l’entretien de la
culture et la récolte. Le semis est intervenu après l’épandage des matières
fertilisantes en dates du 6, 7, 8 et 9 novembre 2019 respectivement dans le
site de l’ULPGL, de Wayene, de l’ITAV et de l’Horizon/UCG.
Les lignes de semis étaient espacées entre elles de 20 cm et la distance entre
les plantes de 5 cm soit encore l’écartement de (20٭5) cm. Le sarclo-binage a été effectué au même moment que
l’éclaircissage, quinze jours après le semis.
La
récolte est intervenue 30 jours après le semis dans les sites de l’ULPGL et de Wayene et 35 jours après semis dans le site de l’ITAV et de
l’Horizon/ UCG. Toute la biomasse au sein de la parcelle hormis celle de la
bordure constituée de deux lignes extrêmes et 10 cm extrêmes des lignes
centrales a été récoltée et pesée. Les données intermédiaires (hauteur de la
plante en cm, diamètre au collet en mm et le nombre de feuilles par plante) ont
été collectées sur un échantillon de 10 plantes se trouvant au centre de chaque
parcelle expérimentale.
Pour
apprécier l’effet des traitements testés sur les paramètres de croissance et du
rendement en biomasse végétative pour l’amarante, nous avons estimé que les
données collectées doivent être soumises à l’analyse de la variance suivant
deux étapes. Dans un premier temps, la situation
de chaque site a été présentée séparément en adoptant l’analyse de la variance
à deux facteurs de classification, modèle croisé mixte, où les traitements
(doses de compost et de NPK) constituent le facteur fixe et les blocs, le
facteur aléatoire.
En
second lieu, le facteur site est
intervenu en utilisant l’analyse de la variance à trois facteurs de
classification, modèle hiérarchisé de type IV, où le facteur traitement (doses
de compost et de NPK) croise les
facteurs sites et les blocs, mais les blocs sont bien subordonnés aux sites. L’analyse
statistique des données a été réalisée à l’aide du logiciel SAS version 8.2
dans laquelle nous avons utilisé préférentiellement le test de Ficher au seuil
α = 5 %. La comparaison multiple des moyennes a été effectuée par le test
t de Student.
Les
résultats de l’analyse de la variance des données de la hauteur des plants dans
chacun de quatre sites d’expérimentation sont repris dans le tableau
3 ci-dessous. L’examen des résultats présentés dans le tableau
3 ci-dessous indiquent globalement, pour les quatre sites d’essai, des
différences significatives entre les effets de la série des doses de matières
fertilisantes (trois doses de compost et une dose de NPK 15-15-15) sur la
hauteur des plants d’amarante, le diamètre au collet et le nombre de feuilles
par plante (PV < 0,05). Ceci veut dire que, dans chacun de quatre sites
d’essai, les différents traitements ont eu des effets non identiques sur ces
paramètres de croissance végétative.
De
même, au sein de chacun de quatre sites d’essai, les blocs se sont démarqués
différents. Ce qui témoigne de l’hétérogénéité du sol de ces sites d’essai.
S’agissant de l’interaction entre les traitements et les blocs, elle a été
significative dans trois sites (Horizon, ITAV et ULPGL) où la PV < 0,05 et
non significative dans le site Wayene (PV > 0,05).
Tableau 3. Carrés moyens et degrés de signifiance des données de
la hauteur du plant, du diamètre au collet et du nombre de feuilles par plante
dans les 4 sites expérimentaux.
|
Hauteur
du plant |
|||||
|
Sources
de variation |
DDL |
Horizon |
ITAV |
ULPGL |
Wayene |
|
Traitements |
4 |
710,41* |
963,75* |
1941,76* |
2358,66* |
|
Blocs |
2 |
59,65* |
38,77* |
67,85* |
48,48* |
|
Traitements*blocs |
8 |
119,17* |
71, 47* |
205,50* |
11,43 |
|
Erreur
résiduelle |
135 |
3,49 |
2,29 |
6,76 |
10,55 |
|
Total |
149 |
- |
- |
- |
- |
|
Diamètre
au collet |
|||||
|
Traitements |
4 |
40,98* |
25,03* |
24,02* |
16,25* |
|
Blocs |
2 |
1,79* |
0,29 |
0,14 |
0,66 |
|
Traitements*blocs |
8 |
2,78* |
1,44* |
4,19* |
0,50 |
|
Erreur
résiduelle |
135 |
0,27 |
0,19 |
0,47 |
0,30 |
|
Total |
149 |
- |
- |
- |
- |
|
Nombre de feuilles par plant |
|||||
|
Traitements |
4 |
42,89* |
19,24* |
15,58 |
6,57 |
|
Blocs |
2 |
4,03* |
0,54 |
0,99 |
0,99 |
|
Traitements*blocs |
8 |
3,27* |
1,97* |
4,31* |
9,15* |
|
Erreur
résiduelle |
135 |
0,95 |
0,39 |
0,62 |
0,72 |
|
Total |
149 |
- |
- |
- |
- |
Tableau 4. Carrés moyens et degrés de signifiance des données
compilées de la hauteur des plants d’amarante du diamètre au collet et du
nombre de feuilles par plante de quatre sites d’essai
|
Sources de variation |
DDL |
Hauteur de la plante |
Diamètre eau collet |
Nombre de feuilles par plante |
|
Traitements |
4 |
5469,03* |
100.90* |
59,75* |
|
Sites |
3 |
1684,80* |
8,27* |
63,32* |
|
Blocs (sites) |
8 |
53,69* |
0,72* |
1,64* |
|
Traitements*sites |
12 |
168,52 |
1,79 |
8,18* |
|
Traitements* blocs (sites) |
32 |
101,89* |
2,23* |
4,68* |
|
Erreur résiduelle |
540 |
5,77 |
- |
0,67 |
|
Total |
599 |
- |
- |
- |
L’observation
attentive des résultats présentés dans le tableau 4 susmentionné montre qu’en
considérant les données compilées de quatre sites d’essai, les traitements, les
sites et les blocs dans les sites se sont révélés significativement différents
entre eux. Ceci signifie que quels que soient les sites, les traitements n’ont
pas eu d’effets similaires sur tous les paramètres de croissance végétative
étudiés et quels soient les traitements, les sites n’ont pas eu d’effets
identiques sur ces paramètres. La différence significative entre les blocs dans
les sites signifierait que les sols dans les quatre sites d’essai n’étaient pas
homogènes.
La
comparaison multiple des moyennes par le test t de Student
de la plus petite différence significative présentée dans le tableau 5
ci-dessous a montré que les plantules des parcelles fertilisées avec du NPK
15-15-15 ont évolué avec une hauteur, un diamètre au collet et un nombre de
feuilles par plante significativement supérieur à ceux d’autres parcelles.
S’agissant de l’effet de trois doses séquentielles du compost, bien que dans
certains cas, aucune différence significative n’a été constatée entre, d’une
part l’effet de ces doses comparées entre elles et, d’autre part l’effet de ces
doses comparées au témoin, la tendance générale est que la hauteur des plants
d’amarante, le diamètre au collet et le nombre de feuilles par plante ont
augmenté au fur et à mesure que la dose du compost augmentait.
De façon particulière, pour le site ULPGL,
aucune de trois doses du compost n’a eu un effet significativement supérieur à
celui du témoin. S’appuyant aux résultats de l’analyse préalable du sol de
quatre sites, surtout pour la teneur en matières organiques avant l’installation
des essais, nous supposons que le sol du site ULPGL contenait un niveau de
matière organique suffisant pour booster la croissance végétative de
l’amarante, de sorte que même en y ajoutant une quantité supplémentaire, tel a
été notre cas, l’effet corrélatif de cet ajout s’avèrerait non significatif.
Tableau 5. Comparaison multiple des valeurs moyennes de la hauteur
des plants d’amarante (en cm), du diamètre au collet et du nombre de feuilles
par plante soumis à différentes doses de fertilisants dans les quatre sites
d’essai.
|
Hauteur de la plante (cm) |
||||
|
Traitements |
Horizon |
ITAV |
ULPGL |
Wayene |
|
T0 |
8,28c |
8,56c |
10,26b |
15,73d |
|
T1 |
12,38bc |
10,95bc |
11,94b |
16,60cd |
|
T2 |
14,40bc |
12,42bc |
13,19b |
18,00bc |
|
T3 |
16,22ab |
15,26b |
17,67b |
19,71b |
|
T4 |
21,47a |
23,25a |
30,17a |
37,05a |
|
PPDS (α = 0,05) |
6,5 |
5,03 |
8,53 |
2,01 |
|
Diamètre au collet (cm) |
||||
|
T0 |
1,58d |
1,54c |
1,83b |
1,36d |
|
T1 |
1,81cd |
1,66c |
1,89b |
1,71cd |
|
T2 |
2,57bc |
2,02bc |
1,88b |
2,03bc |
|
T3 |
3,03b |
2,41b |
2,29b |
2,37b |
|
T4 |
4,51a |
3,80a |
3,93a |
3,28a |
|
PPDS |
0,99 |
0,71 |
1,22 |
0,42 |
|
Nombre de feuilles par plante |
||||
|
T0 |
5,87c |
4,97b |
5,03 |
5,9 |
|
T1 |
5,93c |
5,4b |
6,03 |
5,5 |
|
T2 |
7,13b |
5,43b |
5,13 |
5,03 |
|
T3 |
7,20b |
5,73b |
5,77 |
5,37 |
|
T4 |
8,8a |
7,07a |
6,8 |
6,23 |
|
PPDS |
1,07 |
0,84 |
- |
- |
La
comparaison multiple des valeurs moyennes de la hauteur des plants, du diamètre
au collet et du nombre de feuilles par plante quels que soient les sites et
quels soient les traitements est reprise dans les tableaux 6 et 7 ci-après.
Tableau 6. Comparaison multiple des valeurs moyennes de la hauteur
des plants, du diamètre au collet et du nombre de feuilles par plante pour les
données compilées de quatre sites d’essai.
|
Traitements |
Hauteur de la plante (cm) |
Diamètre au collet (cm) |
Nombre de feuilles par plante |
|
T0 |
10,71d |
1,58 d |
5,44c |
|
T1 |
12,97cd |
1,77 cd |
5,72bc |
|
T2 |
14,50c |
2,13c |
5,68bc |
|
T3 |
17,21b |
2,53b |
6,02b |
|
T4 |
27,99a |
3,88a |
7,23a |
|
PPDS |
2,65 |
0,39 |
0,57 |
Tableau 7. Comparaison multiple des valeurs moyennes de la hauteur
des plants, du diamètre au collet et du nombre de feuilles par plante pour les
données compilées de cinq traitements.
|
Sites |
Hauteur de la plante (cm) |
Diamètre au collet (cm) |
Nombre de feuilles par plante |
|
Horizon |
14,55c |
2,70a |
6,99a |
|
ITAV |
14,09c |
2,29b |
5,72b |
|
ULPGL |
16,65b |
2,37b |
5,75b |
|
Wayene |
21,42a |
2,15b |
5,61b |
|
PPDS |
1,95 |
0,23 |
1,64 |
Eu
égard aux valeurs présentées dans le tableau 6 et 7 susmentionnés, considérant
les données compilées de quatre sites, la dose de 500 kg de NPK 15-15-15/ha (T4)
a eu donc une plus grande influence positive sur tous les paramètres de
croissance végétative des plants d’amarante dans les quatre sites d’essai. Aussi,
comparativement au témoin, des effets positifs croissants sur la hauteur, le
diamètre au collet et le nombre de feuilles par plant ont été remarqués avec
l’application des doses croissantes du compost.
Ces résultats seraient liés à la plus forte teneur
d’éléments nutritifs apportés par le NPK et des teneurs modérées, mais aussi croissantes
avec l’augmentation de la dose du compost. Quant qu’aux effets de quatre sites,
considérant les données compilées de cinq traitements, les sites sont classés
dans l’ordre décroissant de grandeur de leur influence de la manière
suivante : Wayene > ULPGL >ITAV = Horizon
pour la hauteur des plants ; Horizon > ITAV = ULPGL = Wayene pour le diamètre au collet et pour le nombre de
feuilles par plant. Ce classement s’expliquerait par la variation des
conditions écologiques à l’échelle locale liées davantage à l’hétérogénéité du
sol et aux microclimats qui prévalaient dans chacun de quatre divers sites au
moment de l’expérimentation.
Le
tableau 8 reprend les résultats de l’analyse de la variance des rendements
en biomasse dans chacun de quatre sites d’essai.
Tableau 8. Carrés moyens et degrés de signifiances des données du
rendement en biomasse dans les 4 sites expérimentaux.
|
Sources de variation |
DDL |
Horizon |
ITAV |
ULPGL |
Wayene |
|
Traitements |
4 |
54,84* |
37,28* |
235,61* |
329,39* |
|
Blocs |
2 |
5,90 |
7,62 |
30,33 |
5,66 |
|
Traitement*blocs |
8 |
9,05 |
9,68 |
30,86 |
5,65 |
|
Total |
14 |
- |
- |
- |
|
Le
constat que l’on tire du tableau 8 susmentionné est qu’au sein de chacun
de quatre différents sites d’essai, les traitements ont eu des effets
significativement différents sur le rendement en biomasse de l’amarante. Considérant
les sites comme source de variation, le tableau 9 reprend les résultats de
l’analyse de la variance des données compilées de quatre sites d’essai.
Tableau 9. Analyse de la variance des données compilées du
rendement en biomasse d’amarante de quatre sites d’essai.
|
Sources
de variation |
DDL |
SCE |
CM |
Fobs |
PV |
|
Traitements |
4 |
2009,47 |
502,37 |
36,99* |
<0,0001 |
|
Sites |
3 |
251,57 |
83,86 |
7,44* |
0,01 |
|
Blocs
(sites) |
8 |
90,14 |
11,27 |
- |
- |
|
Traitements*sites
|
12 |
646,51 |
53,88 |
3,97* |
0,0009 |
|
Traitements*
blocs (sites) |
32 |
434,63 |
13,58 |
- |
- |
|
Total |
59 |
3432,32 |
- |
- |
- |
La
lecture des résultats consignés dans le tableau 9 ci-dessus, fait ressortir,
outre l’interaction significative entre les traitements et les sites, des
différences significatives entre les traitements et entre les sites (PV <
0,05). Les résultats de la comparaison multiple des moyennes (tableau 10) ont
révélé que les parcelles traitées avec du NPK 15-15-15 ont produit une biomasse
végétative significativement supérieure à celles de quatre autres traitements.
Dans
le site ULPGL, il apparaît de façon évidente que les trois doses de compost ont
eu des effets similaires à celui du témoin. Ce constat pour le site ULPGL ne
fait que conforter l’hypothèse selon laquelle le sol du site ULPGL contiendrait
un niveau de matière organique suffisant pour booster la croissance végétative
de l’amarante et par conséquent la biomasse végétative, de sorte que même en y
ajoutant une quantité supplémentaire, l’effet corrélatif de cet ajout s’avère
non significatif.
Tableau 10. Comparaison multiple des valeurs moyennes du rendement
en biomasse (en tonnes/ha) dans chacun de quatre sites d’essai.
|
Traitements |
Horizon |
ITAV |
ULPGL |
Wayene |
|
T0 |
2,53c |
3,0b |
5,47b |
5,47c |
|
T1 |
5,52bc |
6,77ab |
6,90b |
6,77c |
|
T2 |
10,16ab |
9,51a |
8,33b |
7,29c |
|
T3 |
10,55ab |
7,06ab |
9,56b |
16,93b |
|
T4 |
13,15a |
12,50a |
27,08a |
30,21a |
|
PPDS |
5,66 |
5,86 |
10,46 |
4,48 |
La
comparaison multiple des moyennes consignée dans le tableau 11 ci-après,
indique que quels que soient les traitements, les sites Wayene
et ULPGL sont égaux et sont restés significativement supérieurs aux sites Horizon et
ITAV qui par ailleurs sont égaux.
Tableau 11. Comparaison multiple des valeurs moyennes du rendement
en biomasse d’amarante (en tonnes/ha)
pour les données compilées de quatre
sites d’essai.
|
Traitements dans les quatre sites |
Sites pour les quatre traitements |
||
|
T0 |
4,12d |
Horizon |
8,4b |
|
T1 |
6,51cd |
ITAV |
8,7b |
|
T2 |
8,82c |
ULPGL |
11,54a |
|
T3 |
12,27b |
Wayene |
13,33a |
|
T4 |
20,74a |
|
- |
|
PPDS |
3,06 |
|
2,83 |
Les
résultats de l’efficacité agronomique relative pour les différents fertilisants
utilisés sont mentionnés dans le tableau 12. Eu égard aux résultats du tableau
12 ci-dessous, il est à remarquer que dans les quatre sites d’essai, l’engrais
chimique NPK 15-15-15 a enregistré des valeurs d’efficacité Agronomique
relative supérieures au seuil de 75 % requis pour qu’un engrais ou une dose
d’engrais soit considéré comme efficace. Toutefois, il apparaît aussi qu’au
niveau du site Horizon, les deux plus grandes doses du compost se sont révélées
efficaces.
Tableau 12.
Efficacité Agronomique relative de différents fertilisants utilisés
|
Traitement |
Horizon |
ITAV |
ULPGL |
Wayene |
|
T0 |
- |
- |
- |
- |
|
T1 |
54,82 |
55,74 |
20,72 |
19,20 |
|
T2 |
75,10 |
68,48 |
34,36 |
24,96 |
|
T3 |
76,04 |
57,53 |
42,78 |
67,69 |
|
T4 |
80,76 |
76,03 |
79,80 |
81,89 |
Dans
cette étude, l’analyse de la variance des données de la hauteur des plants, du
nombre de feuilles initié par plant et du diamètre au collet des plants a
révélé des différences significatives entre les effets de différents
traitements testés. La comparaison multiple des valeurs moyennes de ces
paramètres a indiqué que la dose d’engrais minéral de 500 kg/ha a eu une
influence positive significativement supérieure à celle de trois doses de
compost.
Toutefois, les deux plus grandes doses de
compost ont eu plus une influence positive significativement supérieure à celle
des parcelles témoins.
Ces résultats peuvent être expliqués par,
d’une part, la teneur en éléments nutritifs dans les formulations utilisées,
surtout en azote et, d’autre part, par les effets positifs de ces formulations
sur les propriétés du sol. En effet, la supériorité du NPK 15-15-15 sur les
trois doses de compost serait expliquée par la plus haute teneur de l’engrais
minéral NPK 15-15-15 en azote, élément
moteur de la croissance végétative des plantes (Sharma,
2006).
En effet, il a été démontré que l’azote joue
un rôle déterminant dans la croissance horizontale (diamètre) et verticale
(hauteur) des plantes, mais aussi dans l’initiation des feuilles (Ramachandra et
Thimmaraju,
1983, Makus,
1986, Olufolaji,
1989). Ainsi donc, les composts n’étant pas suffisamment riches en azote en
comparaison avec le NPK 15-15-15, il est logique que ses effets soient
significativement inférieurs à ceux du NPK 15-15-15. À titre de rappel,
un kilogramme de compost issu de la litière avicole contient environ 24,92 g de
N soit 2,2 % et un kilogramme de compost issu de litière des ruminants possède
environ de 15,54 g soit encore 1,6 % (Koussihouèdé et al., 2016) ; ces teneurs sont de loin supérieures à celle
de 0,95 % N trouvé dans le compost expérimenté dans cette étude.
Évidemment,
des effets positifs de l’azote sur la croissance de l’amarante ont été relatés
dans de nombreuses études menées à travers le monde (Law-Ogbomo
et Ajayi,
2009 ; Olaniyi
et al., 2008 ; Akparobi, 2009 ; Okokoh et Bisong, 2011 ;
Baitilwake
et al., 2011 ; Koussihouèdé et al., 2016). Dans le cas de notre
étude, les deux plus grandes doses de compost ont eu une supériorité par
rapport au témoin tout étant inférieures à l’engrais NPK 15-15-15. Ceci serait dû au phénomène bien connu qui se
déroule dans le sol ayant une activité microbiologique.
En
effet, il est connu qu’en cas de déficit d'azote et de fumure minérale dans le
sol, le compost fonctionne surtout comme une réserve d'éléments nutritifs pour
la microflore et secondairement pour la plante (Feller
et al., 1981) ; ainsi, notre compost
issu des déchets ménagers étant pauvre en azote (0,95 %), une bonne part de cet
azote aurait servi en premier lieu à l’entretien de l’activité microbienne du
sol et trop peu de cet azote serait absorbé par les plants d’amarante.
Néanmoins, nous pouvons supposer qu’en dehors de cette faible absorption
supposée de l’azote au niveau des parcelles ayant reçues les deux grandes doses
de compost, ces dernières auraient, comme amendement organique, probablement
joué un rôle positif sur les propriétés physiques du sol, d’où leur supériorité
sur les parcelles témoins.
En
effet, il est connu que les matières organiques, à l’instar des composts,
améliorent la structure des sols, augmentent la capacité de rétention en eau et
des nutriments du sol, elles stimulent donc l’activité microbienne et
augmentent le rendement des cultures (Crichton
et al., 2000 ; Laos et
al., 2000 ; Douglas et al., 2003 ; Kowaljow et Mazzarino, 2007).
Au
regard de l’évolution des valeurs moyennes de la hauteur des plants, du
diamètre au collet et du nombre de feuilles initié par plant, il y a lieu
d’émettre l’hypothèse selon laquelle les doses séquentielles du compost auraient
entraîné, sur la croissance végétative des plants d’amarante, des effets
positifs proportionnels aux doses utilisées dans notre expérimentation. Il est
probable qu’au cours de la conduite de nos essais, la dose optimale du compost
n’avait pas été atteinte compte tenu de l’évolution progressive des valeurs
moyennes des paramètres de croissance végétative en fonction des doses
séquentielles du compost. Ce qui converge vers la troisième loi de la
fertilisation, celle des accroissements moins que proportionnels (Gros, 1983 ; Dugué et Gigou, 2002).
Quant
aux différences significatives constatées entre les quatre zones
agroécologiques pour tous les divers paramètres de croissance mesurés, elles
seraient ainsi dues à la fois aux conditions topographiques, édaphiques et
microclimatiques propres à chaque zone agroécologique. Les conditions
climatiques, qui prévalaient lors de la conduite des essais, caractérisées par
de fortes pluies auraient joué désagréablement sur la croissance végétative des
plantes d’amarante dans certains sites de la Ville de Butembo, tel a été le cas
pour les sites Horizon et ITAV.
En
effet, l’amarante est une culture qui se plaint de l’excès d’eau dans le sol
qui crée l’asphyxie des racines entraînant l’arrêt de la croissance des plants
et la chlorose des feuilles (Mazoyer,
2005). Par contre, cette contrainte
hydrique serait atténuée dans les sites de Wayene et
de l’ULPGL par la nature de leurs sols. Classés en fonction de leur couleur
noirâtre, les sols de Wayene et de l’ULPGL ne sont
pas du type ferralitique comme ceux de l’ITAV et de l’Horizon qui sont
rougeâtres, une des caractéristiques des sols ferralitiques. En effet les sols
ferralitiques sont reconnus par leur capacité d’échange cationique faible et
une faible quantité de bases échangeables (Mazoyer,
2002). Ce qui entraîne une faible fertilité de ces sols.
Considérant
ainsi les données compilées de quatre sites d’essai, les rendements moyens en
biomasse d’amarante de 20,74 t/ha 12,27 t/ha, 8,82 t/ha, 6,51 t/ha et 4,11
t/ha ont été observés respectivement dans les parcelles traitées par l’engrais
minéral NPK 15-15-15, 40 t/ha, 30 t/ha, 20 t/ha de compost et parcelles non
traitées. Ces résultats paraissent logiques, car le rendement en biomasse fraîche
de l’amarante semble corréler positivement avec les paramètres de croissance
végétative, à savoir la hauteur des plants, le diamètre au collet, le nombre de
feuilles initié par plant. Comme dit précédemment, l’azote joue un rôle de loin
important dans le mécanisme de croissance (hauteur, diamètre, initiation
foliaire et vigueur de la plante) des légumes feuilles, en général et de
l’amarante, en particulier (Koussihouèdé
et al., 2016).
Les différents résultats du rendement en
biomasse obtenus lors de nos expériences sont inférieurs à ceux obtenus dans
les grands centres maraichers de la République Démocratique du Congo où le
rendement moyen en biomasse d’amarante oscille entre 3 et 4 kg/m2
soit entre 30 et 40 t/ha selon le séjour dans le champ (FAO, 2010 ; Muzingu, 2010). Par contre, nos rendements sont
similaires à ceux obtenus par Koussihouèdé et ses collaborateurs en 2016 au Bénin
où des rendements moyens de 3,44 t/ha; 7,31 t/ha et 9,00 t/ha ont été
récoltés respectivement sur les parcelles témoins non traitées par le compost,
parcelles traitées avec 10 t/ha et parcelles traitées avec 20 t/ha de compost
issu de la litière de volaille. Les rendements moyens en biomasse fraîche de
l’amarante obtenus à l’issue de nos essais nous poussent à désavouer la première
partie de l’hypothèse qui préconisait que « la plus forte dose de compost
produit à partir des déchets ménagers à Butembo pourrait entraîner un rendement
en biomasse fraîche similaire à celui de l’engrais NPK 15-15-15 et une
efficacité agronomique relative similaire à celui de l’engrais et supérieure à
75 % pour la culture de l’amarante, car elle agirait comme amendement organique
susceptible d’influer positivement sur les propriétés physique, chimique et
biologique des sols ».
Eu
égard aux résultats de l’efficacité agronomique relative (EAR), comparativement
aux autres traitements, la dose de 500 kg de l’engrais minéral NPK 15-15-15 a
été efficace dans la production des feuilles d’amarante dans les quatre sites
d’expérimentation. En effet, n’est considérée comme efficace qu’une dose
d’engrais entraînant une efficacité agronomique relative supérieure 75 % (Morel et Fardeau, 1991).
Les
doses de 30 t/ha et 40 t/ha de compost ont aussi induit une efficacité
agronomique relative supérieure 75 % dans le site Horizon, mais en général
cette valeur a été variable et inférieure à 75 % pour toutes les doses de
compost dans les quatre sites d’essai.
Ceci laisse à entrevoir que pour chacun des sites d’essai, il fallait
une dose appropriée tenant compte des caractéristiques physiques, chimiques et
biologiques des sols propres pour chaque site. Ceci est en connivence avec la
suggestion de Rushemuka
et ses collaborateurs en 2014 qui suggéraient déjà que la recommandation d’un
fertilisant aux agriculteurs doit être fondée sur une étude systématique des
conditions locales incluant le besoin nutritionnel de la plante. Cette
variation des rendements en biomasse d’amarante et celle de l’efficacité
agronomique relative de différentes doses de compost et du NPK 15-15-15 pour un
même traitement dans différentes zones agroécologiques étudiées seraient donc
expliquées par l’existence de multiples paramètres propres à chaque zone agroécologique.
Au
regard des résultats de l’efficacité agronomique relative obtenus dans cette étude,
nous sommes en position d’infirmer la
deuxième partie de l’hypothèse qui
stipulait que : « la plus forte dose de compost produit à partir des
déchets ménagers en Ville Butembo pourrait entraîner un rendement en biomasse fraîche
similaire à celui de l’engrais NPK 15-15-15 et une efficacité agronomique
relative similaire à celui de l’engrais et supérieure à 75 % pour la culture de
l’amarante, car elle agirait comme amendement organique susceptible d’influer
positivement sur les propriétés physique, chimique et biologique des
sols ».
Ce
travail a été initié en vue d’évaluer les effets du compost sur le rendement et
l’efficacité agronomique relative pour la culture d’amarante en Ville de
Butembo. En définitive, pour la culture de l’amarante, les résultats obtenus
ont globalement prouvé la supériorité de l’influence positive de la dose de 500
kg/ha de l’engrais N-P-K (15-15-15) par rapport aux trois doses de compost sur
les différents paramètres végétatifs estimés au cours de l’étude. Toutefois, considérant
les données compilées de quatre sites d’essai, on se rend compte que
l’application de trois doses séquentielles de compost entraîne des effets
positifs de plus en plus significatifs sur ces mêmes paramètres comparativement
au témoin (parcelle non amandée ou non fertilisée). Le constat similaire a été
obtenu pour le rendement en biomasse fraîche de l’amarante.
Au
regard de ces constats, nous avons supposé que, dans le cas de notre travail,
la dose optimale de compost n’a pas été atteinte et que si on évoluait avec
d’autres doses séquentielles plus consistantes que celles expérimentées, on
atteindrait ainsi une dose qui entraînerait un rendement maximum. Au-delà de
cette dose, le rendement se stabiliserait ou même commencerait à baisser
graduellement. Cela justifie probablement les faibles valeurs de l’efficacité
agronomique relative pour les trois doses de compost expérimentées. Cet aspect
des résultats ouvre la voie à une étude ultérieure qui pourra, dans la mesure
du possible, vérifier l’hypothèse susmentionnée.
Loin
de là, au contraire, le mieux serait de répéter dans le temps l’usage de ces
intrants pour bénéficier de leurs effets résiduels dans le sol, surtout pour le
cas du compost produit à partir des déchets organiques ménagers qui, s’ils ne
sont pas pris en charge, resteront une menace, une nuisance, un danger…pour l’homme
dans son environnement.
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[1]Professeur
Associée en Faculté des Sciences
Agronomiques de l’Université Catholique du Graben (Nord-Kivu RDC) : lwsiviri@gmail.com
[2] Professeur
Ordinaire en Faculté des Sciences
Agronomiques de l’Université Catholique du Graben (Nord-Kivu RDC).
[3] Professeur
en Faculté des Sciences Agronomiques et des Sciences Sociales, Politiques et
Administratives de l’Université Catholique du Graben (Nord-Kivu RDC)
[4] Professeur
Ordinaire en Faculté des Sciences
Agronomiques de l’Université Catholique du Graben (Nord-Kivu RDC).