https://doi.org/10.57988/crig-2308
Anuarite Kasi
Résumé
La
transformation rapide et incessante de l'environnement dans lequel les
entreprises opèrent les expose à d'énormes risques et incertitudes. Ceci a
conduit à une augmentation du taux de mortalité des nouveaux services au cours
de leur première année d'exploitation.
Pour pérenniser leurs activités et obtenir des avantages concurrentiels,
les entreprises développent des stratégies telles que la diversification dans
nos environnements. Cependant, les facteurs favorisant cette stratégie, restent
peu explorés. De plus, la contribution de cette stratégie sur la performance
des entreprises reste à être bien comprise. L'objectif de cette étude est
d'identifier les déterminants de la diversification des entreprises. Elle cherche également à évaluer la
contribution de la diversification au développement local. L'étude propose un
modèle de recherche fondé sur plusieurs théories. Le modèle produit a été testé
et validé quantitativement auprès d'un échantillon de 334 répondants en
utilisant la modélisation par équations structurelles des moindres carrés
partiels. L'analyse a révélé que la gestion des risques influence la
diversification des entreprises. Une fois adoptée, la stratégie de
diversification contribue à la performance financière et sociale des
entreprises. Cependant, un niveau de diversification très élevé risque de nuire
à la qualité des services rendus et de compromettre les postulats de la
responsabilité sociale des entreprises. Les relations avec les acteurs
étatiques sont à entretenir pour une diversification efficace et durable.
Mots
clés
: Diversification, performance des microentreprises, région économique,
Butembo/RDC.
Abstract
The rapid and unceasing transformation of the
environment in which companies operate exposes them to enormous risks and
uncertainties. This has led to an increase in the mortality rate of new
services during their first year of operation.
To sustain their activities and obtain competitive advantages, companies
develop strategies such as diversification in our environments. However, the
factors promoting this strategy, remain less explored. Moreover, the
contribution of this strategy on enterprises performance remains to be well
understood. The objective of this study is to identify the determinants of
business diversification. It also seeks
to assess the contribution of diversification to local development. The study
proposes a research model drown on several theories. The model produced was
tested and validated quantitatively with a sample of 334 respondents using
partial least squares, structural equation modelling. The analysis revealed
that risk management influences corporate diversification. Once adopted, the
diversification strategy contributes to financial and social performance of
businesses. However, a very high level of diversification risks hindering the
quality of services rendered and compromising the postulates of corporate
social responsibility. Relationships with state actors are to be maintained for
effective and sustainable diversification.
Keywords: Diversification, microenterprises
performance, economic region,
Butembo/DRC
1.
Introduction
ans un territoire donné,
le tissu économique est généralement composé du réseau d’entreprises présentes
localement au travers de leurs établissements. Ces entreprises, plus
spécifiquement des petites, moyennes et microentreprises, ont atteint une
importance notable dans le progrès économique d'une nation, plus spécifiquement
les pays en développement. En effet, les petites et moyennes entreprises
offrent plus de 80% d’emplois dans le monde(OCDE, 2015).
Considérées comme composantes les plus dynamiques de toute économie, les
micros, petites et moyennes entreprises ont un impact remarquable sur le
développement de l'économie africaine.
En République Démocratique du Congo(RDC), plus de 90% d’entreprises sont des
microentreprises, petites et moyennes entreprises de type familial. Ces
entreprises se sont emparées du secteur privé. Un total de 80,7% des dirigeants
des microentreprises, petites et moyennes entreprises sont propriétaires.
Constituant une force locale, ces entreprises
offrent autour de 60 à 70 %
d’emploi avec une valeur ajoutée générée de plus de 60%. Les statistiques ont
révélé qu’en RDC, des très petites entreprises en elles seules ont 5,2% de taux
d'emploi annuel(Kamba-Kibatshi,
2015)
Les moyennes entreprises vont jusque 6%, comme meilleur taux de croissance
annuel. Pour les grandes entreprises, le taux de croissance de l’emploi annuel
est de 1,3% seulement.
Vu
l’importance considérable de la contribution des micros, petites et moyennes
entreprises au développement économique et industriel de la plupart des pays du
monde, il devient impératif et plus qu’urgent de développer une politique qui
permettra leur croissance, affirme. Pire est de constater que
l’environnement dans lequel évoluent ces
entreprises ne reste pas inerte. Il est en perpétuelle évolution. Des
mutations très profondes incluant des transformations rapides et
incessantes de l'environnement, le développement technologique continu engendre
une nouvelle ère dite de l'information.
« Cette nouvelle ère a imposé aux institutions un nouvel
environnement caractérisé par une concurrence intense ». Elles font
dorénavant face à des risques énormes et incertitudes. Elles rencontrent des
difficultés sérieuses d’obtenir des avantages concurrentiels. Dans la même
perspective, affirment que « les petites et moyennes entreprises
sont confrontées aujourd’hui plus que
jamais à une mise sous pression et à une panoplie de défis auxquels elles doivent
trouver des réponses pertinentes » pour espérer à une certaine
pérennisation de l’activité. Comme conséquence, il se voit une augmentation du
taux d'échec. Au niveau de l’Afrique, Awards ( 2014) affirme que le taux de la mortalité
des micros, petites et moyennes entreprises continue d'augmenter.
Plus de 71% de nouveaux services cessent de fonctionner dans leur première
année. Quel dommage !
En
plus des mutations d’ordre général que connait l’environnement, la RDC, plus particulièrement la zone Est,
est caractérisée par des guerres en répétition et conflits éthiques (Balencie
J.M, 2005). Suite à toutes ces situations, la RDC
reste un pays qualifié d’ État fragile(BAD,
2012). Une profonde incertitude pèse sur les performances
économiques. Cela démotive totalement
les investisseurs privés, du moins en ce qui concerne les activités de
diversification(BAD,
2012). Sur les 100% d’initiatives d’entreprises qui
naissent, près de 50% d’entre-elles n’atteignent même pas cinq de survie ! La province du
Nord-Kivu et plus particulièrement la ville de Butembo connait une évolution
pas trop fameuse de l’investissement privé. Essentiellement bâtie sur une
activité agro-pastorale et commerciale (PNUD,
2009) ,
il n’est donc pas surprenant de voir
qu’en ville de Butembo certaines des
micros, petites et moyennes entreprises continuent de subsister et d’autres
naissent. La résilience et la pérennité de certaines de ces structures serait
peut-être due à l’esprit d’investir dans plus d’un secteur et plus
particulièrement les secteurs jugés « sans risques » comme le prône
les postulats de la théorie moderne du portefeuille de H. Markowitz (1952). En fait, H. Markowitz (1952, pp. 77-91)
base son raisonnement sur le principe de l'aversion du risque. Car en effet,
« quand la crise frappe une région dont l’économie est caractérisée par
une mono-activité, c’est tout le tissu qui s’effondre »(DECHERA,
2014, p. 79).
Pour accroître les performances en tant que facteur essentiel de développement
et de perspectives de travail pour les jeunes employés qualifiés, les micros,
petites et moyennes doivent travailler dur(Brown,
2017).
De manière générale, sans abandonner totalement leurs activités de
départ , certaines de ces entreprises se donnent aux nouvelles activités
ou investissent dans des nouveaux milieux (Robic,
1994).
D’après
Robic (1994, p. 13)
« une entreprise diversifie ses activités productives chaque fois que sans
abandonner entièrement ses anciennes lignes de produits, elle s’engage dans la
fabrication de produits nouveaux, y compris de produits intermédiaires suffisamment
différents de ses autres fabrications pour entraîner des différences
significatives dans les programmes de production ou de distribution de
l’entreprise». Dans le secteur agricole par exemple, « la diversification
des exploitations a été largement considérée comme une panacée pour améliorer
l'économie rurale dans le cadre de la politique agricole ». Bien plus, pour affronter des marchés
incertains et turbulents, comme c’est le cas des marchés actuels, les
entreprises doivent se diversifier et innover. Cette stratégie, comme le
notent, est souvent entretenue en réponse aux perturbations du marché et aux
opportunités technologiques pour une adaptation à un environnement commercial
en évolution rapide.
En
accord avec Lee (2007, p. 2),
« l’entreprise doit posséder les ressources productives de valeur,
difficiles à imiter et accumulées à long terme ». En plus, les aspects de
comportements entrepreneuriaux à adopter
ainsi que des facteurs garantissant le succès de la diversification sont
encore peu explorer dans la littérature. À notre connaissance, jusque-là
aucune étude n’a encore exploré les raisons pour lesquelles les entreprises en
ville de Butembo se diversifient et la contribution de cette stratégie sur le
développement local. Il est donc pour
l’instant difficile de savoir le pourquoi d’un tel engouement pour cette
stratégie dans la conjoncture actuelle.
Aussi, des études sur l’identification des acteurs de la diversification
au niveau local et leurs interactions sont peu connues ou absentes. Il se voit
même que les rares études ayant traitées de la diversification dans la
littérature s’intéressent un peu plus aux petites et moyennes industries et non
aux entreprises commerciales.
Cette
étude est consacrée à l’analyse de la diversification dans la région économique
de Butembo. Il s’agira d’analyser comment la diversification contribue à la
performance des entreprises en ville de Butembo. En d’autres termes, il sera
question de montrer l’influence de la diversification sur la performance des
entreprises locales ainsi que décrire les facteurs clés qui influencent cette
diversification.
2. Revue de la
littérature empirique et théorique
2.1 Diversification commerciale dans les micro-entreprises de Butembo
Sur la base du nombre
d'employés et du montant investi, les Micro, Petites et Moyennes Entreprises en République Démocratique
Congo sont classées comme suit : Micro-entreprise
(1-5 employés, 1-10,000$US), petites entreprises (6-50 employés,
10,001-50,000$US) et moyennes entreprises (51-200 employés, 50,001-150,000$US.
Partant de la classification ci-dessus, le tissu économique de Butembo est
composé essentiellement des micros, petites et moyennes entreprises. Zone particulièrement marquée par les
troubles politiques et les activités rebelles en répétition, le développement
des micros, petites et moyennes entreprises est catastrophique. En effet,
« la fragilité de ces catégories d'entreprises exige qu'elles opèrent dans
un environnement de paix et de stabilité économique ». En République
Démocratique Congo, et plus spécifiquement à Butembo on trouve de nombreuses
micro, petites et moyenne entreprises dans diverses industries. Cette étude a
porté sur toutes les catégories confondues. Des auteurs dans la littérature ont
essayé d’apporter des définitions aux concepts de micro entreprises, petites et
moyennes entreprises.
Pour Dorantes
(2010, p. 71)
« la petite et moyenne entreprise est une entreprise qui gère de façon
quotidienne son environnement interne et externe. Elle n’est pas dominante dans
le secteur dans lequel elle opère et se limite à un certain nombre d’employés
(250 au maximum). Sa structure organisationnelle est généralement informelle,
elle n’accorde pas d’importance à la formation de ses salariés, les dirigeants
en sont normalement eux-mêmes propriétaires et les décisions sont centralisées.
Les employés ont peu de formation supérieure et peu de moyens pour résoudre les
problèmes ». La très petite
entreprise est quant à elle « toute entreprise représentée par le « degré
de développement et l’accès au capital ». Plus précisément cela signifie qu'une
petite entreprise a un accès limité au financement au-delà de l'épargne
personnelle, de la famille et des banques locales ».
Pour mieux cerner le
concept d’entreprise en ville de Butembo, il convient de bien définir les
concepts « entrepreneur » et « entreprise ». Le dictionnaire universel du commerce, publié
à Paris en 1723, donne aux mots « entrepreneur » et « entreprendre » les
définitions suivantes :
·
« Entreprendre » : se
charger de la réussite d’une affaire, d’un négoce, d’une manufacture, d’un
bâtiment, etc. ;
·
« Entrepreneur » : celui
qui entreprend un ouvrage. On dit : « entrepreneur de manufacture, entrepreneur
de bâtiment », pour dire « un manufacturier, un maître maçon. »FAYOLLE
(2003, p. 13).
Dans la littérature
économique, l’entrepreneur présente une multitude de facettes et combine des
fonctions de capitaliste, innovateur, opportuniste ou encore de coordonnateur
et organisateur de ressources (FAYOLLE,
2003; Laurent P., 1989). Pour FAYOLLE
(2003, p. 15)
l’entrepreneur, c’est celui qui sait imaginer du nouveau, qui a une grande
confiance en soi, qui est enthousiaste et tenace, qui aime à résoudre les
problèmes, qui aime diriger, qui combat la routine et refuse les contraintes.
Il sait « réunir et coordonner les ressources économiques pour donner à
l’information qu’il détient sa traduction pratique et efficace sur un
marché ».
En ville de Butembo, la
quasi-totalité des activités commerciales semble avoir des tendances
innovatrices, opportunistes. Ainsi, toutes les entreprises locales sont des
activités entrepreneuriales dans le but de création de richesse et de
construction sociale, à partir d’une prise de risque individuelle. La
compréhension d’une entreprise en ville de Butembo repose essentiellement sur
une maitrise du concept d’entrepreneuriat.
Toutes les activités en ville de Butembo sont une réponse aux divers
besoins de la population locale. La plupart de ces activités sont des
initiatives personnelles ou familiales qui fonctionnent à l’informel sans aucun
statut ni formalisme standard. En
outre, les petites et moyennes entreprises sont lancées par ceux que nous
appelons les entrepreneurs. Aussi, comme le souligne Dorantes
(2010)
des inégalités des salaires des membres de la famille par rapport aux salaires
des « non membres » se font voir. Ainsi,
le concept « entreprise » est localement compris comme toute
initiative entrepreneuriale pour créer les richesses et améliorer le niveau
social.
2.2 Théories sur la diversification Commerciale
Pour mieux appréhender le
concept de diversification et savoir pourquoi les entreprises se diversifient,
la partie décrit les divers facteurs derrière cette stratégie au sein des
entreprises. C’est dans ce cadre que cette section se consacre spécialement aux
diverses théories qui ont essayé d’une manière ou d’une autre d’expliquer les
déterminants de la diversification et son influence sur la performance des
entreprises. Dans les études antérieures, plusieurs théories ont été mobilisées
pour l’explication des déterminants de la diversification(Lee,
2007). Ces théories se déclinent en deux grandes
familles, les théories microéconomiques et les
théories macroéconomiques. La
performance des entreprises étant essentiellement un phénomène microéconomique,
seule la famille des théories microéconomique sera utilisée dans cette
étude. Un total de cinq théories a été
mobilisé dans le développement de cette recherche.
22.1.
L’approche du pouvoir de marché (market
power vieuw).
D’après Lee
(2005),
plus on se diversifie, plus on accroît
son pouvoir congloméral aux dépens de ses concurrents. La présence d’une entreprise diversifiée sur
plus d’un marché accroit forcement son pouvoir de marché(Lee,
2007). Pour ces genres d’entreprises, l’idée de
gagner plus de bénéfices vient au second plan car l’entreprise n’essaie pas
d’amasser les profits sur tous les marchés.
Son objectif ultime est de dominer le « marché en pratiquant une
politique de prix prédateur bien qu’elle ne réalise pas une bonne
performance »(Lee, 2005, p. 100). Le pouvoir du marché met en général un accent sur les conséquences
de la diversification sur la concurrence et non sur les motivations profondes
(les causes) de cette diversification(Lee,
2007).
La perspective pouvoir du
marché est utilisé dans divers champs de recherche à travers le monde. Dans
cette étude, le pouvoir du marché va guider notre réflexion sur l’appréciation
des conséquences de la diversification sur l’environnement extérieur des entreprises
en ville de Butembo. Ainsi ; il sera très facile d’apprécier les apports
de la diversification d’une structure par rapport à sa concurrence.
2.2.2.
La théorie de l’agence.
La théorie de l’agence
traite globalement des relations mandant-mandataire. D’après Eisenhardt
(1989) les entreprises doivent refléter une
organisation efficace de l'information et des coûts liés à la prise de
risque. La théorie de l’agence tire ses
origines vers les années 60 et début des
années 70 des idées des économistes Wilson
(1968)
et Arrow
(1971)
qui ont exploré le partage des risques entre les individus et les groupes. La
problématique de partage du risque
intervient lorsque les deux parties prenantes peuvent avoir des
attitudes différents face au risque(Eisenhardt, 1989). Cette logique de partager du risque est alors
par la suite élargie par la théorie de l’agence en ajoutant le problème de
l’agence. Il y a problème d 'agence
« lorsque deux parties qui coopèrent ont une vision et des objectifs
différents du métier »(Eisenhardt, 1989, p. 58). D’après Jensen
and Meckling (1976) ,
Hill and
Jones (1992)
la théorie de l’agence est axée sur la relation d’agence omniprésente dans laquelle une partie appelée le principal
donne mandat a une autre personne, l’agent, d 'effectuer une tâche.
La théorie de l’agence a
souvent été critiquée pour trois grandes raisons. Étant donné la
présence de normes d'intégrités et d'éthique qui régissent les interactions
humaines, « l'opportunisme comportemental, qui suppose l'effort égoïste
des individus pour maximiser l'utilité individuelle dans des conditions
d'asymétrie de l'information peut être remis en question ». En plus, (Davis,
Schoorman, and Donaldson (1997)
affirment que la supposition selon laquelle l'exécutif agit en tant qu'agent
est discutable dans plusieurs cas et que la théorie de l'intendance est avancée
comme perspective alternative. Enfin, cette théorie est critiquée pour le fait que la référence à son incapacité à exprimer
le contexte social des contrats qui associent l'agent et le mandant. Car
lorsque nous sommes dans des environnements sociaux différents, il est possible
que les normes sociales poussent à
adopter des attitudes où les intérêts du groupe primant sur toute autre
considération individuelle. Toutefois, cette théorie reste encore appliquer
dans plusieurs champs de recherche à travers le monde. Plusieurs études
continuent de soutenir la force de cette théorie.
De manière générale, il
est avancé que les exploitations familiales ont tendance à moins se diversifier
que les exploitations non familiales.
Les raisons les de cette timidité sont généralement liées à la
combinaison d'aversion pour le risque et de désir de maintenir la richesse
socio-émotionnelle. Nous allons donc essayer d’expliquer, grâce à cette
théorie, de vérifier pourquoi les gestionnaires intéressés diversifient
excessivement leurs entreprises. Une hypothèse serait que ces gestionnaires
récoltent les bénéfices d'une diversification excessive au détriment de ses
propriétaires.
2.2.3.
La théorie du portefeuille.
La théorie moderne du
portefeuille est le couronnement des travaux du Professeur Harry Markowitz de l’université de Chicago(H. M.
Markowitz, 1991). Celui-ci a le mérite
d’être le fondateur de cette théorie grâce à laquelle il reçut le prix Nobel
d’économie en compagnie de Merton Miller et William Sharpe.
Les principes de base de
la théorie du portefeuille proviennent de la théorie de la valeur des
investissements de John Burr Williams(H. M.
Markowitz, 1991). La théorie moderne du
portefeuille repose sur le concept de la diversification, qui postule qu'un
groupe d'actifs financiers (actions, obligations, bons du Trésor, etc.)
correctement choisi peut atteindre une meilleure performance avec un risque
moindre qu'un actif financier isolé(H. M.
Markowitz, 2010). Autrement dit, lorsqu'un investisseur compose
un portefeuille de titres non corrélés, c'est-à-dire des titres dont les cours
ou les prix évoluent indifféremment les uns des autres, cela lui permet
d'amoindrir son risque et d'obtenir un rendement supérieur.
L’objectif ultime de la théorie des portefeuilles est de
fournir une méthode permettant de définir le pourcentage de pénétration de
chaque actif afin d'augmenter les rendements financiers. Ainsi, la théorie du
portefeuille propose de réaliser les mêmes bénéfices, ou des bénéfices plus
importants, en combinant les actifs d'investissement(Lima et al., 2017). Ainsi, la théorie tire
avantage d'actifs de prévision diversifiés. En effet, lorsqu'un des actifs présente des erreurs de
prévision, celles-ci sont compensées par un autre actif.
Pour élaborer cette
théorie moderne du portefeuille, H.
Markowitz (1952, pp. 77-91)
base son raisonnement sur le principe de l'aversion du risque. Ce principe est
fondé sur deux hypothèses.
La première postule
qu'entre deux investissements possédant le même rendement espéré,
l'investisseur préférera celui qui est le moins risqué ; la seconde
postule qu'entre deux investissements de même risque, l'investisseur préférera
celui dont le rendement espéré est le plus grand (Ndjambou, 2013, p. 94). Dans un langage
accessible à tous, nous pouvons affirmer que la théorie moderne du portefeuille
trouve écho dans le dicton populaire qui dit de « ne pas mettre tous ses œufs
dans le même panier ».
La théorie du portefeuille n’échappe pas aux
critiques comme toute autre théorie. Des auteurs dans la littérature disent
même que la théorie est morte. L'une des critiques populaires est l'argument du
cygne noir. L'une des hypothèses de la théorie moderne du portefeuille est
qu'il suppose que les rendements des actifs sont normalement distribués. En
plus, la philosophie d'achat et de
conservation à laquelle souscrit la théorie moderne du portefeuille n'est pas
la meilleure façon de maximiser les rendements.
Malgré les critiques, la
théorie du portefeuille attire encore beaucoup l’attention des chercheurs de
divers domaines à travers le monde. Dans le secteur éducatif, ont appliqués la
théorie du portefeuille pour l’évaluation de l’effet des pratiques de
diversification des portefeuilles sur la gestion des flux de trésorerie dans les
établissements d'enseignement et de formation techniques et professionnels du
comité de Uasin Gishu, au
Kenya. Dans le secteur financier, la théorie du portefeuille a été appliquée
pour essayer d’examiner de manière empirique s’il est possible de l'appliquer
en utilisant des critères supplémentaires. Aussi, la théorie du portefeuille a
été utilisée pour calculer la Moyenne-variance-temps. Le cadre élargi considère
la construction d'un portefeuille d'actifs comme une activité qui consiste en n
résultats monétaires et une durée de portefeuille. Dans le but de réduire le
risque d'investissement en développant la diversification des investissements,
a appliqué la théorie du portefeuille.
Dans le secteur de la gestion climatique, la théorie moderne du
portefeuille a été appliquée pour analyser la conservation spatiale dans
l'incertitude et vérifier les
possibilités de s'adapter aux risques du changement climatique.
Dans cette étude, nous
appliquons la théorie de portefeuille pour vérifier si les motivations profondes
de diversification résident au niveau de l’atténuation des risques au sein des
microentreprises de la ville de Butembo.
Étant donné que la théorie du portefeuille se fonde sur la
diversification, il s’agira pour nous d’apprécier le niveau de diversification
dans les microentreprises de la ville de Butembo. Aussi, il sera possible de tester si des
facteurs tels que la gestion du risque, la réduction peuvent motiver la
diversification dans la région économique de Butembo. Ainsi, nous pourrons bien
expliciter et comprendre les idées derrière la diversification et son impact
sur la performance des microentreprises au niveau social, financier et
commercial dans notre milieu. D’après Lee
(2007),
dans l’approche de l’agence la
diversification des activités résulte de la poursuite des bénéfices. En accord avec Lee
(2007)
qui pense que les dirigeants choisissent
la stratégie de diversification en tant que méthode pour accroitre leur
richesse, cette étude va également évaluer l’influence de la diversification
sur la performance des entreprises en ville de Butembo.
2.2.4.
Les théories des ressources stratégiques et des capacités dynamiques
La théorie des ressources
stratégiques repose sur les principes centraux de la dépendance à l'égard du
chemin et une forte hétérogénéité (Lockett, O'Shea, & Wright, 2008; Lockett, Thompson, & Morgenstern, 2009). Il s’agit d’une théorie qui porte sur la
nature de l’entreprise par opposition aux théories des coûts de transactions
qui cherchent à savoir pourquoi les entreprises existent. D’après Lockett
et al. (2009),
la théorie des ressources stratégiques
considère l'entreprise comme un ensemble d'actifs ou de ressources
historiquement déterminés qui sont liés de manière "semi-permanente"
à l'entreprise. Pour Barney
(1991),
ces ressources regroupent les capacités et les caractéristiques que les autres
entreprises ne peuvent pas imiter.
Le principal
développement de la théorie des ressources stratégiques s'est produit entre
1984 et le milieu des années 1990 (Kraaijenbrink,
Spender, & Groen, 2009). Dans ses débuts, la théorie s’appelait "Resource-based
view" (RBV) et
s'est par la suite transformé en "Resource-based
Theory" (RBT) Kozlenkova,
Samaha, and Palmatier (2014). La théorie des ressources peut être décrite comme
l’une des théories de gestion stratégique dont les entreprises obtiennent un
"avantage concurrentiel en configurant leurs ressources de manière à ce
qu'elles deviennent (1) rares, (2) difficiles à imiter et (3) difficiles à
remplacer". Aussi, la même théorie souligne le lien entre les ressources
clés et la performance de l'entreprise.
Au sein de l’entreprise, les ressources sont de deux types : matérielles
ou immatérielles. Les ressources matérielles sont des actifs, des machines,
etc. et les ressources immatérielles telles que l'apprentissage
organisationnel, les connaissances organisationnelles, le capital intellectuel,
les compétences du personnel, etc. Grant
(1991)
ajoute que les ressources sont classées en capital humain, capital physique et
capital organisationnel. Les ressources ont ensuite été étendues au capital
technologique, financier et de réputation. Ces ressources sont difficiles à
acquérir, car les diverses entreprises ont des capacités différentes en la
matière. Les entreprises peuvent regrouper ces ressources dans une combinaison
complexe pour créer un avantage concurrentiel.
En même temps que son
développement, la théorie des ressources stratégiques a été largement
critiquée. Certaines des critiques ont été indirectement levées en suggérant
des amendements aux ressources stratégiques(Foss,
Klein, Kor, & Mahoney, 2008). Kraaijenbrink
et al. (2009)
présentent huit catégories de critiques. (a) les ressources stratégiques n'ont pas d'implications en matière de
gestion, (b) la théorie des ressources stratégiques implique une régression
infinie, (c) l'applicabilité des ressources stratégiques est trop limitée, (d) un avantage
concurrentiel durable n'est pas réalisable, (e) la théorie des ressources stratégiques n'est pas
une théorie de l'entreprise, (f) les caractéristiques précieux, rare,
inimitable et non substituable ne sont
ni nécessaire ni suffisant pour
un avantage concurrentiel durable, (g) la valeur d'une ressource est
trop indéterminée pour fournir une théorie utile, et (h) la définition de la
ressource est inappropriée. En effet, les cinq premières critiques ne menacent
pas vraiment le statut de la théorie de ressources stratégiques. Elles sont non
pertinentes. Une meilleure délimitation de la théorie des ressources
stratégiques et de ses variables peut les contenir(Kraaijenbrink et al.,
2009). Pour les trois
dernières critiques un regard trop sérieux doit être fait. En effet, il s’agit
des défis plus sérieux qui doivent être relevés si l'on veut que la théorie
réalise plus pleinement son potentiel d'explication de l’avantage concurrentiel
durable, en particulier au-delà des environnements prévisibles et stables,
ajoutent Kraaijenbrink
et al. (2009).
En plus de limités
présentées par Kraaijenbrink
et al. (2009),
pensent que la théorie des ressources stratégiques est statique et adoptant une approche
complètement repliée sur elle-même, ignorant le dynamisme de l'environnement
externe tel que les changements du cadre politique et juridique, des croyances
culturelles et religieuses et des conditions économiques, qui peuvent avoir un
impact drastique sur l'entreprise.
Face à une concurrence
croissante et pointue, les entreprises sont en quête des stratégies
concurrentielles nouvelles et uniques(Wójcik, 2015). C’est pourquoi, la
conception et la création de toutes ces nouvelles stratégies mettent au premier
plan une utilisation efficiente et novatrice des ressources et des capacités.
La théorie des ressources stratégiques a été attaquée pour son incapacité à
définir des mécanismes expliquant comment les ressources sont transformées en
avantage concurrentiel. Cette même vision basée
sur les ressources a été critiquée parce qu'elle ignore tous les facteurs liés
aux ressources. Elle suppose que les
ressources "existent" tout simplement. La théorie des capacités
dynamiques apparaît comme le résultat des reproches de la vision basée sur les
ressources. La perspective des
capacités a évolué dans le cadre de la vision fondée sur les ressources. Alors que la théorie des ressources stratégiques met
l'accent sur le choix des ressources, ou la sélection de ressources
appropriées, les capacités dynamiques accentuent le développement et le
renouvellement des ressources(Cavusgil, Seggie, & Talay, 2007).
Intégrant
les aspects de l’économie globale d’aujourd’hui tels que l’innovation, la
compétition et la coopération, la théorie des capacités dynamiques a été
développée par D. a. P.
Teece, G. (1994). Les capacités
dynamiques sont « identifiées comme les outils permettant de manipuler la
structure des ressources, d'apprendre des stratégies, d'instaurer une culture
de confiance, d'améliorer les ressources technologiques, de faire la structure
et la conception organisationnelle plus souple, etc. ». Aussi, elles
peuvent être circonscrites comme étant “la capacité de l'entreprise à intégrer,
construire et reconfigurer les compétences internes et externes pour faire face
à des environnements en évolution rapide"(D. J. Teece, Pisano, & Shuen, 1997, p. 516). Dans son étude très récente sur la gestion
des connaissances est considérée comme la capacité dynamique de premier ordre
intégrée dans le Framework des capacités
dynamiques.
Jusque 2015, la relation
entre les ressources, les actifs et les capacités n’était pas encore
systématisée(Wójcik, 2015). Cela rend difficile l'analyse des décisions
stratégiques. Les approches existantes qui tentent d'organiser la terminologie
sont mutuellement exclusives. Les
récentes reproches à la théorie portent sur que des construits de cette théorie
sont sous-développées. En, plus, il manque de preuves empiriques.
Au-delà de toutes ces
critiques, les théories des ressources stratégiques et capacités dynamiques attirent
de plus en plus la curiosité des chercheurs de divers domaines à travers le
monde. Plusieurs études trop récentes
sont en train d’appliquer l’un ou l’autre de ces deux théories ou les deux à la
fois.
Dans cette étude, les
deux théories vont nous aider à apprécier les effets des capacités
entrepreneuriales et capacités opérationnelles sur la décision de diversifier
son portefeuille au sein de l’entreprise.
Il s’agira plus spécifiquement de tester les effets de l’orientation
entrepreneuriale sur la diversification.
Comme présenté dans la littérature, les liens entre l’orientation
entrepreneuriale et les capacités opérationnelles seront testés.
2.2.5.
La théorie des coûts de transaction.
La théorie des coûts des
transactions considère la stratégie de diversification comme un moyen pour
limiter les coûts des opérations(Lee,
2007). Dans son travail, Coase
(1937)
a expliqué les raisons de l'existence des entreprises et l'interrelation entre
les activités économiques et les coûts impératifs qui y sont associés. Selon Coase
(1937),
cette théorie suggère en substance que
la conduite des transactions est une entreprise coûteuse (par exemple, la
négociation des contrats, le contrôle des performances et la résolution des
litiges). Aussi, les différents modes d'organisation des transactions (par
exemple, au sein d'un marché ou d'une entreprise) entraînent des coûts
différents. En réalité, selon cette
théorie, un examen comparatif des coûts de transaction relatifs (ou de leurs
indices) de ces modes alternatifs révèle comment une transaction particulière
devrait être menée(Williamson, 1985).
La théorie des coûts des transactions tire ses origines des théories de l'avantage
absolu d'Adam Smith et la théorie de l'avantage relatif de David Ricardo (Williamson, 1998). En fait, ces deux théories préconisent
l'utilisation de biens et de services produits par d'autres entreprises pour
minimiser les coûts de transaction. La théorie des coûts des transactions
emprunte ses principes au capitalisme qui a vu les industriels minimiser leurs
coûts pour obtenir un maximum de profits(Gibbons, 2010).
Une critique importante
adressée à la théorie des coûts des transactions est qu’elle mettait trop
l'accent sur le rapport coût/prix et ignorait l'importance des autres
ressources comme source d'avantage concurrentiel(D. J. Teece et al., 1997). Aussi, la théorie est
considérée comme trop statique. Bien que
les améliorations sur l’aspect dynamiques se font voir, la recherche empirique
a rarement exploré un dynamisme de l'approche.
Toutefois, la théorie des
coûts de transaction continue d’être appliquée dans plusieurs domaines à
travers le monde. La théorie des coûts
de transaction a été appliquée avec succès à un large éventail de phénomènes
organisationnels, comme en témoigne un vaste corpus de recherche en constante
évolution.
Dans cette étude, la
théorie des coûts des transactions, comme la théorie des ressources
stratégiques coïncident. Elles ont
toutes pour mission procurer un avantage. Cette théorie peut aussi expliquer la
diversification suivant une logique des transactions des ressources. Si l’entreprise détient des ressources
excédentaires, elle doit choisir si elle vend aux autres entreprises ou si elle
les utilise autrement à l’intérieure. Sa décision va dépendre des coûts de
transactions des ressources sur le marché(Lee,
2007). Comme la théorie des ressources stratégiques,
la théorie du coût des transactions met aussi un accent sur l’utilisation
optimale des ressources.
3. Développement
d’hypothèses et modèle de recherche
3.1 Les hypothèses de l’étude
a)
Entrepreneuriat et capacités opérationnelles
L'esprit d'entreprise est
« le processus par lequel les possibilités de créer de futurs biens et
services sont découvertes, évaluées et exploitées ». L'esprit d'entreprise
comprend des attitudes, des activités et des aspirations. Nous allons nous
concentrer sur les attitudes entrepreneuriales. Il s’agit de la mesure dans
laquelle les gens perçoivent leurs opportunités commerciales, les risques, les
normes sociales ou leurs propres capacités.
Dans leurs investigations, G. Tom
Lumpkin and Dess (1996)
ont matérialisé les attitudes par un construit unique multidimensionnelle,
« l’orientation entrepreneuriale ».
Ce concept reflète les pratiques de gestion ou les styles de prise de
décision des agriculteurs qui agissent de manière entrepreneuriale. Pour sa
mesure, on a retenu les dimensions
« innovation », « prévention des risques » et «
proactivité » telles que proposé
par Miller
(1983). Arend
(2014)
Baert,
Meuleman, Debruyne, and Wright (2016)
pensent que les entrepreneurs doivent orchestrer leurs ressources de gestion
pour une bonne exploitation des opportunités commerciales. Ainsi, l'orientation
entrepreneuriale est essentielle si l'on veut que les individus fassent le
meilleur usage possible de toutes les capacités opérationnelles (Keh,
Nguyen, & Ng, 2007). Ainsi, la relation
entre orientation entrepreneuriale et capacités opérationnelles tiennent son
sens. Cette relation a déjà été plusieurs fois testée par des études
antérieures(Tzokas, Carter, & Kyriazopoulos, 2001; Weerawardena, Mort,
Salunke, Knight, & Liesch, 2015).
Selon G. Tom
Lumpkin and Dess (1996, p. 142), « Schumpeter a été l'un des premiers à
souligner le rôle de l'innovation dans le processus
entrepreneurial ». Dans ses études, Schumpeter
(1942),(1934) a décrit un processus
économique de "destruction créative". Pour lui, il s’agit du
processus par lequel la richesse est créée lorsque les structures de marché existantes
sont perturbées par l'introduction de nouveaux biens ou services. Ces
nouveautés détournent les ressources des entreprises existantes et provoquent
la croissance de nouvelles entreprises. Ainsi, l'innovation « reflète la
tendance d'une entreprise à s'engager et à soutenir les nouvelles idées, la
nouveauté, l'expérimentation et les processus créatifs qui peuvent déboucher
sur de nouveaux produits, services ou processus technologiques »(G. Tom
Lumpkin & Dess, 1996, p. 142). Étant une des
dimensions de l’orientation entrepreneuriale, les sous-hypothèses suivantes
peuvent être émises :
H1 L’innovation
a un effet significatif sur la gestion des risques
H2 L’innovation
a un effet significatif sur la gestion de la main d’œuvre
D’après G. T.
Lumpkin and Dess (2001),
la proactivité fait référence à la manière dont les entreprises s'adaptent aux
opportunités du marché en prenant l'initiative sur le marché. En tant que
dimension de l’orientation entrepreneuriale, nous estimons que :
H3 La proactivité a un effet significatif sur la
gestion des risques
H4 La proactivité a un effet significatif
sur la gestion de la main d’œuvre
Dans ses premières acceptions,
l’entrepreneuriat était assimilé à l’idée de travailler pour soi-même.
C'est-à-dire chercher un emploi indépendant plutôt que de travailler pour
quelqu'un d'autre contre rémunération(G. Tom
Lumpkin & Dess, 1996). Simultanément à ce type de travail est née
l'idée d'assumer un risque personnel.
Pour Cantillon
and á Higgs (1734),
le premier à utiliser officiellement le terme "esprit d'entreprise",
le principal facteur qui séparait les entrepreneurs des salariés embauchés
était l'incertitude et le caractère risqué du travail indépendant. C’est dans
cette logique que le concept de prise de risque est une qualité qui est
fréquemment utilisée pour décrire l'esprit d'entrepreneuriale. La prise de
risque peut donc être définie comme étant « la mesure dans laquelle les
gestionnaires sont prêts à prendre des engagements importants et risqués en
matière de ressources - c'est-à-dire ceux qui ont une chance raisonnable de
connaître des échecs coûteux » (G. Tom
Lumpkin & Dess, 1996, p. 144). La prise de risque est
un facteur très important pouvant contribuer à l’accroissement des capacités
opérationnelles. En effet, plus le gestionnaire prendre des activités en gros
risque, plus il doit développer des mécanismes sérieux pour pouvoir le
contourner. Des compétences et expertises doivent être déployées pour pouvoir
persister. Comme la prise de risque est
une des dimensions de l’orientation entrepreneuriale, les sous-hypothèses
suivantes sont émises.
H5 La prise des risques a
un effet significatif sur la gestion des risques
H6 La prise
des risques a un effet significatif sur la gestion de la main d’œuvre
b)
L’orientation entrepreneuriale, les capacités
opérationnelles et la diversification
L’orientation
entrepreneuriale est réputée de promouvoir la stratégie de diversification.
Cette relation a déjà été testé et validée par plusieurs études antérieures
portant spécialement sur les entreprises (Alsos, Ljunggren, & Pettersen, 2003; Clark, 2009; Mc Fadden & Gorman, 2016; McElwee, 2006; Morgan, Marsden, Miele, & Morley, 2010; Zimmerman Monica &
Brouthers Keith, 2012). Ainsi, nous posons donc
les hypothèses suivantes.
H7 L’innovation a un
effet significatif sur la diversification
H8 La
proactivité a un effet significatif sur la diversification
H9 La prise
des risques a un effet significatif sur la diversification
Les capacités
opérationnelles sont considérées comme étant des processus menés à l'intérieur
et à l'extérieur d'une entreprise(Day, 1994). Dans cette étude, nous
avons retenus les quatre dernières dimensions. Elles peuvent être définies
comme étant une routine de haut niveau qui affecte la production d'une
entreprise (par exemple, la gestion du travail, la gestion financière et la
gestion du marketing) (D. J.
Teece, 2007). Il s’agit de toutes les
capabilités opérationnelles qui permettent aux entreprises de mener à bien
leurs activités quotidiennes. Elles sont décrites comme ayant une relation
positive avec la diversification d’une
entreprise. Dans le cadre de cette étude, nous émettons les hypothèses
suivantes :
H10 La gestion des
risques a un effet significatif sur la diversification
H11 La gestion
de la main d’œuvre a un effet significatif sur la diversification
c)
Diversification et performance de l’entreprise.
La relation entre la
diversification et la performance de l’organisation (entreprise) a été déjà été
étudiée (Chakrabarti, Singh, &
Mahmood, 2007). Des preuves empiriques ont été
contradictoires, mitigées et, au mieux, ambiguës ou peu concluantes, et c'est
probablement la raison pour laquelle le domaine de recherche continue
d'évoluer. Dans plusieurs études sur la diversification des entreprises
agricoles, il a été soutenu que diversification contribue à la régularité des
revenus agricoles(Barnes,
Hansson, Manevska-Tasevska, Shrestha, & Thomson, 2015). Dans les transactions
internationales, une relation positive a été démontrée entre la diversification
internationale et la performance de l’entreprise(Capar & Kotabe, 2003). En tant que telle, la diversification des
activités peut réduire les risques et créer de la valeur pour une entreprise. Dans le secteur
bancaire, les études menées par (Molyneux
and Yip (2013)
ont déjà testé la relation entre la diversification et la performance. Ainsi, les hypothèses suivantes peuvent être
émises.
H12 La diversification
influence positivement la performance financière
H13 La diversification
influence positivement la performance sociale
H14 La diversification
influence positivement la performance du marché.
3.2 Modèle de recherche
À partir des hypothèses
développées dans la sous-section précédente, le modèle de recherche ci-dessous
est construite. Ce modèle est composé de neuf construits et quatorze
hypothèses.
Figure 1 Modèle de recherche proposé
4. Méthodologie
4.1 Cible et mesure des variables
La population cible pour
cette étude englobe toutes les microentreprises de tous les secteurs confondus
sur toute l’étendue de la région économique de Butembo. Pour mesurer les variables de cette étude, le
questionnaire a été construit à partir des études antérieures portant sur la
diversification au sein des entreprise.
Ce questionnaire a été adapté à notre sujet et au milieu d’étude. Un total de 54 questions (items et mesure des
variables de modération) a été formulé pour mesurer l’ensemble des variables
retenues pour cette étude. Tous les construits ont été mesurés sur une
échelle de Likert(Albaum, 1997; Boone & Boone, 2012;
Likert, 1932)
de sept niveaux.
Lee
(2007) affirme que des méthodes telles que le nombre d’industries
dans lequel une entreprise est présente, le ratio de spécialisation, affirme que des méthodes telles que le nombre d’industries dans lequel
une entreprise est présente, le ratio de spécialisation, l’indice de Berry-Herfindahl, la
mesure de l’entropie, le ratio de Utton et la
classification de Rumelt peuvent être utilisées pour
apprécier l’importance de la stratégie de diversification dans une
entreprise. De manière générale, pour
mesurer l’indice de diversification, on doit prendre en compte le nombre
d’industries dans lequel l’entreprise s’engage(Pope & Prescott, 1980), le
poids d’une industrie parmi les autres industries ainsi que la relation entre
ces industries. Parmi ces méthodes,
l’indice de Berry-Herfindahl, la classification de Rumelt et la mesure de l’entropie sont les méthodes les
plus utilisées(Lee, 2005, 2007). L’objectif ultime de la mesure de la diversification est
de mettre en lien la stratégie de diversification et la performance. Ces indicateurs exigent
que les ventes des entreprises soient réparties en fonction de codes SIC à
quatre chiffres, qui n'étaient pas disponibles pour cette recherche. En effet,
les entreprises que nous avons eu à interroger ne séparèrent pas généralement
les ventes par secteur. Il est également difficile de fournir avec précision la
contribution de chaque secteur industriel dans le chiffre d’affaires total. En
plus, les relations entre ces divers secteurs n’étaient clairement identifiées
au sein e ces entreprises. Il n'y avait pas de moyen pratique d'obtenir les
codes SIC pour les entreprises ainsi que les poids de chaque SIC dans le
chiffre d’affaires global.
Ainsi, pour mesurer la diversification dans cette étude, nous avons opté pour
les deux mesures proposées par les
auteurs Benedettini,
Neely, and Swink (2013)
et Nath,
Nachiappan, and Ramanathan (2010). Ces mesures prennent en compte des aspects de
la diversification des services et du marché.
Avant toute descente sur
terrain, le questionnaire a été soumis à un prétest. Selon « le pré-test consiste à ajuster le
questionnaire après son élaboration. Ici, les erreurs et la perplexité sont
vérifiées et, si elles sont présentes, elles doivent être corrigées ».
Pour la présente étude, cinq experts ont été sélectionnés pour l’appréciation
du questionnaire.
4.2 Test pilote et échantillon minimal requis
Pour tester la qualité du
modèle de recherche proposé et apprécier la pertinence des diverses questions
proposées, nous avons dans un premier temps effectuer le test pilote. Pour que
le modèle soit fiable et convergent, les résultats de l'essai pilote nous a
amené à supprimer un total de 17 items du questionnaire de départ. Cette
suppression a été faite dans le strict respect de l’algorithme de test de
pertinence des charges externes (Hair Jr et al., 2016; Ringle et al., 2015). Ainsi, en passant par le logiciel GPower(Ringle,
Da Silva, & Bido, 2015), la taille minimale de
l’échantillon pour l'étude est égale à 178 tous les secteurs confondus.
4.3 Soumission du questionnaire and choix de la méthode d’analyse des
données
Nous avons distribué près
de 400 questionnaires papiers sur l’ensemble des microentreprises en raison
d’une moyenne de 20 questionnaires par secteur ou type d’entreprises choisit de
manière accidentelle. À la fin de
la collecte générale des données lancée en 2017, un total de 334 questionnaires
a été considérés comme valides soit un taux de 83.5%. Seuls 16.5 % des questionnaires collectés ont
été écartés car certains étaient incomplets et
d’autres étaient mal remplis.
Pour tester et valider le
modèle de recherche, nous avons utilisé la méthode PLS-SEM (Partial Least
Squares-Structural Equation Modeling), méthode des moindres carrés
partielles-modélisation à équations structurelles, basé sur des composants(Hair Jr et al., 2016). Toutes les
décisions sur les données ont été
encadrées les orientations telles que
décrites par Ringle et al. (2015).
5. Résultats de l’étude
5.2 Validité et fiabilité du modèle
Table 1 Test de validité
|
Construits |
Items |
Charges externes |
VIF |
Rho_A |
Fiabilité composite |
Variance Moyenne extraite |
|
Diversification |
DIV1 |
0.650 |
1.169 |
0.855 |
0.791 |
0.663 |
|
DIV2 |
0.950 |
1.169 |
||||
|
Gestion de la main d’œuvre |
GMO2 |
0.745 |
1.153 |
0.691 |
0.828 |
0.616 |
|
GMO3 |
0.824 |
1.716 |
||||
|
GMO4 |
0.784 |
1.678 |
||||
|
Gestion des risques |
GR1 |
0.806 |
1.527 |
0.672 |
0.817 |
0.600 |
|
GR2 |
0.837 |
1.539 |
||||
|
GR4 |
0.670 |
1.132 |
||||
|
Innovation |
IN1 |
0.846 |
1.287 |
0.644 |
0.848 |
0.736 |
|
IN2 |
0.869 |
1.287 |
||||
|
Performance financière |
PF1 |
0.795 |
1.258 |
0.657 |
0.807 |
0.583 |
|
PF3 |
0.780 |
1.265 |
||||
|
PF4 |
0.715 |
1.266 |
||||
|
Performance du marché |
PM3 |
0.651 |
1.451 |
3.170 |
0.821 |
0.705 |
|
PM4 |
0.993 |
1.451 |
||||
|
Proactivité |
PR1 |
0.458 |
1.021 |
0.404 |
0.687 |
0.552 |
|
PR3 |
0.945 |
1.021 |
||||
|
Performance sociale |
PS6 |
0.740 |
1.137 |
0.563 |
0.799 |
0.668 |
|
PS7 |
0.888 |
1.137 |
||||
|
Reduction des risques |
RR2 |
0.867 |
1.180 |
0.576 |
0.819 |
0.694 |
|
RR4 |
0.797 |
1.180 |
Le tableau 1 nous permet
de confirmer la fiabilité et la validité convergente de tous les construits du
modèle. Toutes les charges externes collent mieux à l'algorithme de test de
pertinence du chargement. Tous les AVE
étaient plus élevés de 0,501 alors que les différentes valeurs de la
fiabilité composite étaient supérieures à 0,735. Ces résultats montrent et
confirment à la fois une fiabilité acceptable et une validité convergente.
Chaque variable a donc été capable de mesurer ce qu’elle est censée mesurer.
Table 2 validité Discriminante
|
DIV |
GR |
GMO |
INN |
PF |
P M |
PS |
PR |
RR |
|
|
DIV |
0.814 |
||||||||
|
GR |
0.333 |
0.774 |
|||||||
|
GMO |
0.181 |
0.461 |
0.785 |
||||||
|
INN |
0.031 |
0.079 |
0.253 |
0.858 |
|||||
|
PF |
0.184 |
0.191 |
0.074 |
0.272 |
0.764 |
||||
|
PM |
-0.106 |
0.112 |
-0.041 |
0.124 |
0.169 |
0.840 |
|||
|
PS |
-0.164 |
-0.069 |
-0.029 |
0.229 |
0.250 |
0.211 |
0.817 |
||
|
PR |
0.115 |
0.140 |
0.271 |
0.201 |
0.075 |
0.043 |
0.008 |
0.743 |
|
|
RR |
0.014 |
0.232 |
0.044 |
0.130 |
0.351 |
0.283 |
0.179 |
0.017 |
0.833 |
La
validité discriminante est une autre mesure qui indique que chaque construit du
modèle de recherche est unique et différente des autres construits. La validité discriminante montre en fait le degré de
corrélation entre les construits. D’après Fornell
and Larcker (1981) une bonne validité discriminante exige que la variance
moyenne doit être supérieure à la variance partagée entre un construit et les
autres. Cela revient à dire que la
racine carrée AVE (variance moyenne extraite) du construit doit être supérieure
aux coefficients de corrélation dans la colonne
Les résultats tels que présentés dans la table 2 montrent une
validité discriminante bien vérifiée pour toutes les constructions de cette
étude. Chaque construit est donc unique
et différente des autres.
5.3 Test d’hypothèses
Sur base du test t de Student, nous avons testé les significativités des
hypothèses de cette recherche. Sur un
total de 14 hypothèses, sept d’entre elles ont été acceptées et sept autres ont
été rejetées. Sur la figure deux, les
différents liens jugés significatifs sont présentés avec la valeur du
coefficient béta. Pour chaque construit expliqué, le niveau d’explication est
bien visible sur la figure par la valeur de R2.
Figure 2: Test du
modèle structurel
Table 3. Test d’hypothèses
|
Échantillon original (O) |
Moyenne (M) |
Écart-type (STDEV) |
T Statistique (|O/STDEV|) |
Valeurs P |
|
|
Diversification -> Performance Financière |
0.184 |
0.196 |
0.053 |
3.497 |
0.000 |
|
Diversification -> Performance du marche |
-0.106 |
-0.111 |
0.072 |
1.478 |
0.140 |
|
Diversification -> Performance sociale |
-0.164 |
-0.164 |
0.064 |
2.568 |
0.010 |
|
Gestion des risques -> Diversification |
0.333 |
0.332 |
0.059 |
5.647 |
0.000 |
|
Gestion main-d’œuvre -> Diversification |
0.013 |
0.018 |
0.063 |
0.207 |
0.836 |
|
Innovation -> Diversification |
-0.003 |
-0.002 |
0.055 |
0.061 |
0.951 |
|
Innovation -> Gestion des risques |
0.023 |
0.026 |
0.062 |
0.366 |
0.714 |
|
Innovation -> Gestion main-d'œuvre |
0.206 |
0.209 |
0.047 |
4.342 |
0.000 |
|
Proactivité -> Diversification |
0.066 |
0.066 |
0.052 |
1.275 |
0.202 |
|
Proactivité -> Gestion des risques |
0.132 |
0.139 |
0.063 |
2.092 |
0.037 |
|
Proactivité -> Gestion main-d'œuvre |
0.229 |
0.235 |
0.054 |
4.221 |
0.000 |
|
Reduction du risque -> Diversification |
-0.064 |
-0.063 |
0.052 |
1.244 |
0.214 |
|
Reduction du risque -> Gestion des risques |
0.227 |
0.230 |
0.054 |
4.235 |
0.000 |
|
Reduction du risque -> Gestion main-d'œuvre |
0.013 |
0.017 |
0.058 |
0.222 |
0.824 |
Pour
tester les hypothèses, nous allons prendre en compte le niveau de
significativité des coefficients de cheminement (betas). Ainsi, nous avons fait
recours à la méthode boostraping de SmartPLS pour tester les hypothèses. La table 3 présente de manière sommaire toutes les
hypothèses du modèle de recherche avec des précisions sur l’acception ou rejet
de l’hypothèse.
Il
ressort du tableau 3 que 7 hypothèses ont été acceptées et 7ont été
rejetées. En effet, Hair Jr,
Hult, Ringle, and Sarstedt (2016) soutiennent que
toutes les statistiques t sont considérées comme acceptables si elles
sont supérieures à 1,65 avec un
intervalle de confiance de 90 % , à 1,96 avec un intervalle de confiance
de 95 % . Les statistiques t acceptables doivent être supérieures à 2.57 pour 99% de l'intervalle de confiance et enfin
à 99, 90% d’’intervalle de confiance, les statistiques t doivent être
supérieures à 3,29. Il est donc bien
clair que pour toute relation dont le t statistique est supérieur à 1.96,
l’hypothèse est acceptée et rejetée dans le cas contraire. Toutes les relations confirmées sont
positives car tous les coefficients de chemins sont positifs (toutes les
valeurs de β>0), exception faite à la relation Diversification
-> Performance sociale(β=-0.164<0).
6. Discussion et
implication de l’étude
6.1 Discussion
Après analyse des
résultats, il ressort que la gestion de risque a des effets positifs sur la
diversification des microentreprises en ville de Butembo. Toutes ces variables
sont positivement corrélées à la diversification.
De quatre dimensions
retenues pour capturer les capacités opérationnelles, seule la gestion des
risques a eu des effets significatifs sur la diversification.
Cela rejoint les idées de la théorie de
diversification telles que proposées par
H.
Markowitz (1952, pp. 77-91). C’est en fait en recherchant de réduire le
risque que les entreprises se diversifient. C’est dans un objectif de réduction
de risque que les entreprises se diversifient. Ce postulat de la théorie
moderne du portefeuille a été confirmé par les résultats de cette étude. En
effet, « quand la crise frappe une région dont l’économie est caractérisée
par une mono-activité, c’est tout le tissu qui s’effondre »(DECHERA,
2014, p. 79). La significativité de
la relation entre la gestion de risque et la diversification vient confirmer
les conclusions de et selon lesquelles les capacités opérationnelles favorise
directement la diversification; bien attendu
gestion de risque étant une des dimensions des capacités
opérationnelles. Ainsi, au sein des
entreprises de Butembo, la diversification apparait comme une stratégie de
réduction des risques. Autrement dit, rechercher à tout prix à gérer le risque
contribue directement à la diversification.
En
cas de crise sectorielle, le fait d’évoluer sur au moins deux marchés distincts
(et dont l’un est porteur) minimise considérablement la dépendance marchée. Les
fluctuations sectorielles auront donc nettement moins d’influence sur
votre activité.
De
plus, pour les entreprises ayant une dépendance client assez conséquente (si
l’un de leurs clients représente une grande part de leur chiffre d’affaires),
leur nouvelle activité leur permet de rester plus sereines en cas de perte de
clients.
Les conclusions de cette
étude renforcent les idées telles qu’elles sont postulées par les théories de
ressources stratégiques (Wernerfelt, 1984) et des capacités
dynamiques(Teece, 1994).
Aussi, il est possible qu’une entreprise
décide de diversifier pour gonfler ses bénéfices. Dans la logique où une entreprise veut gérer
de façon optimale ses coûts, elle peut décider de se diversifier. C’est le cas d’une entreprise qui importe des
tôles, produits généralement lourds. Pour éviter de laisser l’espace tout vide
sur le véhicule de transport, elle peut décider d’y ajouter quelques autres
produits légers et supporter le même cout. Pareils pour celui qui doit
supporter des frais de dédouanement pour un produit. Il peut décider d’ajouter un autre produit si
l’ajout de ce produit ne va pas influer le coût de la transaction. Cela lui permettra de minimiser les coûts
pour accroitre le bénéfice.
Les résultats d’analyse
montrent une relation positive entre la proactivité et la gestion des risques(H2f)
ainsi que la gestion de la main d’œuvre (H2h). En effet, la
proactivité est un des éléments de définition, une dimension de l’agilité. Ces
résultats montrent que l’agilité dans laquelle s’engage les entreprises de la
ville de Butembo pour s’adapter et répondre aux opportunités du marché et
besoin de sa clientèle, elles renforcent les mécanismes de d’atténuation du
risque et renforce d’une manière ou d’une autre à la gestion de la main
d’œuvre. Dans ces conditions, cet élément de définition de l’orientation
opérationnelle a des effets directs sur les capacités opérationnelles dans les
microentreprises de la ville de Butembo.
Dans la même étude, les
résultats démontrent un lien positif entre la prise de risque et la gestion de
risque. La prise des risques est le fait que les gestionnaires sont prêts à
prendre des engagements importants et risqués en matière de ressources.
C'est-à-dire qu’ils décident des ressources ayant une chance raisonnable de
connaître des échecs coûteux(Lumpkin & Dess, 1996). Dans ces conditions,
les décisions des gestionnaires en matière d’engagement risqué influencent
directement les capacités opérationnelles en termes des mécanismes de gestion
et contrôle de risque au sein de l’entreprise. Lorsque la décision à prendre
porte sur des faits trop risqués, les résultats montent que des mécanismes et
canaux de communication marketing doivent être minutieusement pensés et
améliorés au quotidien. En plus, le même processus impose des mécanismes de
contrôle plus avérés et des stratégies idoines pour la réduction du risque.
Un seul facteur motive la
décision d’adopter la stratégie de diversification dans une microentreprise de
la ville de Butembo. Il s’agit, comme le montre les résultats de cette étude de
la gestion de risque. En plus de ces
facteurs derrière la diversification des microentreprises de la ville de
Butembo, l’impact de cette stratégie de diversification a été évalué. Après
analyse, les conclusions montrent des effets significatifs de la
diversification sur la performance financière et performance sociale.
La contribution de la
diversification sur la performance financière est positive (H12).
D’après Lee
(2007),
dans l’approche de l’agence la
diversification des activités résulte de la poursuite des bénéfices. En accord avec Lee
(2007)
qui pense que les dirigeants choisissent
la stratégie de diversification en tant que méthode pour accroitre leur
richesse, cette étude vient renchérir
ces évidences. Les postulats de la
théorie du portefeuille, de la croissance économique sont confirmés. Ces
variables évoluent donc dans le même sens. L’objectif ultime de toute
entreprise dans toutes ses stratégies qu’elle adoptent est d’accroitre ses
bénéfices. Les résultats confirment l’influence positive de la diversification
sur la performance financière. Du point de vue de l’agence, les résultats
confirment le fait que les gestionnaires diversifient leurs activités dans une
logique d’accroître les bénéfices. En
fait, la diversification affecte directement et de manière positive le retour
sur investissement, la fidélisation des clients et les bénéfices de
l’entreprise. « Considérée comme une stratégie de croissance, la raison
d'être de la diversification est pour une entreprise d'explorer de nouveaux
domaines d'activités qui promettent une plus grande rentabilité »(Anıl & Yiğit,
2011, p. 1496).
En même temps, ces résultats
confirment les évidences telles que prônés par les théories de ressources
stratégiques (Wernerfelt, 1984) , capacités dynamiques(Teece, 1994), du portefeuille (Markowitz, 1952) et les coûts de
transactions(Coase, 1937). Toutes ces théories
insistent sur comment combiner les ressources dans un environnement trop
dynamique pour réduire le risque et accroitre ses bénéfices. En diversifiant
l’entreprise espère à un rendement et une rentabilité meilleure. En fait, l’entrée
sur un marché porteur vous permet de fixer plus librement vos prix. En
effet la concurrence n’est pas féroce, il n’est donc pas nécessaire de
tirer sur les marges au maximum (comme sur des marchés matures)
pour survivre. Ces deux « mécanismes » entraînent naturellement une
augmentation du chiffre d’affaires.
Dans ce même angle
d’idée, les résultats montrent que lorsque les entreprises se diversifient
elles deviennent plus performantes financièrement. Passer de performance en
performance contribue à la croissance non seulement de l’entreprise mais
également au développement local. L’entreprise aura besoins de s’étendre soit
en se lançant dans des nouvelles activités ; ce qui entraine des nouveaux
emplois ou soit améliorer les conditions sociales des employés qui y sont déjà
et payement convenablement les impôts ou soit investir dans actions purement
sociale comme payer des soins aux populations locales, octroyer des bourses
d’études, etc. Cette conclusion est
parfaitement en lien avec Dechera
(2014)
qui a démontré les thèses selon lesquelles les micro, petites et moyennes
entreprises sont des locomotives pour le développement local et des outils de
promotion de l’esprit entrepreneurial.
En effet, comme le souligne Giraud
and Renouard (2010, p. 102)
« les entreprises participent au développement local et territorial de
diverses manières : par la fiscalité, les politiques sociales qu’elles
appliquent à leurs salariés, le recours à des sous-traitants et fournisseurs
locaux (local content), des actions à visée socio-économique – volontaires
et/ou imposées par les pouvoirs publics ».
En plus, les micros, petites et moyennes entreprises sont un facteur de
la diversification, vecteur de diffusion de l’esprit industriel et sont un
espoir pour contribuer aux exportations en procurant des devises dont les pays
ont besoin. Dans leur rôle de
restructuration de l’espace et de développement régional, les micro, petites et
moyennes réduisent le chômage en fournissant des emplois. Les micros, petites
et moyennes entreprises se sont donc montrées vecteurs du développement socio-économique
aussi bien dans les pays développés que dans les pays en développement. En
fait, les micros, petites moyennes entreprises représentent 99,7% des
entreprises dans le monde et contribuent de manière substantielle à la
croissance économique et industrielle de la majorité des pays. En ville de
Butembo, ces entreprises représentent la quasi-totalité de notre tissu
économique. Ainsi, la croissance
manifeste que nous voyons dans la ville de Butembo provient exclusivement de la
performance des entreprises locales. En accord avec DECHERA
(2014),
le développement du secteur de micros, petites et moyennes entreprises aide à
renforcer la concurrence, la productivité et l’esprit d’innovation pour
augmenter le revenu global et le revenu par habitant.
La diversification n’a
pas que des effets sur la performance financière. Elle influence négativement
la performance sociale(H8b), démontrent les résultats de cette
étude. En fait, ces deux variables évoluent dans le sens contraire. Ce résultat
rencontre les suppositions faites par Perdreau
(2001). Un taux de
concentration très élevée entraine une baisse de la performance sociale et
inversement. Les résultats tels qu’ils ressortent de ces analyses, attirent
notre attention sur le niveau de diversification. En effet, lorsqu’il est très
élevé, cela peut entraîner des conséquences sociales non négligeables. Sur le
plan étatique, une entreprise trop diversifiée risque de casher ses vrais
avoirs et ainsi échapper à l’imposition.
A la lecture des résultats, il ressort qu’une
diversification très élevée d’une entreprise risque d’affectée négativement ses
relations avec l’Etat. Des entreprises peuvent cacher leurs vrais revenus et
ressources. Cela réduit automatiquement le résultat imposable et par conséquent
un manque à gagner pour l’Etat. Aussi, un degré très élevé de diversification
réduit très sensiblement la qualité de service rendu. En effet, plus on se
diversifie, plus on perd la spécialisation.
Il devient très difficile de pouvoir rendre un service de qualité
n’ayant aucune spécialisation. Il difficile pour ce genre d’entreprise de
pouvoir réaliser un service après-vente. Il s’agit d’un fort tout.
C’est le cas d’une
pharmacie qui vend des produits provenant de coins différents. Il est très
possible qu’elle donne un produit provenant d’un milieu x à celui qui a plutôt
besoin d’un produit provenant du milieu y. Il en est de même des boutiques
vendant des chaussures qui provient des coins différents (exemple Kampala,
Italie, chine). La grande probabilité au sein des entreprises est de pouvoir
mélanger les produits et commencer à servir aux clients qu’il s’agit des
produits de l’Italie alors que sont simplement des produits de Kampala. C’est le même cas de celui qui vend des
produits de friperie et de magasin en même temps. Ce dernier en généralement
tendance à tromper sa clientèle qui paye à prix très élevé sous prétexte que le
produit est de luxe alors qu’il s’agit d’un simple produit de friperie. Partant de ce quelques exemples et des
résultats de cette étude, il sied de mieux contrôler le niveau de la diversification car plus
elle est très élevée, plus elle entrave sur la qualité de service et par
conséquent la performance sociale est sensiblement réduite.
Ainsi, à la lueur des résultats d’analyse, il
y a lieu de conclure que la stratégie de diversification au niveau local
profite plus aux entreprises qui deviennent de plus den plus performantes et
compétitives qu’à l’environnement social. Elle peut donc être trop fatale si
elle n’est pas bien contrôlée surtout lorsque les entreprises sont méfiantes
aux réalités sociales locales et au développement local. Ceci va
malheureusement à l’encontre des principes de la responsabilité sociale et
sociétale de l’entreprise où l’entreprise dans toutes ses stratégies devait,
au-delà de ses bénéfices, participer à la promotion sociale dans le milieu où
elle est implantée. Ces résultats soutiennent donc que les microentreprises de
la ville de Butembo n’adhèrent pas encore aux principes et orientations de la
responsabilité sociale de l’entreprise.
Il se voit que sur les
trois dimensions de l’orientation entrepreneuriales retenues dans cette étude,
aucune des dimensions retenues n’a pas d’influence positivement sur la
diversification.
Cette conclusion est en
contradiction avec des évidences de la littérature.
Il ressort des résultats
de cette étude que l’innovation et la prise de risque, deux dimensions de
l’orientation entrepreneuriale n’ont pas d’influence sur la diversification au
sein des microentreprises de Butembo. En plus, la gestion de la main d’œuvre
ainsi que la planification stratégique, deux dimensions des capacités
opérationnelles n’affectent pas la diversification. Il en de même des préférences familiales.
Quant à l’impact de la diversification sur la performance de marché, le lien
est également non significatif. Les
conclusions de cette étude entrent en contradiction avec les résultats obtenus.
Les conclusions des
études antérieures soutiennent que l’âge et l’expérience peuvent influencer
l’orientation entrepreneuriale d’une entreprise
(Kilenthong,
Hultman, & Hills, 2016). Les résultats de cette
étude entrent en contradiction avec les évidences de la littérature. L’âge de
l’entreprise n’a pas d’effets sur l’innovation (H1a), la proactivité
(H1b) et sur la prise de risque (H1c). Cela voudrait dire
la décision d’entreprise est perçue de la même manière pour des entreprises
ayant une ancienneté aussi bien que pour celles nouvellement crées. Toutes, la
nature de la relation entre l’âge et l’innovation est négative. Cela revient à
dire que ces deux variables évoluent dans le sens contraire.
Après analyses, les
résultats montrent que l’innovation n’a pas d’effets sur la gestion de risque.
En effet, les résultats de cette étude viennent contredire les conclusions de
ces auteurs. L’innovation en tant que dimension de l’orientation
entrepreneuriale n’influence pas la diversification et n’a pas non plus
d’impact sur la gestion des risques. Les
résultats semblent faire croire que l’innovation serait à la base de
l’augmentation de l’incertitude.
La relation entre la
proactivité et Marketing (H2e) et celle de la proactivité avec la
planification stratégique (H2g) n’ont pas été significatives. En
ville de Butembo, l’esprit de pouvoir anticiper pour s’adapter aux opportunités
n’affecte pas les capacités opérationnelles dans ses dimensions de
planification de la stratégie et la capacité marketing.
Les résultats de
l’analyse présentent la prise de risque comme n’ayant pas d’effets sur la
gestion de la main d’œuvre (H2l). La décision d’investir dans des
projets à haut risques n’a aucun effet sur les stratégies et démarches de
conduite de la main d’œuvre dans les entreprises de la ville de Butembo. De
même, une absence de relation entre les préférences familiales et la
proactivité s’observe.
6.2 Implications de la recherche
Deux grandes
contributions théoriques proviennent de cette étude.
Premièrement, cette étude
a combiné six théories pour expliquer un phénomène, la diversification et son
influence sur la performance des entreprises de la ville de Butembo. En effet, l’approche du pouvoir de marché, la
théorie du portefeuille, la théorie de l’agence, la théorie des ressources
stratégiques, la théorie des capacités dynamique et la théorie des coûts des
transactions sont autant des théories qui ont été mobilisées. Les résultats obtenus présentent la gestion
des risques comme facteurs ayant plus d’influence sur la
diversification(β=0.249). Ces
résultats continuent à démontrer la robustesse de la théorie du portefeuille
dans le processus de diversification. En
plus, les entreprises dans l’objectif de réduire le risque et en recherchant de
contenir le risque, elles visent l’augmentation des bénéfices. Ainsi, il
désormais très facile de savoir sur quel facteur il faut s’appuyer pour monter
et réussir sa stratégie de diversification dans une microentreprise dans les
environnements semblables à celle de la région économique de Butembo. Ainsi, le modèle issu de cette étude peut
être tester dans les zones et environnements pour expliquer la diversification
et ses effets sur la performance des entreprises. Ainsi, une méthodologie mixte a été appliqué
pour dénicher les facteurs de diversification et son influence sur la
performance (démarche quantitative). Bien plus, la manière dont cette
diversification se matérialise dans notre milieu a été possible grâce à une
démarche qualitative. Aussi, il a été possible de construire la matrice des
forces et faiblesses des microentreprises de Butembo.
Deuxièmement, cette étude
implique que la diversification a des effets positifs sur la performance
financière de l’entreprise. Cela
renforce le rôle des théories des ressources stratégiques, des capacités
dynamiques et des coûts des transactions dans le processus de gouvernance des
entreprises. En effet, ces théories insistent sur la combinaison optimale des
ressources dans un environnement en perpétuelle mutation pour réduire les coûts
des transactions et augmenter la performance.
Par contre, la diversification est restée négativement corrélée avec la
performance sociale. En effet, un niveau très élevé de diversification des
entreprises peut être très dangereux pour le bien être des individus et de
l’environnement externe à l’entreprise.
6.3 Implications pratiques
Pour les praticiens,
cette étude révèle que les facteurs tels que la proactivité, la gestion des
risques, le marketing et les objectifs poussent les entreprises à se
diversifier dans notre milieu. Le
contrôle sérieux de ces variables peut conduire à la réussite de sa stratégie
de diversification. Aussi, une fois
l’entreprise est diversifiée, cela contribue à sa performance financière.
Un autre aspect très
important de la diversification qu’implique cette étude est que les règles de
la responsabilité sociale ne sont guère mises en application dans les
microentreprises de la ville de Butembo.
Il ressort qu’une forte diversification peut être dangereux pour les
acteurs externes de l’entreprise. Elle entrave la qualité de service. Cela est
soutenu par la corrélation négative qui existe entre la diversification et la
performance sociale. Les entreprises s’occupent généralement d’accroitre les
bénéfices sans aucun souci de promotion et de développement du milieu dans
lequel elles sont implantées.
7. Conclusion et orientation future
Dans la quasi-totalité
des pays, le tissu économique est généralement composé du réseau des petites
et moyennes d’entreprises pour participer à son développement.
Malheureusement, l’environnement dans lequel ces entreprises fonctionnement est
perpétuelle évolution. Au-delà des
mutations d’ordre général que connait l’environnement, la République
Démocratique du Congo, plus particulièrement la zone Est, est caractérisée par
des guerres en répétition et conflits éthiques.
Des entreprises font dorénavant face à des risques énormes et
incertitudes. La résilience et la pérennité de certaines de ces structures
serait peut-être due à l’esprit d’investir dans plus d’un secteur et plus
particulièrement les secteurs jugés « sans risques » comme le prône
les postulats de la théorie moderne du portefeuille. En effet, quand la crise frappe une
région dont l’économie est caractérisée par une mono-activité, c’est tout le
tissu économique qui s’effondre. En réaction à ce fléau économique, la
diversification des activités est généralement vu comme la meilleure réponse.
C’est ainsi que cette étude avait pour objectif d’évaluer l’influence de la diversification
commerciale sur la performance des entreprises dans la région de Butembo. Pour
atteindre cette objectif, cette étude propose un modèle de recherche à partir
de principales théories sur la diversification en entreprises. Le modèle construit est composé de neuf
construits et comporte un total de quatorze hypothèses. Les résultats cette
étude renforcent les postulats des théories des portefeuille, ressources
stratégiques et capacités dynamiques et témoignent des effets de la
diversification sur la performance des entreprises.
Pour des raisons
d’absence de la classification appropriée des secteurs d’activités et
industries, cette étude n’intègre pas des classifications d’entreprises par
industries et secteurs d’activités. Aussi, l’étude ne concerne que les
microentreprises de la ville de Butembo en grande partie informelle vu que
celles qui sont déjà formelles comme les petites et moyennes entreprises sont
inaccessibles en matière de collecte des données. Dans le futur, des études portant sur le mimétisme
comme caractéristique au sein du commerce local et ses conséquences sur le la
diversification et la performance des entreprises de Butembo peuvent être
faites.
References
Alsos,
G. A., Ljunggren, E., & Pettersen, L. T. (2003). Farm‐based
entrepreneurs: what triggers the start‐up
of new business activities? Journal of
Small Business and Enterprise Development.
Awards, A. ( 2014). Celebrated and rewarded excellence in industry. . Retrieved from http://www.fodats.net/CRA-2014-WinnersBooklet-emailversion.pdf
Baert, C., Meuleman, M.,
Debruyne, M., & Wright, M. (2016). Portfolio entrepreneurship and resource
orchestration. Strategic Entrepreneurship
Journal, 10(4), 346-370.
Balencie J.M, A. d. l. G. (
2005). Les nouveaux mondes rebelles
Conflits, terrorisme et contestations. (Vol. 503): Michalon
Cantillon, R., & á Higgs, H. (1734). Essai sur la nature
du commerce en general [Essay on the nature of general commerce]. In: Macmillan, London, UK.
Chakrabarti, A., Singh, K., & Mahmood, I. (2007).
Diversification and performance: evidence from East Asian firms. Strategic management journal, 28(2),
101-120. doi:https://doi.org/10.1002/smj.572
Coase, R. H. (1937). The Nature of the Firm.
Economica, New Series, 4 (16), 386-405. In.
Day, G. S. (1994). The capabilities of market-driven
organizations. Journal of
marketing, 58(4), 37-52.
Eisenhardt, K. M. (1989). Agency theory: An assessment
and review. Academy of
management review, 14(1), 57-74.
FAYOLLE, A. (2003). Le métier de créateur d’entreprise:
Éditions d’Organisation.
Foss, N. J., Klein, P. G., Kor, Y. Y., & Mahoney,
J. T. (2008). Entrepreneurship, subjectivism, and the resource‐based
view: toward a new synthesis. Strategic
Entrepreneurship Journal, 2(1), 73-94.
Gibbons, R. (2010). Transaction‐cost
economics: past, present, and future? Scandinavian Journal of Economics, 112(2), 263-288.
Gomez‐Mejia, L. R.,
Makri, M., & Kintana, M. L. (2010). Diversification decisions in family‐controlled
firms. Journal of Management Studies, 47(2),
223-252.
Hill, C. W. L., & Jones, T. M. (1992).
STAKEHOLDER-AGENCY THEORY. Journal of
Management Studies, 29(2), 131-154. doi:https://doi.org/10.1111/j.1467-6486.1992.tb00657.x
Kamba-Kibatshi, M. (2015). Impact of monetary polIcy
of the central Bank on the rate of InflatIon In the Drc: Instruments,
ImplementatIon anD results. Acta Universitatis
Nicolai Copernici. Zarządzanie, 42(4), 47-58.
Keh, H. T., Nguyen, T. T. M.,
& Ng, H. P. (2007). The
effects of entrepreneurial orientation and marketing information on the
performance of SMEs. Journal of business
venturing, 22(4), 592-611.
Kraaijenbrink, J., Spender, J. C., & Groen, A. J.
(2009). The Resource-Based View: A Review and Assessment of Its Critiques. Journal of management, 36(1), 349-372. doi:10.1177/0149206309350775
Laurent P. (1989).
L’entrepreneur dans la pensée économique. Revue
Internationale PME, 2.
Lima, M. A. F. B., Carvalho,
P. C. M., Carneiro, T. C., Leite, J. R., de Bessa Neto, L. J., Rodrigues, G. K.
L., & de Melo, F. E. (2017). Portfolio theory applied to solar and wind resources
forecast. IET Renewable Power Generation,
11(7), 973-978.
Lockett, A., Thompson, S., & Morgenstern, U.
(2009). The development of the resource-based view of the firm: A critical
appraisal. International Journal of
Management Reviews, 11(1), 9-28. doi:https://doi.org/10.1111/j.1468-2370.2008.00252.x
Lumpkin, G. T., & Dess, G. G. (2001). Linking two
dimensions of entrepreneurial orientation to firm performance: The moderating
role of environment and industry life cycle. Journal of business venturing, 16(5), 429-451. doi:https://doi.org/10.1016/S0883-9026(00)00048-3
Markowitz, H. (1952). Portfolio selection Journal of Finance.
Nath, P., Nachiappan, S., & Ramanathan, R. (2010).
The impact of marketing capability, operations capability and diversification
strategy on performance: A resource-based view. Industrial Marketing Management, 39(2), 317-329. doi:https://doi.org/10.1016/j.indmarman.2008.09.001
OCDE. (2015). Renforcer la contribution de
l'entrepreneuriat social au développement durable.
PNUD. (2009). PROFIL ECONOMIQUE DE LA PROVINCE DU
NORD-KIVU. NORD – KIVU DE LA CRISE VERS UNE CROISSANCE DURABLE. Retrieved from
Ringle, C., Da Silva, D., & Bido, D. (2015).
Structural equation modeling with the SmartPLS. Bido, D., da Silva, D., & Ringle, C.(2014). Structural Equation
Modeling with the Smartpls. Brazilian
Journal Of Marketing, 13(2).
Schumpeter, J. A. (1942). Capitalism, socialism and democracy. New York: Harper &
Brothers.
Teece, D. a. P., G. . (1994). , “The dynamic
capabilities of firms: an introduction”.
Wójcik, P. (2015). Exploring Links Between
Dynamic Capabilities Perspective and Resource-Based View: A Literature
Overview. International Journal of
Management and Economics, 45(1), 83-107. doi:https://doi.org/10.1515/ijme-2015-0017
Zimmerman Monica, A., & Brouthers Keith, D.
(2012). Gender heterogeneity, entrepreneurial orientation and international
diversification. International Journal of
Gender and Entrepreneurship, 4(1), 20-43. doi:10.1108/17566261211202963