https://doi.org/10.57988/crig-2316
Roc Thomas Kiyirembera[1]
Résumé
La
constitution de 2006 a été qualifiée de Constitution de compromis. Elaborée à
la suite d’un long cycle des violences et des dissensions politiques, cette
Constitution a institué un régime politique hybride. Le trait saillant de ce
régime est l’existence d’un Exécutif bicéphale que se partagent un Président de
la République aux énormes prérogatives et un Premier Ministre, chef du
Gouvernement qui lui est subordonné. Les rapports entre ces deux institutions
clés de la République sont tributaires des circonstances politiques dans
lesquelles elles sont appelées à exercer leurs fonctions. Ainsi, lors de la
concordance majoritaire, la prééminence du Président de la République est
manifeste au détriment d’un Premier Ministre qui est relégué au rôle de simple
collaborateur. Lors de la cohabitation, les rapports de force sont inversés au
profit d’un Premier Ministre revitalisé et conforté par une majorité
parlementaire qui lui est acquise. Il s’observe donc une dyarchie tendant au
rééquilibrage des rapports de force.
Mots
clés : Pouvoir Exécutif, Premier Ministre, Chef de l’État,
Constitution, cohabitation.
Abstract
The 2006 constitution has been called a compromise
constitution. Developed following a long cycle of violence and political
dissent, this constitution opted for a hybrid political regime. The salient
feature of this regime is the existence of a two-headed executive shared by a
president of the republic with enormous prerogatives and a Prime Minister Head
of the government who is subordinate to him. Relationship between these two key
figures of the republic depends on the political circumstances in which they
are called upon to exercise their functions. Thus, during majority concordance,
the preeminence of the President of the Republic is
manifest to the detriment of a Prime Minister who is relegated to the role of a
simple collaborator. During cohabitation, the situation is reversed in favor of a Prime Minister revitalized and reinforced by a
parliamentary majority that is docile to him. It shapes a diarchy tending to
rebalance the balance of power.
Keywords: Executive power, Prime Minister, Head of
State, constitution, cohabitation.
La
fonction présidentielle en République Démocratique du Congo (RDC) est auréolée
de mythe et de prestige. L’omniprésence du Président de la République dans les
débats politique et juridique a parfois tendance à occulter les autres
institutions, avec comme conséquence d’en faire une institution au-dessus ou
au-delà d’autres institutions. La Constitution a affublé le Président de la
République de nombreuses épithètes : « Chef de l’État »,
« représentant de la Nation », « symbole de l’unité
nationale », «gardien de la Constitution», « arbitre du fonctionnement
régulier des institutions », « garant de l’indépendance
nationale », etc.[2]Le Constituant congolais
a alors emboîté les pas aux constituants africains des années post 1990 qui ont mis en place des
constitutions dont la tendance à « la
revalorisation institutionnelle au bénéfice de la primauté présidentielle »[3] est manifeste.
Hormis
toute situation de cohabitation, le constituant de 2006 a donc mis en place un
bicéphalisme inégalitaire au profit du Président de la République et au détriment
du Premier Ministre qui, d’ailleurs, dans la pratique se comporte comme un
employé de la présidence. Au fait, « le
Constituant, en faisant le choix de confier la détermination et la conduite de
la politique de la Nation au Gouvernement dirigé par le Premier Ministre, cantonnait par là même le Président de
la République au rôle d’ « arbitre juge» et de
régulateur ponctuel des différends institutionnels [4]».
Cependant,
l’élection du Président de la République au suffrage universel direct, les
pratiques constitutionnelles cristallisées par deux cycles électoraux et
accentuées par le phénomène majoritaire et la personnalisation des partis
politiques ont fait du Président de la République congolaise la clé de voute
des institutions étatiques pour emprunter la formule célèbre de Michel Debré[5]. Dans la pratique, le
fonctionnement réel de l’exécutif offre le spectacle d’un « Président-arbitre, mais
qui gouverne en réalité et un Premier Ministre, chef de Gouvernement pourtant
complètement inféodé au Chef de l’État en période de convergence des
majorités présidentielle et donc aussi parlementaire »[6].
Par
ailleurs, les rapports internes à l’Exécutif entre le Président de la République
et le Premier Ministre sont tributaires des circonstances politiques durant
lesquelles ils exercent plus leurs fonctions[7]. Si, en périodes de
coïncidences majoritaires, la prééminence du Président de la République sur
toutes les autres institutions du pays et sur la Primature en particulier ne
fait l’ombre d’aucun doute ; en période de cohabitation, on observe plutôt
un revirement ou une inversion des pouvoirs et
d’influence au profit du Premier Ministre.
Après
trois cycles électoraux aussi contestables que contestés, la RDC a fait sa
première expérience de la cohabitation qui a vu coexister un Président issu de
l’opposition, Félix Antoine Tshisekedi, et un Parlement
largement dominé par la mouvance politique ou la plate-forme électorale qui
fait plus allégeance au Président sortant, Joseph Kabila. Cette reconfiguration
de la scène politique congolaise a eu pour conséquence la revalorisation du
rôle du Premier Ministre longtemps confiné dans le statut du serviteur du Président.
On assiste ainsi donc à une dyarchie à la congolaise où le pouvoir Exécutif se
trouve écartelé entre un Président de la République qui ne veut donc pas se
cantonner à un rôle protocolaire et un Premier Ministre très conforté par une
majorité parlementaire docile et un ancien Chef d’État « qui continue à avoir la
mainmise sur de larges pans du pouvoir [8]». L’éviction de Sylvestre Ilukamba
ainsi que son remplacement par Sama Lukonde avaient vite révélé que cette situation est
intenable sur le long terme.
Par
ailleurs, analyser le fonctionnement réel des régimes politiques africains sous
le seul prisme de l’interprétation textuelle sans recourir à d’autres méthodes
en sciences sociales, c’est minimiser la pesanteur des facteurs historiques et
socio-politiques qui ont contribué et contribuent à leur modelage. Pour cette
étude, l’exégèse juridique reste couplée à la démarche historique et au droit
comparé. La démarche historique permet de comprendre le parcours historique et
les événements qui ont donc influencé le choix du Constituant en faveur de tel
régime. Le recours au droit comparé se
justifie dans la mesure où la constitution congolaise a fortement subi
l’influence des Constituants français et belge. Pour ce qui est de sa
délimitation, il sied de noter que cette étude ne couvre que les pratiques
constitutionnelles allant de février 2006, date de l’entrée en vigueur de
l’actuelle constitution, à décembre 2020, fin de la coalition FCC (Front commun
pour le changement) et CACH (Cap pour le changement).
De
prime abord, le fonctionnement concret de l’Exécutif congolais laisse entrevoir
la consécration d’un bicéphalisme inégalitaire en période de coïncidence
majoritaire (1), alors qu’en temps de cohabitation on voit plutôt émerger une
dyarchie (2) qui consacre un rééquilibrage des rapports des pouvoirs et des
forces.
Les
deux mandats successifs de l’ancien Président de la République Joseph Kabila
ont montré que le mariage entre le Président de la République et un Parlement
qui lui est docile ou favorable, conduit souvent à la primauté du Président de
la République (1.1) ainsi qu’à l’effacement véritable du Premier Ministre (1.2).
En
Afrique subsaharienne, écrivait Boubacar Gueye, « le Président est la clé
de voute de tout l’édifice constitutionnel. Il assure la direction effective de
l’Exécutif en même temps qu’il concentre entre ses mains l’essentiel du pouvoir. Il détermine la politique de
la nation, nomme aux emplois civils et militaires, nomme et révoque les
ministres ad nutum »[9].
La primauté de l’institution Président de la République
sur les autres institutions de l’appareil étatique est implicitement consacrée
à l’article 68 de la Constitution de 2006 lorsqu’en énumérant les différentes
institutions du pays, le Président trône en tête de liste. Quand on sait que la
démocratie est, d’après une boutade d’Abraham Lincoln, « le gouvernement
du peuple par le peuple », l’institution du Parlement devrait tout
naturellement bien figurer en premier. La véritable prééminence de la fonction
présidentielle sur les autres institutions est tributaire de son statut de
« Primus inter pares » ancré dans la Constitution et conforté par d’importantes
attributions qui lui sont dévolues.
Parlant
de son statut, l’élection du Président de la République au suffrage universel
direct a pour conséquence de lui assurer une légitimité qui ne rivalise avec
celle d’aucune autre institution. Cette
opinion est partagée par Louis Favoreu lorsqu’il soutient
que : « Dans la plupart des régimes démocratiques contemporains,
la désignation directe ou indirecte du Chef de l’Exécutif par le peuple lui confère ainsi une légitimité accrue
dans un contexte de personnalisation croissante du pouvoir [10]». Toutefois, cette
légitimité a été écornée par la révision constitutionnelle du 20 janvier 2011
qui a instauré le suffrage en un seul, ce qui par voie de conséquence revient à
dire que l’on peut même être élu avec moins de 50 %, comme cela a été les cas
de Joseph Kabila avec 48,9 % en 2011 et aussi de Félix Tshisekedi
avec 38,57 % en 2019.
Dans
ces circonstances, il est légitime de s’interroger sur l’acceptation de la
personne du Président de la République par tous les congolais. On peut
nonobstant mettre un bémol en mentionnant que la surmédiatisation de la
fonction, son ubiquité dans la recherche des solutions aux problèmes et crises
qui assaillent le pays finissent toujours par le mettre en vedette et faire de
lui la plaque incontournable des décisions politiques majeures du pays. En
plus, le Constituant de 2006 a fait du Président de la République un personnage
politiquement irresponsable. Cela signifie qu’il est assuré d’arriver au bout
de son mandat, hormis les hypothèses d’empêchement ou de destitution suite à
une condamnation pénale.
Concernant
ses attributions, il convient de mieux distinguer entre les compétences
dispensées du contreseing et celles qui sont soumises à cette exigence constitutionnelle.
Parlant des attributions qui dérogent à l’exigence du contreseing, pour ne
mentionner que les plus importantes, on peut noter le rôle de premier ordre
qu’il joue alors dans la nomination des membres du Gouvernement ainsi que la
cessation de leurs fonctions. Outre la faculté de dissoudre une Assemblée
nationale qui lui paraît hostile, le Président de la République jouit librement
de la prérogative de convoquer au referendum pour approbation d’une révision
constitutionnelle[11]. Quant aux pouvoirs astreints
au contreseing, il y a lieu de mentionner, entre autres la nomination et la
cessation des fonctions des membres du Gouvernement autres que le Premier Ministre,
la promulgation des lois, la nomination aux emplois civils et militaires,
l’exercice du droit de grâce, l’initiative en matière de révision
constitutionnelle, etc.
La
suprématie du Président de la République passe aussi par la pléthore des
services placés sous sa houlette et aussi des collaborateurs qui l’entourent.
De quoi attiser la fureur des frondeurs qui dénoncent parfois un cabinet
pléthorique, mais inefficace et budgétivore. Certains divers organes de presse
y voient un Gouvernement parallèle[12], parce qu’au fait chaque
département ministériel trouve un service à la Présidence qui rivalise avec lui
et qui parfois marche sur ses platebandes.
Désordre,
cacophonie, les raisons de ce dysfonctionnement et ce chevauchement des
services sont multiples : récompenser des amis de lutte de longue date,
méfiance voilée vis-à-vis des membres du Gouvernement alors jugés parfois très
technocrates, souci de contourner la procédure administrative normale, etc. Le
règne de Joseph Kabila a connu des conseillers tout puissants et dont
l’influence faisait donc ombrage à la fonction même du Chef de Gouvernement.
C’est le cas d’Augustin Katumba Mwanke
cataloguée par la presse comme « l’homme qui murmurait aux oreilles du Président »[13].
Par
ailleurs, au fil des années, les constitutionnalistes ont construit la théorie
du domaine réservé pour montrer le déséquilibre des fonctions entre le
Président de la République et le Premier Ministre. D’après Louis Favoreu,
« Cette théorie a été exposée par Jacques Chaban-Delmas en 1959 devant les
assises de l'UNR à Bordeaux. Pour celui qui était alors le Président de l'Assemblée
nationale, le Chef de l'État devait, dans la nouvelle conception de son
rôle, limiter son champ d'intervention à un « domaine réservé » constitué des
affaires étrangères, de la Défense nationale... Le reste serait alors, sauf
exception ponctuelle, de la compétence du Premier Ministre. En quelque sorte,
pour reprendre une autre formule de l'époque, le Président s'occuperait de la
France et le Premier Ministre des Français… »[14]
La
théorie du domaine réservé pourrait être inférée de certains articles de la Constitution
congolaise de 2006. C’est le cas de l’article 69 qui fait du Président de la République
le représentant de la nation congolaise. Au niveau interne, ce titre de
représentant de la nation lui confère des attributs de garant de la cohésion nationale,
il est au-dessus de tous les clivages à caractère ethnique ou tribal. À
l’extérieur du pays, il veille au respect des intérêts du pays ainsi qu’à
asseoir son prestige au sein du concert des nations.
C’est dans cette même lancée que les deux articles
2014 et 215 lui confèrent les prérogatives de négocier et de signer les traités
et les accords internationaux au bénéfice de l’État congolais. Ce rôle
de représentant de la nation s’incarne différemment et dépend des humeurs des Présidents.
Si Joseph Kabila était plutôt réputé pour son silence et son introversion, son
successeur, Félix Tshisekedi, c’est plutôt quelqu’un
d’extraverti. Cela peut s’observer par ces multiples voyages à l’extérieur du
pays dans le souci de trouver des contacts et investisseurs, mais aussi celui
de restaurer les relations bilatérales et multilatérales crispées sous le règne
de Joseph Kabila. Une autre facette de la théorie du domaine réservé réside
dans les larges pouvoirs conférés au Président dans le domaine de la Défense nationale
et des armées. Pendant que l’article 83 fait de lui le Commandant suprême des
forces armées, l’article 86, quant à lui, lui reconnaît la prérogative de
déclarer la guerre encadrée par des conditions qui font collaborer d’autres
institutions.
En
République Démocratique du Congo, le Président de la République est une
vedette. Son personnage fascine et intrigue. Sa popularité fait de lui un
personnage incontournable de l’actualité politique. À côté de lui, un Premier Ministre tapi dans l’ombre, un
technocrate relégué aux tâches de bureau, jouant de temps en temps l’arbitre
pour régler des querelles bénignes entre ministres. On peut bel et bien se
demander la recette miracle qui fait du Président de la République un
personnage si indispensable, si incontournable, alors que le Premier Ministre,
cheville ouvrière du Gouvernement, reste un personnage méconnaissable. Seuls
ceux qui sont donc entichés de l’actualité politique du pays le connaissent
tous.
Plusieurs
facteurs peuvent être soulevés pour justifier ce contraste bigarré. L’histoire
politique nous renseigne que le pays n’a connu que 5 Chefs de l’État.
Quant aux Premiers Ministres, ils sont légion. Mobutu les changeait, les virait,
les révoquait au gré des conjonctures sociales et de ses caprices. Il existe ceux-là qui ont même fait à peine
une semaine aux commandes du Gouvernement. Parfois pour les déchoir, un acte
officiel n’était absolument pas nécessaire[15]. Un simple silence suffisait.
L’histoire tumultueuse du pays a connu des situations où parfois il n’y avait
même pas de Premier Ministre. Il ressort
davantage de ce qui précède qu’alors que la fonction du Président est
relativement stable et tend à se consolider dans la durée, celle du Premier Ministre
est volatile, instable et banalisée. A la longue, il s’est observé une
démystification de la fonction, voire sa banalisation. Un autre facteur qui
pourrait justifier l’effacement du Premier Ministre en RDC, c’est la sous médiatisation
de sa fonction.
Contrairement
au Président de la République dont les faits et gestes sont constamment relayés
dans les médias, le Premier Ministre apparaît très rarement à la télévision,
tient peu voire ne tient pas de conférences de presse. Il se déplace très
rarement à l’intérieur du pays et les voyages officiels à l’extérieur du pays
sont tout simplement inexistants. Il est cloisonné dans ses bureaux à Kinshasa
pendant que le Président sillonne les coins et recoins du pays ou brille par sa
présence aux sommets et conférences internationaux.
L’infériorisation
du Premier Ministre au profit du Président de la République n’est pas qu’une
particularité congolaise. En France, « le
Président de la Cinquième République considère que le Premier Ministre doit
dans les circonstances normales lui être complètement inféodé ; ce qui en
réalité est un paradoxe puisque bon nombre d’actes du Chef de l’État
doivent être contresignés par le Premier Ministre et le cas échéant par les
ministres responsables »[16].
Cette
infériorisation, loin d’être dans le dessein du Constituant de 2006, me semble
plutôt être la résultante d’un dérèglement institutionnel issu des habitudes
qui, à force de répétition et d’acceptation tacite, se sont hissés au rang des
pratiques constitutionnelles. Cependant, cette supériorité du Président de la
République semble aussi se justifier dans le fait qu’il est la seule
personnalité politique qui a toute l’étendue du territoire national pour
circonscription électorale.
Tout
en admettant que le Président de la République jouit des pouvoirs importants,
il ne faudrait pas passer sous silence le fait que la plupart des ordonnances
qu’il signe dans l’exercice des prérogatives constitutionnelles qui lui sont
reconnues, doivent être endossées par le Premier Ministre via le mécanisme du contreseing. D’ailleurs, si l’on se réfère à
l’article 91 de la Constitution de 2006, c’est ce dernier qui incarne la
politique de la nation qu’il définit en concertation avec le Président de la République
et dont il assume la responsabilité. La formule « en concertation »
implique des rapports d’égalité et non de subordination et pourrait bien être
remplacée par « conjointement », « à parts égales ». Les
alinéas qui suivent tendent d’ailleurs à mettre en relief la figure du Premier Ministre.
C’est ainsi qu’il est dit qu’il conduit seul la politique de la nation. Quant
aux alinéas 3 et 4, ils postulent que « la
défense, la sécurité et les affaires étrangères sont des domaines de
collaboration entre le Président de la République et le Gouvernement. Le
Gouvernement dispose de l’administration publique, des Forces armées, de la
Police nationale et des services de sécurité »,
ils viennent battre en brèche la théorie du domaine réservé développée par les chantres
de la suprématie présidentielle.
Toutefois,
cette réaffirmation de la puissance du Gouvernement est plus textuelle et
difficile à concrétiser dans la pratique et plus particulièrement en temps de
coïncidence majoritaire. Car en cette période, le Président a les coudées
franches pour nommer un Premier Ministre loyal et en qui il s’identifie. C’est
aussi ce que pensait Pompidou en lançant cette phrase mythique : « Les
futurs Présidents de la République, quels qu'ils soient, seront conduits à
choisir comme Premier Ministre des hommes qui leur soient étroitement liés, sur
le plan non seulement politique, mais intellectuel et personnel, et dont ils n'aient jamais à redouter... la concurrence
»[17].
L’intervention
du Président de la République dans la nomination et la cessation des fonctions
du Premier Ministre accule ce dernier à une fonction de subordonné ou de simple
collaborateur. Dans ce cas, le contreseing est vidé de toute sa substance, la
plupart des ordonnances du Président pouvant même s’en passer. Au fait, il est
difficile de remettre en question une décision du Président de la République
même dans les cas où elle empiète sur les prérogatives du Gouvernement quand on
sait qu’il peut mettre fin aux fonctions de tous les membres du Gouvernement
sans avoir à s’expliquer. Quant au Conseil des ministres censé être un espace
de libre expression, de définition et de recadrage de concert de la politique
nationale, la pratique en a fait un simple comité d’agents aux ordres du Président
de la République et dont le rôle se limite à entériner et exécuter servilement
la volonté du Chef de l’État.
C’est également ce que reconnaissent Jean
Gicquel et Éric Gicquel avec une dose de sarcasme : « Quant aux ministres, juxtaposés
les uns par rapport aux autres,
cultivant l’humilité, ils gèrent leur département respectif un peu à la manière
des chefs de service, sans participer à la détermination de la politique
nationale, apanage du Chef de l’État »[18].
Par
ailleurs, il convient de mentionner que dans le contexte congolais, le
Président de la République est le véritable chef du parti ou de la famille
politique qui gouverne. L’opinion a développé une tournure acrobatique pour
déguiser l’ascendance que certains gouvernants exercent sur les partis
politiques en inventant le vocable d’« autorité
morale ». L’autorité morale est cette personne qui textuellement ne
participe pas directement à la gestion du parti, mais qui, au fond, influence
la structure et les choix politiques du parti. Joseph Kabila est l’autorité
morale du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) ainsi
que de la mouvance politique Front commun pour le Changement (FCC). Dans ces
situations de personnification du parti, le Premier Ministre et les autres ministres
doivent avant tout leur loyauté au Président de la République qui s’avère être
aussi leur « boss » au sein
du parti. Le Premier Ministre ainsi que
la kyrielle des membres qui composent le Gouvernement se sentent plus
redevables à l’égard du Président de la République que vis-à-vis de l’État.
Il
convient cependant de mettre un bémol en disant que les rapports entre le Président
de la République et le Premier Ministre dépendent aussi de la personnalité de
ce dernier. Si certains acceptent sans rechigner de s’effacer devant la
fonction présidentielle, d’autres par contre prennent de l’initiative et
parviennent non sans peine à s’émanciper de la tutelle du Président de la République.
C’est le cas d’Adolphe Muzito, Premier Ministre de
2008 à 2012 sous Joseph Kabila, qui, par une série des réformes visant la
transformation des entreprises publiques, le désengagement et la privatisation
de certaines entreprises du portefeuille, s’est construit une certaine
autonomie vis-à-vis du Président de la République. On ne peut pas passer sous
cap le personnage de Matata Ponyo, Premier Ministre
de 2014-2016, qui s’est construit une réputation qui parfois faisait ombrage à
la figure du Chef de l’État.
Il
y a lieu de noter que c’est sous l’impulsion de ce Premier Ministre rodé aux
finances et à la macroéconomie que la RDC a frôlé pour la première fois de son
histoire une croissance économique à deux chiffres et que la bancarisation de
la paie des fonctionnaires de l’État a été effective. Il avait initié
une réunion hebdomadaire dénommée « troïka
stratégique » qui réunissait le Chef du Gouvernement avec les responsables
du budget et des finances et dont le but était le suivi de la situation
économique du pays[19]. La sur médiatisation
des comptes rendus de ces réunions en a fait un Conseil des ministres bis.
En
République Démocratique du Congo, on n’a pas coutume de dire les mots qui
fâchent. Les politiciens, l’opinion ou la presse préfèrent user d’euphémismes,
des tournures acrobatiques qui rendent l’expression plus acceptable. C’est
ainsi, plutôt que de dire que le Président s’est cabré au pouvoir en violation grave
de la loi fondamentale, l’ingénierie linguistique congolaise a inventé de toute
pièce le vocable « glissement ». Plusieurs autres concepts au
contenu juridique parfois flou ont ainsi pris corps. On peut citer dans la foulée : « Gouvernement
de concertation », « Gouvernement d’union nationale »,
« aménagement constitutionnel », etc. Actuellement, le concept en
vogue est indubitablement celui de Gouvernement de coalition, ou de coalition
politique tout court.
Pourtant,
les élections législatives organisées en 2019 et couplées aux présidentielles
ont complétement défiguré le paysage politique congolais. Pour la première fois
de son histoire, la RDC a fait l’expérience de la cohabitation, c’est-à-dire la
discordance entre un Président élu au suffrage universel direct et une majorité
parlementaire qui lui est réfractaire. Le Chef de l’État se voit ainsi
affubler du statut constitutionnel de Président de la République et celui de
chef de file de l’opposition politique. L’organisation concomitante des
élections législatives et présidentielles n’a pas su éviter l’avènement de la
cohabitation.
Une
majorité parlementaire favorable est l’ingrédient indispensable à la primauté
présidentielle et sans laquelle le Président de la République perd son statut
de décideur et d’acteur incontournable de la vie politique. Au fait, pour être
plus précis, « le Président de la République, même élu au suffrage
universel direct… ne peut espérer exercer une Présidence prééminente qu'à la
condition de bénéficier d'un franc soutien d'une majorité législative. Une majorité législative indisciplinée ou
relative l'expose à l'impuissance ou à l'inertie »[20].
Dans
un pays comme la RDC où l’opinion s’est habituée à voir des Présidents de la République
se comportant comme des monarques sans couronne, la cohabitation tend à
restreindre fermement les prérogatives du Président de la République, le
cloisonnant à ses compétences propres. On assiste donc plutôt à un glissement
lent, mais non poussé vers un régime parlementaire, le Président ressemblant à
la couronne britannique, cantonné à un rôle protocolaire et au statut
d’arbitre. C’est peut-être ce qui a poussé une bonne frange de l’opinion à
cataloguer l’actuel Président de la République de « pantin et marionnette
au service de l’ancien Président ».
Tout
compte fait, la cohabitation ou la coalition-empruntant le mot que lui
préfèrent les politiciens congolais- a pour conséquence de réduire à l’essentiel
la fonction présidentielle (2.1), dans une perspective de revalorisation du
rôle du Premier Ministre (2.2).
Comme
nous l’avons mentionné précédemment, la cohabitation suppose un antagonisme
entre le Président de la République et les majorités parlementaires. Dans cette
lancée, les élections de 2019 vont astreindre le Président de la République à
tenir compte de la volonté du souverain primaire exprimée lors des
législatives. Dans le concret, « le Président devra accepter qu'une équipe
gouvernementale, dont l'objectif avoué est de remettre en cause les politiques
présidentielles, prenne en charge la direction des affaires de
l'État »[21]. Jean Massot va même un
peu loin en qualifiant la cohabitation d’une spoliation du pouvoir présidentiel
au profit du Premier Ministre[22]. Cette confiscation des prérogatives
parlementaires résulte de l’impossibilité pour le Président de faire adopter
par l’entremise du Parlement des lois destinées à mettre en œuvre son programme
ou sa politique.
La
cohabitation consensuelle en RDC a montré la prévalence de la négociation et
des compromis comme modes de gouvernance. Le Président de la République doit
sans cesse recourir aux techniques de négociation pour composer avec un Premier
Ministre devenu puissant du fait d’une majorité parlementaire qui est acquise à
sa cause. C’est dans ce sens que le Président de la République a multiplié beaucoup
de conciliabules tantôt avec le Premier Ministre[23], tantôt avec l’ancien Chef
de l’État Joseph Kabila qui, en raison de l’ascendance qu’il exerce sur
les familles politiques dominantes au sein du Parlement, continue à avoir un
mot à dire sur l’orientation qu’il convient de donner à la politique nationale
ainsi que sur la recherche des solutions aux crises que génère ce mariage sui
generis entre deux adversaires politiques de longue date. Le Président
n’est plus donc cette orbite autour de qui tout doit graviter comme aux temps
glorieux de Joseph Kabila (2006-2018). Il doit accepter une flottaison du
pouvoir vers des forces centrifuges.
Il
s’observe ainsi une dyarchie qui n’est pas sans générer rivalités, compétition
et vives tensions, chacun de deux adversaires tendant à faire porter le chapeau
de la mauvaise gouvernance ou de la crispation à l’autre. Si en périodes de
coïncidence majoritaire, il est fréquent que le Président de la République
empiète sur les prérogatives constitutionnelles du Gouvernement, pendant la
cohabitation il se voit réduit à ne pouvoir signer que quatre types d’ordonnances
de façon vraiment autonome et sans avoir à négocier avec le Premier Ministre.
C’est en tout cas que ce qu’insinue l’alinéa 4 de l’article 79 de la Constitution
qui postule que : « Les ordonnances du Président de la République autres
que celles prévues aux articles 78 alinéa premier, 80, 84 et 143 sont
contresignées par le Premier Ministre ».
Ainsi
donc, en période de coïncidence majoritaire, le Président de la République a
les coudées franches pour nommer le Premier Ministre ainsi que les autres
membres du Gouvernement ; lors de la cohabitation, le Président a les
mains liées. Il doit nommer un Premier Ministre ainsi que les membres du Gouvernement
lui présentés par les diverses forces politiques majoritaires au parlement. Le Président
se voit également dépouillé de ses prérogatives de mettre fin aux différentes fonctions
du Premier Ministre ou des membres du Gouvernement motu proprio.
D’ailleurs, les membres du Gouvernement se sentent plus redevables à leurs
familles politiques, partant l’autorité morale, qu’envers le Président de la République
qui ne peut brandir à leur encontre la menace de la révocation.
Craignant
de se voir assigné une fonction réduite à la portion congrue comme
l’investiture des Gouverneurs des provinces (confer l’article 80), ou
l’élévation aux grades dans les ordres nationaux (article 143), le Président de
la République Félix Tshisekedi a préféré passer un deal secret avec son prédécesseur, qui
est aussi autorité morale de la majorité parlementaire, dans le but d’obtenir
un assouplissement de la cohabitation. Si dans les faits, l’opinion préfère
parler de Gouvernement de coalition, dans la pratique, on voit plutôt un
recours aux mécanismes de la cohabitation. Parce qu’au fait, le Président
compose avec un Gouvernement dominé par les ministres issus de la plateforme
dominante au Parlement et en prime qui tiennent les rênes de plusieurs
ministères régaliens comme la Défense, la Justice ou les Finances. Quant à
l’administration, elle demeure sous la coupe du Premier Ministre et de la
famille politique de l’ancien Président dont les membres se sont vus promus aux
commandes des entreprises publiques et aussi des établissements étatiques.
Avec
la cohabitation, même le domaine réservé se trouve écorné. Si le Président
Félix Tshisekedi semble avoir une mainmise sur les
affaires étrangères, à en juger par la reprise de la coopération bilatérale
entre la RDC et les USA (États Unis d’Amérique), la réouverture de la
maison Schengen à Kinshasa ou les moult promesses d’investissement faites par
les bailleurs des fonds étrangers, la défense, cependant, reste dominée par l’influence
des officiers qui prêtent allégeance à l’ancien Chef de l’État.
En
plus, pour ce qui est des attributions dont l’exercice nécessite le contreseing
du Premier Ministre, l’étau semble se resserrer sur ce Président désireux de
satisfaire ses promesses de campagne, mais qui n’a pas la maîtrise des moyens
logistiques et législatifs pour asseoir son programme. On l’a vu avec les
récentes nominations effectuées par lui au sein de l’appareil judiciaire et
militaire. En effet, le Président a profité de l’absence du Premier Ministre
pour faire contresigner ses ordonnances par un ministre de son obédience
assurant l’intérim. Ce qui n’a pas été
sans susciter de frictions dans le cas de ses alliés, en même temps adversaires
politiques, qui ont soutenu mordicus
que l’intérim n’emporte pas la latitude de contresigner en lieu et place du
Premier Ministre.
La
cohabitation, écrivait Antoine Xavier Fournier, est le moment béni des Premiers
Ministres[24]. Ces derniers profitent
de la légitimité du Parlement pour asseoir leur autonomie vis-à-vis des
Présidents de la République. Dans la plupart des cas, « le Premier Ministre
peut jouir, sans contrainte, de ses prérogatives
constitutionnelles et ainsi acquérir une autonomie dans ses rapports avec le Chef
de l’État…Durant cette période, le Gouvernement en profite donc pour
mettre en œuvre un programme politique qui va à l’encontre des orientations du
Président, sans que ce dernier ne puisse s’y objecter »[25].
C’est
ainsi que sur les épineuses questions de la défense ou des affaires étrangères,
domaines sur lesquels le Président exerce des fortes prérogatives en temps de
concordance majoritaires, il doit désormais composer avec le Chef du Gouvernement.
Parlant des affaires étrangères, on a vu en RDC des diplomates étrangers s’entretenir
avec l’ancien Chef de l’État, Joseph Kabila sur des questions brulantes
intéressant aussi bien les affaires internes qu’externes. Ceci tend à
corroborer l’hypothèse d’après laquelle ce dernier, représenté officiellement
par le Premier Ministre, continue d’être un acteur clé dans la mise en œuvre de
la politique nationale.
On
ne pourrait passer sous silence l’article 214 qui dispose : « Les
traités de paix, les traités de commerce, les traités et accords relatifs aux
organisations internationales et au règlement des conflits internationaux, ceux
qui engagent les finances publiques, ceux qui modifient les dispositions législatives, ceux qui sont relatifs à
l’état des personnes, ceux qui comportent échange et adjonction de territoire
ne peuvent être ratifiés ou approuvés qu’en vertu d’une loi… ». Il en résulte donc que le Président de la République
ne peut s’aventurer de conclure des accords sans l’aval du Premier Ministre,
parce que celui-ci pourrait simplement souffler à la majorité parlementaire,
qui lui est d’office docile, de ne pas les ratifier. C’est aussi ce que vient
étayer l’exposé des motifs de la constitution de 2006 qui note : « Les
affaires étrangères, la défense et la sécurité, autrefois domaines réservés du
Chef de l’État, sont devenus des domaines de collaboration ».
Par
ailleurs, au niveau interne, on a vu que la dyarchie profite plus au Premier Ministre
dans la mesure où pour nommer les hauts fonctionnaires de l’administration
publique, les directeurs généraux et présidents des conseils d’administration
au sein des entreprises publiques et établissements publics, le camp du Premier
Ministre a su tirer son épingle du jeu en s’arrogeant la quasi-totalité des
postes-clés. Le Président de la République a même vu son autorité mise mal en
point lorsque le Gouvernement s’était abstenu de donner suite à ses ordonnances
nommant alors certaines personnalités de la Société nationale des chemins de
fer et de la Générale des carrières et des mines. Il a fallu attendre une année
pour que les personnalités nommées soient notifiées.
En
somme, comme le souligne si bien Louis Favoreu, « dans cette situation, le
seul véritable contrepoids à la suprématie du Premier Ministre dans le domaine
des affaires intérieures, n’est pas le Chef de l’État, mais bien plutôt
le Conseil constitutionnel à travers le contrôle de constitutionnalité des lois
qu’il exerce sur saisine de la minorité parlementaire »[26].
Traiter
du fonctionnement des régimes politiques en RDC est une tâche ardue et de
longue haleine. Les pratiques constitutionnelles auxquelles recourent si
constamment les dirigeants et qui ont tendance à se cristalliser avec le temps
au point de se muer en coutume constitutionnelle ont tendance à dénaturer le
régime original consacré par le constituant primaire. Aucune constitution ne
définit expressément le régime institué.
Toutefois,
l’analyse de la façon dont le pouvoir est réparti entre différents organes,
couplée aux mécanismes de collaboration entre eux nous poussent à soutenir que
le Constituant de 2006 a instauré un régime hybride ou mieux encore de type
semi-présidentiel. Si en période de concordance majoritaire, la prééminence du
Président de la République au sein de l’Exécutif est manifeste, l’évolution des
rapports pendant la première expérience de la cohabitation montre plutôt un
équilibrage avec une tendance de la revalorisation de la figure du Premier Ministre
longtemps resté dans l’ombre des Présidents de la République aux ambitions
parfois tentaculaires.
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[1]
Assistant à la Faculté de Droit de
l’Université Catholique du Graben (Nord-Kivu/RDC) : thomasroc8@gmail.com.
[2] Lire à ce sujet
l’article 69 de la Constitution de la République Démocratique du Congo,
modifiée par la Loi n°11/002 du 20 janvier 2011 portant révision de certains
articles de la Constitution de la République Démocratique du Congo du 18
février 2006, Kinshasa, 5 février 2011.
[3]F. HOURQUEBIE, « Quel statut constitutionnel pour le chef
d’État africain ? Entre principes théoriques et pratique du
pouvoir », in Afrique contemporaine,
242, 2012, p.74. https://www.afrique-contemporaine.info/articles/2012-2-quel-statut-constitutionnel-pour-le-chef-de-l-etat-africain/,
consulté le 26 novembre 2021. Pour l’étude et la compréhension du régime
politique congolais institué notamment dans la constitution de 2006, lire T. MUHINDO MALONGA, Droit constitutionnel et
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du Graben (PUG-CRIG), 2008, 640 pages.
[4]H.B. NGAMENI, « Le dérèglement institutionnel de la cinquième
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[5] M. DEBRÉ, Discours devant le Conseil d’État,
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décembre 2021.
[6] H.B. NGAMENI, Op.
Cit., p.70.
[8]S. BUJAKERA TSHIAMALA, « RDC
: Félix Tshisekedi, 100 jours sans faire oublier Joseph Kabila », in Jeune Afrique, le 06 mai 2019.
Disponible sur le site suivant : https://www.jeuneafrique.com/771507/politique/rdc-felix-tshisekedi-100-jours-sans-faire-oublier-joseph-kabila/, consulté le 02
Novembre 2021.
[9]B. GUEYE, « La démocratie en Afrique, succès et résistances »,
in Pouvoirs, 2019, 129, p.13. Bien
disponible sur ce site suivant : https://www.revue-pouvoirs.fr/La-democratie-en-Afrique-succes-et.html, consulté le 10 novembre 2021.
[10]L. FAVOREU et al., Op. Cit., p. 716.
[11] L’article premier de la Loi n°11/002 du 20 janvier
2011 portant révision de certains articles de la Constitution de la République
Démocratique du Congo du 18 février 2006 dispose : «La révision n'est
définitive que si le projet, la proposition ou la pétition est approuvée par
référendum sur convocation du Président de la République».
[12] O. LIFFRAN, Le
gouvernement parallèle des conseillers spéciaux de Tshisekedi, 05 février
2021. Bien disponible sur ce site suivant : https://www.africaintelligence.fr/afrique-centrale/2021/02/05/le-gouvernement-parallele-des-conseillers-speciaux-de-tshisekedi,109638337-ar2, consulté le 26 décembre 2022.
[13] JEUNE AFRIQUE, RDC : Augustin Katumba Mwanke, l’homme qui
murmurait à l’oreille de Kabila, 27 février 2012. https://www.jeuneafrique.com/142761/politique/rdc-augustin-katumba-mwanke-l-homme-qui-murmurait-l-oreille-de-kabila/, consulté le 06 novembre 2021.
[14] L. FAVOREU et alii,
Op. Cit., p.774.
[15] Pour une compréhension plus approfondie de cette
période de l’histoire politique de la République Démocratique du Congo, lire N. NZEREKA MUGHENDI,
Les déterminants de la paix et de la guerre au Congo-Zaïre,
Bruxelles, Peter Lang AG, 2011, 394 p.
[16]H. G. NGAMENI, Op.
Cit., p. 73.
[17]B. VINCENT, La réelle mais fragile prééminence
présidentielle sous la Ve République, 13 février 2009. https://www.lextenso-etudiant.fr/articles-%C3%A0-la-une/la-r%C3%A9elle-mais-fragile-pr%C3%A9%C3%A9minence-pr%C3%A9sidentielle-sous-la-ver%C3%A9publique, consulté le
16 novembre 2021.
[18]J. GICQUEL et J. E. GICQUEL, Droit
constitutionnel et Institutions politiques, 2005, Paris, Montchrestien, p. 338.
[19]T. KIBANGULA, « RDC : Les
cinq points à retenir du Gouvernement Matata », in Jeune Afrique, le 09 décembre 2004. https://www.jeuneafrique.com/37985/politique/rdc-les-5-points-retenir-du-gouvernement-matata-2/, consulté le 24
Novembre 2021.
[20]https://www.lextenso-etudiant.fr/articles-%C3%A0-la-une/la-r%C3%A9elle-mais-fragile-pr%C3%A9%C3%A9minence-pr%C3%A9sidentielle-sous-la-ve-r%C3%A9publique
[21] T. KIBANGULA, Art. Cit., p. 38.
[22] J. MASSOT, Alternance et cohabitation sous la Vème République,
Paris, La documentation Française, 1997, p. 16.
[23] E. ISANGO, Le
Premier Ministre Ilunga veut rappeler au Président Tshisekedi que certains
actes présidentiels exigent son accord, VOA Afrique, le 23 juillet 2020. Vu
sur https://www.voaafrique.com/a/col%C3%A8re-du-premier-ministre-pour-des-ordonnances-du-pr%C3%A9sident-publi%C3%A9es-sans-son-contreseing/5511944.html.
[24]B. FRANÇOIS, « Le déséquilibre présidentialiste », in
B. FRANÇOIS (éd)., Le régime
politique de la Ve République,
Paris, La Découverte, 2011, p. 70.
[25] B. FRANÇOIS, Op. Cit., p. 70.
[26] L. FAVOREU et al., Op. Cit., p. 754.