https://doi.org/10.57988/crig-2329
Kambere Siviri Lwanga[1], Gilbert Paluku Mutiviti[2], Emmanuel Kakule Vyakuno[3], Charles Kambale Valimunzigha[4]
L’objectif
de cette étude était d’évaluer les effets de trois doses de compost issu des
déchets ménagers en Ville de Butembo sur le rendement en graines du haricot
nain. Ainsi, quatre essais ont été installés dans quatre sites (Horizon, ITAV,
ULPGL et Wayene) suivant un dispositif expérimental
en trois blocs aléatoires complets. T0 : parcelles témoins non
enrichies, T1 = parcelles enrichies avec 10 t de compost /ha, T2
= parcelles enrichies avec 15 t de compost /ha, T3 = parcelles
enrichies avec 20 t de compost/ha et T4 = parcelles enrichies avec
400 kg de NPK 15-15-15/ha.
Les données ont été analysées d’abord au niveau de chaque site en recourant à
l’analyse de la variance à deux facteurs de classification, modèle croisé mixte
et en second lieu, en compilant les données de quatre sites, ces derniers
considérés comme source de variation, nous avons réalisé une analyse de la
variance à trois facteurs de classification modèle hiérarchisé du type IV. Ces
analyses statistiques ont été complétées par l’estimation de l’efficacité
agronomique relative de différentes doses du compost et du fertilisant NPK
15-15-15.
L’analyse de la variance des
données du rendement en graines a montré une différence significative entre les
traitements testés et entre les sites d’essai. Avec une plus petite différence
significative de 219,3 kg/ha, les rendements respectifs de 694,4 kg/ha, 791,4
kg/ha, 1057,6 kg/ha, 1254,4 kg/ha et 1221,1 kg/ha ayant été obtenus pour les
traitements T0, T1, T2, T3 et T4,
les doses moyenne et maximale de compost ont eu le même effet positif sur le
rendement en graines dans les quatre sites. S’agissant des sites, avec des
rendements respectifs de 842,6 kg/ha, 1101,9 kg/ha, 1244,8 kg/ha et 825,8 kg/ha
(PPDS= 201,5 kg/ha) pour les sites Horizon, ITAV, ULPGL et Wayene,
les sites ITAV, ULPGL se sont révélés plus favorables à la culture du haricot
nain. Par ailleurs, des valeurs moyennes de l’efficacité agronomique relative de
12,2 %, 34,3 %, 44,6 % et 43,1 % ont été enregistrées pour les traitements T1,
T2, T3 et T4, des valeurs largement
inférieures au seuil de 75 % requis qu’une dose d’engrais soit considérée comme
agronomiquement efficace.
The objective of
this study was to evaluate the effects of three doses of compost from household
wastes in the town of Butembo on the seed yield of dwarf bean. Thus, four
trials were installed in four sites (Horizon, ITAV, ULPGL and Wayene) following a Randomized Completed Blocks Design with
three blocks each comprising five plots corresponding to the five treatments, T0:
non-enriched control plots, T1 = plots enriched with 10 t of
compost/ha, T2 = plots enriched with 15 t of compost/ha, T3
= plots enriched with 20 t of compost/ha and T4 = plots enriched
with 400 kg of NPK 15-15-15/ha. The data were first analyzed at the level of
each site using the analysis of variance with two classification factors, a
mixed crossover model and secondly, by compiling the data from four sites, we
performed a three-way analysis of variance classification hierarchical type IV
model. These statistical analyses were completed by estimating the relative
agronomic effectiveness of the different doses of compost and NPK 15-15-15 fertilizer.
Analysis of
variance of seed yield data showed a significant difference between treatments
tested and between trial sites. With a least significant difference of 219.3
kg/ha, the respective yields of 694.4 kg/ha, 791.4 kg/ha, 1057.6 kg/ha, 1254.4
kg/ha and 1221.1 kg/ha were obtained for the treatments T0, T1,
T2, T3 and T4. The average and maximum doses
of compost had the same positive effect on seed yield in the four sites.
Regarding the sites, with respective yields of 842.6 kg/ha, 1101.9 kg/ha,
1244.8 kg/ha and 825.8 kg/ha (LSD = 201.5 kg/ha) for Horizon, ITAV, ULPGL and Wayene sites, the ITAV, ULPGL sites have proven to be more
favorable to dwarf bean cultivation. In addition, average values
of relative agronomic efficiency of 12.2 %, 34.3 %, 44.6 % and
43.1 % were recorded for treatments T1, T2, T3
and T4, values that are much lower than the 75 %
threshold required for a dose of fertilizer to be considered agronomically
effective.
De
nos jours, la production agricole en général et celle du haricot en
particulier, sont limitées par l’appauvrissement et la dégradation des sols,
accentués par l’apport inadéquat et non raisonné des matières fertilisantes (Valimunzigha et al., 2019). En outre, la mauvaise
gestion, la non-maîtrise des intrants organiques et la combinaison non optimale
des engrais chimiques et organiques constituent des facteurs limitants
importants de l’augmentation des rendements agricoles (Saïdou et al., 2003).
La pression démographique dans les
zones urbaines couplée aux besoins croissants en légumes dans plusieurs villes
de la République Démocratique du Congo a entraîné la promotion d’une
agriculture urbaine et péri-urbaine et le développement d’une agriculture
sédentarisée permettant de réduire la pression sur les zones rurales (Ognalaga et al., 2015). Dès lors, l’amélioration
quantitative et qualitative des productions agricoles ne peut plus être basée
sur l’augmentation des surfaces emblavées, moins sur une agriculture itinérante,
mais plutôt sur l’augmentation des rendements par unité de surface (Ognalaga et al., 2015). Cela exige donc une
meilleure connaissance des propriétés édaphiques et surtout une maîtrise des
paramètres de fertilité et de la fertilisation des sols (Koné et
al., 2010).
L’augmentation des rendements par
unité de surface exige une adoption par les agriculteurs d’un apport
systémique, approprié et raisonné des fertilisants, c'est-à-dire, l’utilisation
adéquate des engrais à des doses raisonnables (Saïdou et al., 2003 ; Olaniyi, 2010 ; Ognalaga et al., 2015). La fumure minérale seule n’offre pas toujours des
perspectives satisfaisantes pour l’agriculture urbaine et péri-urbaine
caractérisée par des petits jardins maraichers (Koné
et al., 2009) , et surtout si elle
est appliquée sur des sols ferralitiques reconnus pour leur pauvreté en azote
et en phosphore (Biaou et al., 2017). La principale cause de la
réticence aux engrais chimiques par les petits exploitants agricoles est le
coût élevé de ces engrais ainsi que leur contribution médiocre dans le maintien
de la composition de la matière organique du sol. Dans un tel cas, le recours à
l’usage du compost et autres fumures organiques est vivement souhaité.
Une bonne pratique agricole qui
implique l’apport des substances organiques, tels que les engrais et/ou
amendements organiques, les résidus de récolte ou différents types de composts,
pourrait améliorer la fertilité et la qualité des sols marginalisés (Weber et al., 2007). En effet, les matières organiques, à l’instar de
divers composts, améliorent la structure des sols, augmentent la capacité de
rétention en eau et des nutriments du sol, réduisent les risques de pollution,
stimulent l’activité microbienne et augmentent le rendement des cultures (Crichton et al., 2000 ; Laos et al., 2000 ; Douglas et al.,
2003 ; Kowaljow
et Mazzarino,
2007). De plus, les sources d'engrais organiques possédant un rapport C/N en
dessous de 20 contiennent une concentration élevée de nutriments (Chaves et al., 2007 ; Tognetti
et al., 2008) et possèdent des
potentiels d'immobilisation de l'azote (De
Neve et al., 2004).
Au regard de tous ces avantages
qu’offre le compost, le choix de la culture reste aussi un facteur déterminant
dans la valorisation des déchets ménagers dans l’agriculture urbaine et
péri-urbaine. Dans le contexte de notre investigation, le choix a été porté sur
la culture du haricot commun (Phaseolus
vulgaris). Le haricot constitue une des cultures essentielles dans
l’alimentation des populations de l’Afrique centrale et orientale où les
populations vivent dans une pauvreté extrême (Baudoin
et al. 2001 ; Nyabyenda, 2014). Du point de vue
nutritionnel, le haricot est un aliment important et constitue 65 % de l’apport
protéique dans l’alimentation humaine et 32 % des calories. Il apporte
également du fer, du zinc, des fibres et des carbohydrates lents (CIAT, 2014).
Il occupe à cet effet, une place de choix du fait qu’il constitue une
importante source de protéines et d’énergie pour les hommes dans les pays en développement
où l’accès aux protéines d’origine animale est difficile.
La teneur en lysine des graines de
haricot demeure relativement importante ; de ce fait, le haricot améliore
la qualité des régimes alimentaires en base des amylacées comme les céréales. Cependant,
les graines de haricots sont déficientes en méthionine trouvée en quantité
satisfaisante dans les céréales. De ce fait, les céréales et les haricots
contribuent de manière plus complémentaire à la valeur nutritive du régime
alimentaire des peuples de plusieurs régions du monde (Vanderborght et Baudoin, 1998), plus particulièrement
ceux du Kivu montagneux (Nyabyenda,
2014).
Du point de vue économique, le
haricot représente une source notable de revenus de divers foyers ruraux des
hautes montagnes du Kivu. Malgré l’importance du haricot en tant que denrée
alimentaire de choix et source de revenus, les agriculteurs congolais ne
parviennent pas à satisfaire la demande des populations. Le rendement du
haricot commun demeure faible et instable, il oscille en moyenne entre 400 et
800 kg/ha (Bouwmeester
et al., 2009). Pourtant les résultats
de recherche ont montré que plus de 2000 à 3000 kg de haricots nains et de 4000
à 6000 kg de haricots volubiles peuvent être produits par hectare (Kanyenga et al., 2016).
Parmi les causes de cette baisse de
rendement dans le Kivu (Nord-Kivu, Sud-Kivu et le Maniema) et dans la plupart
des provinces de la République Démocratique du Congo, on peut citer : les
méfaits des aléas climatiques, particulièrement les effets dépressifs de la
sécheresse résultant du manque et/ou de la mauvaise répartition des pluies
durant le cycle végétatif, l’infertilité des sols, l’insuffisance alors de
diffusion des variétés améliorées, le non-respect de principales opérations de
l’itinéraire technique de la culture du haricot commun. Sous les tropiques
cependant, le haricot est fréquemment cultivé sur des sols marginaux qui ont
dans la plupart des cas une forte acidité, une faible capacité d’échange
cationique et une forte désaturation.
Par ailleurs, des éléments tels que le phosphore,
calcium, molybdène, cobalt, bore, cuivre et zinc sont soit déficients soit
convertis en une forme inassimilable pour la plante, alors que très
indispensables pour assurer le potentiel d’assimilation symbiotique de la
légumineuse et, par conséquent, une production élevée et stable en gousses et
en graines (Baudoin et al.,
2001). Ces conditions marginales dans les régions tropicales expliquent en
partie les rendements faibles et instables qui y sont observés (Nzungize, 2012;
Miklas et al., 2006, Kanyenga et al.,
2016).
Des études menées sur l’influence
de la fertilisation minérale en culture de haricot commun ont pour la plupart
révélé des augmentations sensibles de rendement allant jusqu’à 100 % en utilisant
divers fertilisants (Baert,
1988). Dans le même contexte, Sebahutu (1988) a constaté que les variétés de
haricot réagissaient différemment par rapport à la fertilisation minérale au
Rwanda. Des études menées par Mbukula et al.
(2018) au Congo Central ont montré un accroissement de 102 % du rendement en
graines de haricot lorsque la dose de 60N-60P2O5-60K2O y est appliquée.
Par ailleurs, à Kashusha
dans le Sud-Kivu, Muke
et al. (2019) ont remarqué une
amélioration du rendement en graines de haricot par rapport au traitement
témoin (parcelles non fertilisées) de 67, 58 et 51 % respectivement quand les
parcelles sont fertilisées par le NPK, DAP et le fumier local. Bien que les
engrais chimiques offrent des résultats satisfaisants, ils ne sont pas facilement
acceptés par un grand nombre d’agriculteurs au Nord-Kivu. Ainsi, le recours aux
fertilisants organiques paraît comme une alternative pour l’amélioration du
rendement en graines de haricot.
Plusieurs travaux ont été effectués pour
déterminer la dose d’azote à apporter à la plante. Entre 1978 et 1980, 16 et 15
sites d’essais ont été réalisés respectivement dans les cultures de pois et de
haricot au Canada par Chamberland.
Chamberland (1982) conclut que
l’apport en azote doit se situer entre 15 et 30 kg N/ha pour la culture de
haricot. À l’aide de la méthode Cate-Nelson, Chamberland (1982) a fixé des niveaux de
concentration critiques de P et de K dans le sol qui sont de 60-88 kg/ha pour
le phosphore et de 95-204 kg/ha pour le potassium, puis a déterminé trois
niveaux de fertilité qualifiés de pauvre, moyen et riche de part et d’autre des
valeurs critiques d’analyse de sol.
Lors de ses études, Chamberland (1982) a trouvé une réponse marquée aux
différentes doses de P dans la culture de haricot seulement en sols dits
« pauvres » en phosphore. Dans ces sols, la quantité d’engrais
phosphatés recommandable pourrait dépasser les 60 kg P2O5/ha.
Dans la catégorie des sols moyens, il recommanda une dose de 20 kg/ha de P2O5.
Il n’observa aucune réponse à l’ajout de P dans les sols dits riches. Alors, il
recommanda d’ajouter seulement la quantité de P exportée par les récoltes qui
était 0,45 kg par tonne pour le haricot. Il recommanda aussi un maximum de 40
kg K2O/ha dans les sols pauvres et, pour les sols moyens et riches
une dose de 20 kg K2O devait suffire.
Enfin, la quantité de K exportée
par le haricot serait de l’ordre de 3,2 kg de K par tonne de graines de
haricot. Ainsi, DESLAURIERS (2014) fixe les besoins en phosphore chez le
haricot de 0 à 120 kg/ha selon que le sol est riche ou pauvre en cet élément.
Lors de ses études, Dupriez
(2009) a constaté que pour les variétés ayant des besoins moins importants en
éléments nutritifs comme le haricot, petit pois, radis, fraise, plantes à
fleurs, la dose de 1 à 2 kg/m2 soit 10 à 20 t/ha de compost est
satisfaisante.
C’est dans cette logique que
s’inscrit ce travail traitant de l’influence du compost issu de déchets
ménagers sur le rendement en graines de haricot dans
quatre zones agroécologiques de Butembo. Ainsi, ce travail visait l’objectif
d’évaluer les effets du compost sur le rendement et l’efficacité agronomique
relative pour la culture de haricot nain en Ville de Butembo. Afin de baliser le chemin conduisant vers
l’élaboration d’une méthodologie pouvant répondre à la problématique reprise
ci-dessus, nous avons avancé anticipativement en guise d’hypothèse la réponse
suivante à la question soulevée ci-haut :
ü La plus forte dose de compost
produit à partir des déchets ménagers à Butembo pourrait entraîner un rendement
similaire à celui de l’engrais NPK 15-15-15 et une efficacité agronomique relative similaire à celui de l’engrais
NPK 15-15-15 et supérieure à 75 % pour la
culture de haricot, car elle agirait comme amendement organique susceptible
d’influer positivement sur les propriétés physique, chimique et biologique des
sols.
Les essais expérimentaux ont été
réalisés en Ville de Butembo dans 4 zones agro écologiques notamment : le
sud-ouest de la Ville (site Horizon/UCG, 29°15’42,57’’E, 0°7’42,04’’N, 1838 m), le sud-est (site ULPGL, 29°18’20,66’’E,
0°5’40,96’’N, 1756 m), le nord-est (site Wayene, 29°19’48,78’’E,
0°9’14,60’’N, 1741 m) et le centre-ville (site ITAV, 29°16’59,45’’E,
0°7’50,16’’N, 1765 m). Tous les sites étaient
précédemment occupés par une courte jachère d’intercampagne et n’avaient jamais
subi de traitements d’engrais dans le passé. La figure 1 ci-dessous visualise
les sites expérimentaux.

Les analyses chimiques, physiques
et biologiques de sols à une profondeur de 25 cm de sites expérimentaux ont
révélé ce qui suit (Siviri, 2011) :
Figure 1. Visualisation des 4 sites expérimentaux en ville de
Butembo
Tableau 1. Résultats des analyses physiques, chimiques et
biologiques du sol de Butembo dans les quatre sites expérimentaux.
|
Caractéristique |
Horizon |
ITAV |
ULPGL |
Wayene |
|
pH-H2O |
6,3 |
5,2 |
5,1 |
4,5 |
|
pH-KCl |
5,4 |
4,2 |
4 |
4 |
|
C.Org (g/Kg) |
58 |
27 |
23 |
27 |
|
Humus (%) |
11,5 |
5,3 |
4,7 |
5,5 |
|
N total (%) |
0,46 |
0,28 |
0,24 |
0,24 |
|
C/N |
13 |
11 |
10 |
12 |
|
P disponible
(mg/100g) |
2 |
1 |
1 |
1 |
|
Ca échangeable |
258 |
68 |
62 |
12 |
|
Mg échangeable |
53 |
13 |
19 |
3 |
|
K échangeable |
65 |
4 |
9 |
7 |
|
Na échangeable |
2 |
2 |
2 |
2 |
|
Concentration Saline |
84 |
88 |
40 |
56 |
|
NaCl (mg/100g) |
4,7 |
4,8 |
4,8 |
4,8 |
|
Indice de battance |
0,31 |
0,33 |
0,56 |
0,33 |
|
**Mn (mg/Kg) |
1059 |
387 |
28 |
68 |
|
**Fe (mg/Kg) |
853 |
285 |
427 |
224 |
|
**Zn (mg/Kg) |
- |
- |
- |
- |
|
**Cu (mg/Kg) |
- |
- |
- |
- |
|
Pb (mg/Kg) |
22,4 |
13 |
13,8 |
17,4 |
|
Ni |
- |
- |
- |
- |
|
Cd |
< 1,5 |
< 1,5 |
< 1,5 |
< 1,5 |
|
Hg |
- |
- |
- |
- |
|
Respiration (mg de CO2/g
de sol) |
2,09 |
1,12 |
0,95 |
1,08 |
|
% Argile |
44,1 |
33,8 |
34 |
34,6 |
|
% Limon fin et
grossier |
37,5 |
23,7 |
35,9 |
23,1 |
|
% Sable fin et
grossier |
18,4 |
42,5 |
30,1 |
42,4 |
|
Texture |
Argileuse |
Limon argileuse |
Limon argileuse |
Limon argileuse |
Les conditions climatiques qui
prévalaient lors de la conduite des essais sont présentées dans le tableau 2
ci-après.
Tableau 2. Données météorologiques dans les deux stations
météorologiques de la Ville de Butembo au moment de l’expérimentation.
|
Stations |
ITAV |
Aérodrome
Ruwenda |
||||||
|
Mois |
Nov. 2019 |
Déc. 2019 |
Jan. 2020 |
Fév. 2020 |
Nov.2019 |
Déc. 2019 |
Janv.
2020 |
Fév. 2020 |
|
P
(mm) |
126,40 |
106,50 |
61,00 |
73,80 |
126,4 |
106,5 |
102,6 |
105 |
|
Tmax
(°C) |
24,50 |
23,94 |
24,26 |
23,70 |
25,0 |
24,5 |
24 |
24 |
|
Tmin (°C) |
14,66 |
14,42 |
13,82 |
13,87 |
14,6 |
13,7 |
14,6 |
13,2 |
|
Tmoy (°C) |
19,60 |
18,68 |
19,04 |
18,80 |
19,80 |
19,1 |
19,3 |
18,6 |
|
H
(%) |
86,76 |
87,55 |
89,13 |
87,49 |
88,8 |
87,7 |
79 |
79 |
|
Jours
de pluies |
15 |
16 |
7 |
12 |
10 |
12 |
10 |
18 |
Noté : P :
Précipitations, Tmax, Tmin Tmoy
sont respectivement la température maximale, la température minimale et la
température moyenne et enfin H est l’humidité relative de l’air.
Le matériel végétal utilisé dans
notre expérimentation a été fourni par le Centre de Recherche Agronomique et
Vétérinaire du Graben (CERAVEG) de l’Université Catholique du Graben
(UCG) ; il était constitué de la semence du haricot nain (Phaseolus vulgaris). D’autres matériels
biologiques et non biologiques étaient constitués du compost en base de divers
déchets ménagers (déchets urbains) qui a servi pour bien déterminer les doses
séquentielles expérimentées, l’engrais minéral NPK 15-15-15, le GPS (marque
Garmin) pour la géolocalisation des sites expérimentaux, le pied à coulisse
pour mesurer le diamètre au collet des plants de haricot.
Les essais ont été installés
suivant un dispositif expérimental en trois blocs aléatoires complets (Dagnelie,
2012). Tous les objets placés en expérience étaient présents dans chacun des
blocs, le nombre de parcelles par bloc étant au moins égal au nombre d’objets
(5). La répartition des objets au sein de différents blocs et de différents
sites se faisait de façon complètement aléatoire et indépendamment d’un bloc à
l’autre et d’un site à un autre.
Chaque bloc était donc subdivisé à
cinq parcelles correspondant aux cinq traitements, à savoir T0 :
traitement témoin (parcelle non fertilisée) ; T1 :
parcelle enrichie avec 10 t de compost/ha ; T2 : parcelle
enrichie avec 15 t de compost/ha ; T3 : parcelle enrichie
avec 20 t de compost/ha et T4 : parcelle enrichie avec du NPK
15-15-15 à la dose de 400 kg/ha. Les dimensions des parcelles expérimentales
étaient de 3m*3m soit 9 m² séparées au sein d’un même bloc par une distance de
0,5 m. Quant aux blocs, ils étaient séparés entre eux par une distance d’un
mètre.
La conduite des essais a consisté
globalement à la préparation du champ (déchaumage, labour à plus au moins 30 cm
de profondeur et hersage), l’épandage des matières fertilisantes, le semis, le
paillage, l’entretien de la culture et la récolte. Le semis s’est effectué en
dates du 6, 7, 8 et 9 novembre 2019 respectivement dans le site de l’ULPGL, Wayene, de l’ITAV et de l’Horizon après épandage des
matières fertilisantes, aux écartements de 30 cm*30 cm dans tous les quatre
sites d’essai en raison de 4 graines par poquet.
Le démariage est intervenu 2
semaines après le semis en réduisant le nombre de plants à deux par
poquets suivant que la plantule était vigoureuse ou malingre. Le premier
sarclo-buttage effectué manuellement à l’aide d’une houe est intervenu quatre
semaines après le semis dans les quatre sites expérimentaux et le deuxième au
début de la floraison soit 6 semaines après le semis. La récolte des graines de
haricot a été réalisée manuellement 3 mois après le semis.
Les paramètres observés ont été les suivants : (i) le
taux de levée (%) a été estimé par le rapport entre le nombre de plantules
levées et celui de graines semées multiplié par 100 ; (ii) la hauteur des plants (cm) mesurée au début
de la floraison à partir du collet (surface du sol) au sommet de la plante
(bourgeon terminal) ; (iii) le nombre de feuilles a été compté au même moment
que l’estimation de la hauteur ; (iv) le nombre de fleurs initié par plant
estimé par comptage de fleurs effectué chaque semaine depuis l’apparition de
premières fleurs à la maturité ; (v) le nombre de gousses par plante a été
estimé en comptant toutes les gousses produites par plante ; (vi) le taux
de nouaison (%) a été estimé par le rapport du nombre de gousses et de fleurs
initié par plante multiplié par 100 ; (vii) le poids de 1000 graines (g) et (viii) le rendement en graines de haricot
obtenu en pesant toutes les graines récoltées par parcelle expérimentale hormis
celle de la bordure (soit une parcelle utile de 2,4 m x 2,4 m ou 5,76 m² de
surface), puis extrapolé à l’hectare (t/ha). L’efficacité agronomique relative
(EAR) a été estimée selon la méthode proposée par Morel et Fardeau
(1991) et adaptée par Kone et al. (2010) et Muke et al. (2019), comme suit :
![]()
Noté :
est le rendement produit dans la
parcelle traitée,
est le rendement produit dans la
parcelle non traitée et (
) est le rendement supplémentaire dû à l’efficacité agronomique relative
(EAR) de l’engrais. Les données intermédiaires ont été
collectées sur un échantillon de 10 plantes se trouvant au centre de chaque
parcelle expérimentale.
Pour apprécier l’effet des
traitements testés sur les paramètres de croissance et du rendement en graines,
nous avons estimé que les données collectées doivent être soumises à l’analyse
de la variance suivant deux étapes. Dans un premier temps, la situation de
chaque site a été présentée séparément en adoptant donc l’analyse de la
variance à deux facteurs de classification, modèle croisé mixte, où les
traitements (doses de compost et de NPK) constituent le facteur fixe et les
blocs, le facteur aléatoire. En second lieu, le facteur site est intervenu en
utilisant l’analyse de la variance à trois facteurs de classification, modèle
hiérarchisé de type IV, où le facteur traitement (doses de compost et de
NPK) croise les facteurs sites et les
blocs, mais les blocs sont subordonnés aux sites. L’analyse statistique des
données a été réalisée à l’aide du logiciel SAS version 8.2 dans laquelle nous
avons utilisé préférentiellement le test de Ficher au seuil α = 5 %. La
comparaison multiple des moyennes a été effectuée par le test t de Student.
Les résultats présentés dans le
tableau 3 ci-dessous indiquent qu’en considérant les données compilées de
quatre sites d’essai, les traitements, les sites et les blocs dans les sites se
sont révélés significativement différents entre eux pour tous les paramètres
étudiés, sauf pour le nombre de feuilles par plant et le taux de nouaison où
aucun effet significatif des traitements ne s’est dégagé.
Autrement dit, quels que soient les sites, les traitements n’ont pas eu
d’effets similaires sur la croissance en hauteur des plants, le nombre de fleur
par plant, le nombre de gousses par plante, le poids de mille graines et le rendement
en graines de haricot et quels soient les traitements, les sites n’ont pas eu
d’effets identiques sur tous les paramètres. La différence significative entre
les blocs dans les sites signifierait que les sols dans les quatre sites
d’essai étaient hétérogènes. L’interaction entre les traitements et les sites
ne s’est pas révélée significative pour tous les paramètres à l’exception du
nombre de fleurs par plant, alors que celle entre les traitements et les blocs
dans les sites l’a été pour tous les paramètres étudiés.
Tenant compte des données compilées
de quatre sites, les valeurs moyennes de tous les paramètres présentées dans le
tableau 3 ci-dessous indiquent que la dose de 400 kg de NPK 15-15-15/ha (T4)
a eu une plus grande influence positive sur ces paramètres. En outre, des
effets positifs sur tous les paramètres étudiés ont été enregistrés avec
l’application des doses croissantes du compost comparativement au témoin. Ces
résultats seraient liés à la plus forte teneur d’éléments nutritifs apportés
par le NPK et des teneurs modérées, mais croissantes avec l’augmentation de la
dose du compost.
Quant aux effets de quatre sites, considérant
les données compilées de cinq traitements, les sites sont classés dans l’ordre
décroissant de grandeur de leur influence sur la hauteur des plants de haricot
nain, le nombre de feuilles par plant et le poids de mille graines de la
manière suivante : ULPGL> ITAV = Horizon > Wayene.
Une classification presque similaire a été enregistrée pour le nombre de fleurs
par plant et le nombre de gousses par plant. Ce classement s’expliquerait bien par
la variation des conditions plus écologiques à l’échelle locale liées ainsi
donc à l’hétérogénéité du sol et aux microclimats qui prévalaient dans chacun
de quatre sites au moment de l’expérimentation. La comparaison multiple de
diverses valeurs moyennes du rendement en graines montre que les deux plus
grandes doses de compost et la dose de l’engrais NPK ont été les meilleures. Il
apparaît aussi que les sites ULPGL et ITAV ont été plus favorables à la
production des graines de haricot nain comparativement aux deux autres sites
Horizon et Wayene.
Tableau 3. Effets des
différentes doses de compost et du NPK 15-15-15 sur tous les paramètres étudiés.
|
Traitements |
HP |
NFlP |
NFrP |
NGP |
TN |
PMG |
RG |
|
T0 |
22,6c |
8,2 |
5,8b |
3,8 b |
62,5 |
467,2c |
694,4b |
|
T1 |
24,0bc |
8,6 |
5,9b |
4,3 ab |
71,2 |
476,3bc |
791,4b |
|
T2 |
25,8ab |
8,6 |
7,2a |
5,1 a |
71,8 |
488,3a |
1057,6a |
|
T3 |
26,6ab |
8,8 |
7,6a |
5,1 a |
68,8 |
485,3ab |
1254,4a |
|
T4 |
28,5a |
8,5 |
8,2a |
5,0 a |
65,9 |
483,9ab |
1221,1a |
|
PPDS |
2,77 |
- |
1,06 |
0,95 |
- |
11,83 |
219,3 |
|
Sites |
|
|
|
|
|
|
|
|
Horizon |
24,5b |
8,9b |
6,1 c |
4,7b |
73,5a |
479,9b |
842,6b |
|
ITAV |
24,4b |
8,5b |
7,4 b |
4,9ab |
64,1bc |
481,8b |
1101,9a |
|
ULPGL |
35,1a |
9,8a |
10,3 a |
6,2a |
62,7c |
489,4a |
1244,8a |
|
Wayene |
18,1c |
6,8c |
3,9 d |
2,8c |
71,8ab |
469,9c |
825,8b |
|
PPDS |
3,01 |
0,56 |
1,09 |
1,05 |
8,07 |
7,41 |
201,5 |
|
P-Value Traitements |
0,002 |
0,1220 |
0,001 |
0,019 |
0,191 |
0,007 |
0,001 |
|
P-Value Sites |
0,001 |
0,001 |
0,001 |
0,001 |
0,034 |
0,002 |
0,003 |
|
P-Value Blocs (Sites) |
0,001 |
0,001 |
0,001 |
0,001 |
0,052 |
- |
- |
|
P-Value Traitements*sites |
0,232 |
0,547 |
0,001 |
0,331 |
0,089 |
0,716 |
0,337 |
|
P-Value Traitements* blocs
(sites) |
0,001 |
0,001 |
0,001 |
0,001 |
0,001 |
- |
- |
Noté : PPDS = plus
petite différence significative, HP = hauteur du plant, NFlP
= nombre de feuilles par plant, NFrP = nombre de
fleurs par plant, NGP = nombre de gousses par plant, TN = taux de nouaison, PMG
= poids de mille graines et RG = rendement en graines
Les résultats consignés dans le
tableau 4 montrent des valeurs de l’efficacité agronomique relative qui est
définie comme la valeur amendante d’un fertilisant
pour les quatre traitements testés largement inférieures à 75 %, un pourcentage
exigé pour qu‘un fertilisant soit considéré comme efficace sur le plan
agronomique.
Tableau 4. Efficacité Agronomique relative de différents fertilisants
utilisés
|
Sites Traitements |
Horizon |
ITAV |
ULPGL |
Wayene |
|
T0 |
- |
- |
- |
- |
|
T1 |
-14,0 |
-36,4 |
51,3 |
5,8 |
|
T2 |
5,4 |
33,3 |
53,2 |
31,0 |
|
T3 |
35,8 |
33,9 |
57,8 |
48,3 |
|
T4 |
32,2 |
37,5 |
54,9 |
45,6 |
|
|
|
|
|
|
La comparaison multiple des valeurs
moyennes de la hauteur des plants, quels que soient les sites et quels soient
les traitements (tableau 3), montre que les doses de compost de 15 t/ha et 20
t/ha ainsi que la dose de 400 kg/ha d’engrais NPK 15-15-15 ont influencé
positivement, de manière significative, la hauteur des plants de haricot. Ces
résultats semblent avoir un soubassement en ce sens qu’à un certain seuil de
dose de compost, ce dernier, tout en améliorant les propriétés physiques du
sol, libère une certaine quantité d’éléments nutritifs, parmi lesquels l’azote,
à la suite du processus de minéralisation graduelle.
En outre, l’engrais NPK 15-15-15
étant riche en azote, il est logique qu’il agisse positivement sur la
croissance en hauteur des plants de haricot. Nos résultats ne s’écartent pas de
ceux d’un bon nombre d’auteurs qui ont souligné le rôle impératif de l’azote
dans plusieurs processus métaboliques de la plante, notamment le transport, la
biosynthèse, la transmission et aussi la régulation de l’information génétique,
réponse plus favorable aux facteurs environnementaux (Christian, 2004, Limami et Ameziane,
1997, Withan
et Delvin, 1983).
Les résultats de la comparaison
multiple des valeurs moyennes du nombre de fleurs et de gousses (tableau 3)
initiées par plant de haricot quels que soient les sites et quels que soient
les traitements prouvent que les parcelles fertilisées respectivement par le
NPK, la dose maximale et la dose moyenne de compost ont donné des valeurs
moyennes significativement supérieures à celles des plantes croissant dans les
parcelles traitées avec la dose minimale de compost et les parcelles non
fertilisées. Ces résultats s’accordent avec ceux de Laupretre et Benoit (1989) qui ont démontré que les
nombres de fleurs et de gousses initiées par plante sont influencés par le
rythme d’alimentation hydrique, minérale et de la disponibilité de ces deux
composantes. Ceci justifierait l’allure de nos résultats.
Les résultats de l’analyse de la
variance des données compilées du taux de nouaison, quels que soient les
traitements et quels que soient les sites n’ont indiqué aucune différence
significative entre les traitements testés (tableau 3). Il se pourrait que la
formation des gousses soit un processus qui varie fortement avec le régime
hydrique de la plante. En effet, dans leur étude portant sur l’influence de diverses
doses d’engrais minéraux et de fréquences d’arrosage sur le rendement en
graines du haricot commun (Phaseolus vulgaris),
Mbukala
et ses collaborateurs en 2018 ont remarqué que le taux d’avortement de fleurs
diminue de 36 % lorsque l’irrigation est appliquée du semis au début de la
maturation comparativement aux parcelles témoins (sans arrosage régulier).
Ainsi, dans le cadre du présent travail, les plantes qui évoluaient dans les
conditions naturelles dans chacun de quatre sites d’essais auraient profité de
la même façon des pluies enregistrées pendant la période d’essai.
Les résultats de la comparaison
multiple des valeurs moyennes du poids de 1000 graines et du rendement en
graines (tableau 3) révèlent que les deux plus grandes doses de compost et la
dose de l’engrais NPK ont eu une influence positive significativement
supérieure à celle de deux autres traitements restants (la plus petite dose de
compost et la parcelle témoin non fertilisée). Ces résultats seraient dus à la
richesse en éléments fertilisants surtout le phosphore dans les engrais testés.
Le phosphore est connu comme étant un facteur limitant dans la production des
légumineuses en graines et joue un rôle essentiel dans l’initiation des
gousses. Sa déficience dans un fertilisant ou dans le sol réduit sensiblement
le nombre de gousses initié par plant et par ricochet, elle baisse
significativement le rendement en graines (Mahamood et al., 2009).
En outre, le phosphore intervient dans
l’activité biologique de la fixation de l’azote chez les légumineuses. Sa
déficience affecte le processus de la fixation biologique de l’azote qui
influence positivement la croissance et le rendement en graines de légumineuses
en graines (Mufind
et al., 2017 ; Muke et al., 2019). Ceci explique en partie,
le rendement en graines élevé dans les parcelles traitées par les deux fortes
doses de compost et par le NPK 15-15-15.
En effet, l’analyse chimique du compost faisant l’objet de cette étude
avait une teneur en phosphore esquivant à 1,83 %, certes une faible teneur
comparativement à celle se trouvant dans le NPK 15-15-15. Or, si ce compost se
minéralisait spontanément, les 15 tonnes et les 20 tonnes épandues par hectare
dans le cadre de cette étude libèreraient dans le sol respectivement 274,5 kg et 366 kg de phosphore par hectare, ce qui
est de loin supérieur à la quantité de phosphore 60 kg qu’apportent les 400 kg
de NPK 15-15-15 épandus dans le sol. Ces quantités seraient, peut-être même
excessives au point de provoquer des déséquilibres avec d’autres éléments
susceptibles de provoquer leur blocage. Il est vrai que la minéralisation du
compost est lente et dépend de la forte activité microbiologique dans le sol
laquelle est soumise aussi à l’influence des facteurs de l’environnement, tels
que l’humidité et la température.
Dans le cas de la zone de Butembo,
la température étant relativement fraîche n’aurait pas entraîné une
minéralisation en cascade au point de provoquer l’excès du phosphore dans le
sol. Les rendements moyens en graines obtenus pendant nos divers essais nous
poussent plus à confirmer partiellement la première partie de l’hypothèse qui
préconisait que « la plus forte dose de compost produit à partir des
déchets ménagers à Butembo pourrait entraîner un rendement similaire à celui de
l’engrais NPK 15-15-15 et une efficacité agronomique relative similaire à celui
de l’engrais et supérieure à 75 % pour la culture de haricot nain, car elle
agirait comme amendement organique susceptible d’influer positivement sur les
propriétés physique, chimique et biologique des sols ».
Les valeurs de l’efficacité
agronomique relative enregistrées à la fin de la récolte du haricot (tableau 4)
pour tous les traitements testés et dans les quatre sites d’essai ont été
relativement faibles et même en deçà du seuil de 75 % recommandé pour qu’un
engrais ou une dose d’engrais soit considérée comme efficace sur le plan
agronomique. Autrement dit, pour la culture du haricot nain en milieu de
Butembo et durant la saison de nos essais, l’emploi de différentes formulations
utilisées dans la présente étude se justifie moins.
Toutefois, cette efficacité peut
évoluer au cours des saisons suivant les conditions qui prévalent au moment de
la culture. En plus, malgré la faiblesse de l’EAR trouvée dans le cadre de la
culture du haricot nain, la matière organique qui ne se minéralise que très
lentement, peut donc avoir des effets résiduaires bénéfiques au-delà de notre
saison culturale. Au regard des résultats de l’efficacité agronomique relative
obtenus dans cette étude, nous sommes en position d’infirmer la deuxième
hypothèse de ce travail qui stipulait que : « la plus forte dose de
compost produit à partir des déchets ménagers à Butembo pourrait entraîner un
rendement similaire à celui de l’engrais NPK 15-15-15 et une efficacité
agronomique relative similaire à celui de l’engrais et supérieure à 75 % pour la culture de
haricot nain, car elle agirait comme amendement organique susceptible d’influer
positivement sur les propriétés physique, chimique et biologique des
sols ».
Ce travail a été initié en vue d’évaluer
les effets du compost sur le rendement et l’efficacité agronomique relative
pour la culture de haricot nain en Ville de Butembo. Eu égard aux résultats
obtenus, les différents paramètres estimés s’érigent en deux groupes distincts
dont le premier constitué de paramètres insensibles aux traitements testés
(nombre de feuilles, nombre de fleurs initiées par pied, taux de nouaison) et
le second composé de paramètres sensibles aux traitements testés (hauteur des
plants, nombre de gousses par plant, poids de 1000 graines, rendement en
graines).
Pour les paramètres sensibles aux
traitements testés, il a été aussi remarqué des effets positifs significatifs
des doses séquentielles de compost au point de rivaliser avec la dose d’engrais
NPK. Tel est le cas pour le rendement en graines pour lequel les doses moyenne
et maximale du compost ont alors donné des rendements en graines similaires à
celui obtenu avec l’application de l’engrais NPK. Concernant l’efficacité
agronomique relative, aucun des traitements testés ni les trois doses
séquentielles du compost, ni la dose de NPK n’ont été proches de la limite de
75 % exigée.
Faut-il bannir l’utilisation du
compost ou de l’engrais NPK dans la culture du haricot en milieu de
Butembo ? Loin de là, au contraire, le mieux serait de répéter dans le
temps l’usage de ces intrants pour bénéficier de leurs effets résiduels dans le
sol, surtout pour le cas du compost produit à partir des déchets organiques
ménagers qui, s’ils ne sont pas pris en charge, resteront, une menace, donc une
nuisance voire un danger…pour l’homme dans son environnement.
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[1] Professeur
Associé en Faculté des Sciences
Agronomiques de l’Université Catholique du Graben (Nord-Kivu RDC) :
lwsiviri@gmail.com
[2] Professeur
Ordinaire en Faculté des Sciences Agronomiques de l’Université Catholique du
Graben (Nord-Kivu RDC).
[3] Professeur en Faculté des Sciences Agronomiques et des
Sciences sociales, Politiques et Administratives de l’Université Catholique du
Graben (Nord-Kivu RDC).
[4] Professeur
Ordinaire en Faculté des Sciences Agronomiques de l’Université Catholique du
Graben (Nord-Kivu RDC).