Réponses du Galinsoga ciliata à l’ombrage et à l’apport d’urée dans le sol

https://doi.org/10.57988/crig-2336

 

 

Mbusa Siviholya Kito[1]

Résumé

Le Galinsoga ciliata [Blake] est une mauvaise herbe redoutée dans le monde et commune dans les champs au Nord-Kivu. Son utilisation dans les élevages des lapins est connue par les paysans de Butembo. En vue d’envisager son intégration dans les systèmes agricoles pour une production fourragère soutenue au bénéfice de l’agri-éleveur, des essais phytotechniques ont été conduits dans les périphéries agricoles de la ville de Butembo. Il a été question d’évaluer sa réponse par rapport à un ombrage croissant (0 %, 25 %, 50 % et 75 %) en simulant les éventuelles conditions d’éclairement dans un champ cultivé en même temps que différents niveaux d’urée (0 kg, 180 kg et 360 kg par hectare) ont été appliqués à la culture dans différents types de sol.

À l’issue de ces expérimentations, il s’est avéré qu’un ombrage élevé (plus de 50 %) ait une certaine nuisibilité au rendement en matières sèches, à la teneur en cendres mais pas à la teneur en matières azotées alors qu’un ombrage se situant entre 25 et 50 % est même favorable à son rendement en matières sèches jusqu’autour de 7 tonnes par hectare. Pour tous les niveaux d’ombrage, l’apport en urée a eu un effet positif sur la production des matières sèches du Galinsoga ciliata.

Mots-clés : Galinsoga, ombrage, urée, rendement

Abstract

The hairy soldier Galinsoga ciliata [Blake] is a worldwide harmful weed. It is very common in North Kivu farms. Peasants regularly resort to it for rabbit feeding in Butembo area. In a bid to integrate it in the local farm system for sustainable forage production, crop experimental tests were conducted in Butembo agricultural suburbs. The tests consisted of estimating the response of the Galinsoga ciliata to growing shade (0%, 25%, 50% and 75%) simulating possible light conditions in a cultivated farm. At the same time, different doses of urea (0kg, 180kg and 360kg per hectare) were applied to the experimental soils from different locations to evaluate its response to ammoniacal fertilizer.

The findings showed that high shade levels (above 50 %) were harmful to the yield in terms of dry matter production, and rate of ash. However, the rate of nitrogen matters was not affected. The tests revealed that the shading between 25 to 50 % favored the yield in terms of dry matter up to 7 meter-tons per hectare. Indistinctively the shade level, urea showed positive effect on dry matter production.

Keywords: Galinsoga, shade, urea, yield

1. Introduction

Le Galinsoga ciliata est reconnu comme un indicateur de fertilité dans les champs. En République Démocratique du Congo, Mulangwa (2005) indique que sa présence dans les champs est associée à une richesse azotée du sol au point que l’augmentation de la fertilité du sol lui donne encore un pouvoir de croissance plus élevé. C’est en ce sens qu’a été menée la présente recherche en vue de vérifier à quel niveau l’augmentation de la fertilité azotée en recourant à l’urée peut exercer une influence sur la biomasse aérienne du Galinsoga.

D’après différents auteurs comme Kumar et al. (2010), Mohler et al. (2021) et Gang et al. (2018) le Galinsoga ciliata est une plante de lumière. D’autres auteurs comme Ivany et Sweet (1973) de même que Warwick et Sweet (1983) estiment que le Galinsoga ciliata est exigeant en fertilisants particulièrement l’azote. C’est pourquoi, en le prenant comme mauvaise herbe des plantes cultivées, il est nécessaire de voir comment l’ombrage de même que l’apport en azote pourrait influencer sa production en biomasse. De même, comme la plante est aussi utilisée comme fourrage à l’est de la République Démocratique du Congo, il est important de savoir comment l’ombrage et l’apport en engrais azoté peuvent influencer la composition nutritionnelle de la matière sèche. Les deux expérimentations ont été combinées afin de simuler ce qui pourrait se passer dans un champ fertilisé avec une éventuelle concurrence non seulement pour l’engrais azoté mais aussi pour la lumière. 

2. Matériels et méthodes

L’expérimentation a été menée en République Démocratique du Congo dans la Ville de Butembo (Nord-Kivu) en Commune de Kimemi, Quartier Malende, Cellule Ngengere.

Les couches superficielles (premiers 10 cm) des sols issus de l’Université catholique du Graben au site Horizon à l’ouest de la Ville de Butembo (sol H), de l’ULPGL au sud-est de la ville (sol U) et de Ngengere (sol N) au sud-ouest de la ville ont été utilisées comme stock semencier. Les caractéristiques physico-chimiques des sols utilisés sont reprises dans le tableau 1.  

Tableau 1. Les différentes caractéristiques physico-chimiques des sols d’expérimentation en fonction des origines

Caractéristiques physico-chimiques du sol

Sol de l’Horizon (UCG)

Sol de Ngengere

Sol de l’ULPGL (Katwa)

pH au KCl

5,510

5,760

4,870

pH à l’eau H2O

6,520

6,490

6,200

Conductivité électrique en millisiemens/cm

0,030

0,23

0,030

Matière minérale par rapport à la matière sèche (en pourcents)

89,777

89,816

91,735

Matière organique par rapport à la matière sèche (en pourcents)

10,223

10,184

8,265

Teneur en argile dans la matière minérale (en pourcents)

72,077

44,616

71,082

Teneur en limons dans la matière minérale

2,547

0,297

0,221

Teneur en sable (fin et grossier) dans la matière minérale (en pourcents)

25,376

55,086

28,697

Masse volumique

1,7

1,5

1,7

Teneur en azote dans la matière sèche (en pourcents)

4,540

4,720

3,721

Teneur en phosphore par rapport à la matière sèche du sol

0,476

0,560

0,582

Teneur en potassium par rapport à la matière sèche dans le sol (en pourcents)

4,010

3,800

3,048

 

Tableau 2. Densité d’ombrages appliqués dans l’expérimentation

Densité d’ombrages (en pourcentages)

Densité de lumière (en pourcentages)

Alternance des bandes en caoutchouc

Codage du traitement

0

100

Pas d’ombrage

 

25

75

30 mm

 

50

50

10 mm

 

75

25

3,3 mm

 

 

Quatre types de densité de lumière naturelle ont été créés en variant la densité d’ombrages grâce à des bandes en caoutchouc non translucide à la lumière visible comme montré dans le tableau 2. Les bandes noires de nylon (polypropylène) de 10 mm de largeur étaient orientées dans le sens nord-sud tandis que la course du soleil se fait de l’est à l’ouest. La hauteur des ombrières était de 180 cm pour permettre non seulement une circulation libre dans le lieu mais aussi mixer la lumière à l’ombre quand c’était applicable conformément aux recommandations de Jaenicke (2006). 

Dans les ombrières ainsi montées, les trois types de sols ont été fertilisés en urée. L’épandage d’urée s’est fait au début des expérimentations en arrosant les bandes avec de l’eau dans laquelle étaient dissoutes des quantités croissantes d’urée comme repris dans le tableau 3.

 

Tableau 3. Quantités d’urée utilisées pour fertiliser les sols

Quantité d’azote ajouté en kg par hectare

Quantité d’urée ajoutée en kg par hectare

Codage du traitement

0

0

E0

83

180

E1

166

360

E2

3. Observations et mesures

La quantité de biomasse aérienne du Galinsoga ciliata a été mesurée après 60 jours de placement et d’arrosage du sol. La teneur en matières sèches de la biomasse, la teneur de la matière sèche en cendres, en cellulose et en matières azotées ont aussi été déterminées au laboratoire en fonction des traitements (dose d’azote appliquée et ombrage).

4. Résultats

Les résultats de l’expérimentation sur la réponse du Galinsoga ciliata à l’apport du sol en urée sont exprimés en termes de rendement en matières sèches à l’hectare (tableau 4), de teneur de la matière sèche en cendres (tableau 5), en protéines (tableau 6), et en cellulose (tableau 7) comme repris ci-dessous.

-      Rendement en matière sèche du Galinsoga ciliata en fonction de l’apport de l’azote au sol et de l’ombrage

Les résultats relatifs au rendement en matière sèche en fonction de  l’apport en urée et de l’ombrage sont  commentés ci-dessous (tableau 4).


Tableau 4. Rendement en matières sèches (en tonnes par hectare) en fonction de l’urée ajoutée et de l’ombrage

Fertilisation

Origine du sol (site)

Densité par m2

0% d’ombrage

25% d’ombrage

50% d’ombrage

75% d’ombrage

Moyenne ± écart-type

E0 (pas d’urée ajoutée)

Horizon

165,333±99,413

2,835±3,180

4,794±3,416

1,701±1,034

4,285±3,378

3,404±2,801

E0 (pas d’urée ajoutée)

Ngengere

332,000±128,30

3,037±0,980

2,543±1,392

5,756±4,914

2,439±1,970

3,444±2,697

E0 (pas d’urée ajoutée)

ULPGL

229,333±109,973

1,202±0,221

4,612±2,765

5,784±4,154

5,154±5,352

4,188±3,606

Moyenne pour E0 pour l’ombrage ± écart-type

255,556±130,350

2,358±1,881

3,983±2,545

4,414±3,841

3,959±3,456

3,679±3,004

E1 (180 kg d’urée par hectare)

Horizon

272,000±193,930

2,221±0,503

3,907±1,374

6,095±4,555

10,089±6,649

5,578±4,654

E1 (180 kg d’urée par hectare)

Ngengere

409,333±192,177

5,721±2,719

3,853±0,663

8,914±4,772

4,217±0,669

5,676±3,147

E1 (180 kg d’urée par hectare)

ULPGL

328,000±141,060

2,040±0,610

5,476±2,563

8,716±4,443

5,235±4,273

5,367±3,776

Moyenne pour E1 pour l’ombrage ± écart-type

336,444±181,524

3,327±2,288

4,412±1,692

7,908±4,190

6,514±4,808

5,540±3,797

E2 (360 kg d’urée par hectare)

Horizon

250,667±146,219

4,435±2,176

7,481±3,494

7,384±5,576

17,966±4,196

9,317±6,385

E2 (360 kg d’urée par hectare

Ngengere

304,000±124,499

5,103±0,761

3,268±1,476

6,560±3,128

9,895±2,699

6,206±3,168

E2 (360 kg d’urée par hectare

ULPGL

270,667±113,437

4,480±1,804

2,955±1,201

11,779±6,765

10,989±7,474

7,551±5,980

Moyenne pour E2 pour l’ombrage ± écart-type

275,111±127,014

4,673±1,499

4,568±2,958

8,574±5,250

12,950±5,879

7,691±5,374

Moyenne globale pour l’ombrage ± écart-type

289,037±146,402

3,453±2,080

4,321±2,373

6,966±4,678

6,099±5,312

5,637±4,437

 

 


La levée au mètre carré a été globalement de 289,037±146,402 plants. Cette variabilité importante dépend de l’origine du sol et aussi de l’urée ajoutée.

En effet, les sols de Ngengere présentent une levée globalement plus élevée comparativement aux sols de l’Horizon et de l’ULPGL. Toutefois, l’apport de l’urée exerce une influence sur la levée. En effet, tandis que la levée moyenne pour le sol sans apport d’urée est de 255,556±130,350 au mètre carré, elle subit une augmentation significative quand 180 kg d’urée sont ajoutés à l’hectare pour atteindre 336,444±181,524 plants au mètre carré. Néanmoins on observe une diminution quand 360 kg d’urée sont appliqués à l’hectare avec une moyenne de levée de 275,111±127,014 plants au mètre carré. La différence entre la levée pour une application nulle d’urée et une application de 360 kg d’urée à l’hectare n’étant pas significative, il se peut que l’apport de 180 kg d’urée à l’hectare soit celui qui augmente significativement la levée de Galinsoga pour atteindre 336,444±181,524 globalement pour tous les sols. L’urée aurait de ce fait un effet positif sur la levée qui s’estomperait au fur et à mesure que la dose augmente à cause d’une éventuelle toxicité.

Quoique la levée n’ait pas été uniforme pour les 3 sols, on constate globalement que le rendement en matières sèches de Galinsoga est dans une certaine mesure indépendante de la levée mais croit significativement en fonction de l’urée apportée par hectare, passant de 3,679±3,004 tonnes par  hectare lorsqu’aucun engrais n’est appliquée à 5,540±3,797 tonnes par hectare quand 180 kg d’urée sont épandus à l’hectare jusqu’à 7,691±5,374 tonnes de matières sèches produites lorsque 360 kg d’urée sont appliquées à l’hectare.

On observe aussi une progression globale positive assez nette du rendement en matière sèche pour tous les sols et les taux d’application d’engrais quand l’ombrage augmente, mais il se dessine clairement un pic selon les sols et l’application d’engrais suivi d’une légère diminution entre un ombrage de 50 et 75 %. En effet, sans ombrage le rendement à l’hectare est globalement de 3,453±2,080 tonnes avec des variations qui dépendent de l’origine du sol mais surtout de la quantité d’urée apportée. Ce rendement passe à 4,321±2,373 tonnes par hectare quand l’ombrage est de 25 % et culmine à 6,966±4,678 tonnes de matière sèche quand l’ombrage est de 50 %. Quand l’ombrage est de 75 %, le rendement est 6,099±5,312 tonnes de matière sèche par hectare, ce qui constitue en fait une légère diminution par rapport au rendement à 50 %.

En somme, on constate que le rendement augmente avec la dose d’urée appliquée mais aussi avec l’ombrage jusqu’à 50 à 75 % selon les différents sols. L’origine des sols et donc la levée des plants n’ont pas influencé le rendement à l’hectare en matière sèche.

 

-        Teneur de la matière sèche en cendres en fonction de l’ombrage et de l’apport en urée

Globalement pour toutes les expérimentations, la teneur en cendres a représenté 2,471±0,739 % de la matière sèche comme repris dans le tableau 5. Mais cette proportion est variable selon le niveau d’ombrage et l’apport en urée. En effet, on constate une décroissance progressive de la teneur en cendres pour toutes les doses d’urée quand l’ombrage passe de 0 % (3,141±0,474 % de cendres) à 75 % (1,738±0,464 %) avec une valeur intermédiaire de 2,819±0,646 % quand l’ombrage est de 25 % et 2,185±0,613 % lorsque l’ombrage est de 50 %.

 


Tableau 5 : Variation de la teneur en cendres de la matière sèche du Galinsoga ciliata en fonction de la dose d’urée et du degré d’ombrage 

Fertilisation

Origine du sol (site)

Densité par m2

0% d’ombrage

25% d’ombrage

50% d’ombrage

75% d’ombrage

Moyenne ± écart-type

E0 (pas d’urée ajoutée)

Horizon

165,333±99,413

3,992±0,400

3,127±0,358

3,066±0,654

1,247±0,526

2,858±1,127

E0 (pas d’urée ajoutée)

Ngengere

332,000±128,30

2,759±0,072

2,805±0,028

2,292±0,914

2,026±0,125

2,470±0,522

E0 (pas d’urée ajoutée)

ULPGL

229,333±109,973

3,246±0,253

2,930±0,234

2,058±0,841

1,661±0,662

2,474±0,822

Moyenne pour E0 pour l’ombrage ± écart-type

255,556±130,350

3,332±0,589

2,954±0,256

2,472±0,837

1,645±0,544

2,601±0,855

E1 (180 kg d’urée par hectare)

Horizon

272,000±193,930

2,908±0,768

2,759±0,233

2,392±0,132

1,363±0,618

2,356±0,766

E1 (180 kg d’urée par hectare)

Ngengere

409,333±192,177

2,827±0,274

2,926±0,165

2,398±0,576

1,910±0,425

2,515±0,537

E1 (180 kg d’urée par hectare)

ULPGL

328,000±141,060

3,395±0,303

3,511±1,683

1,528±0,103

1,964±0,276

2,599±1,170

Moyenne pour E1 pour l’ombrage ± écart-type

336,444±181,524

3,043±0,510

3,066±0,920

2,106±0,527

1,745±0,493

2,490±0,846

E2 (360 kg d’urée par hectare)

Horizon

250,667±146,219

3,213±0,126

2,414±0,353

1,762±0,076

1,412±0,227

2,200±0,742

E2 (360 kg d’urée par hectare

Ngengere

304,000±124,499

2,825±0,224

2,857±0,274

2,263±0,401

2,047±0,183

2,498±0,439

E2 (360 kg d’urée par hectare

ULPGL

270,667±113,437

3,108±0,250

2,045±0,265

1,912±0,106

2,010±0,332

2,269±0,552

Moyenne pour E2 pour l’ombrage ± écart-type

275,111±127,014

3,049±0,250

2,439±0,437

1,979±0,307

1,823±0,380

2,322±0,588

Moyenne globale pour l’ombrage ± écart-type

289,037±146,402

3,141±0,474

2,819±0,646

2,185±0,613

1,738±0,464

2,471±0,739

 


Quelle que soit la dose d’engrais, cette tendance est valable et démontre l’influence négative du niveau d’ombrage sur l’absorption des matières minérales par le Galinsoga ciliata. Autrement dit, l’éclairement aurait lui-même une influence positive sur l’absorption des matières minérales du sol.

De même, l’apport en urée dans le sol a un effet inverse sur la teneur en cendres dans la matière sèche du Galinsoga ciliata. Globalement, cette teneur passe de 2,601±0,855 % pour un apport nul d’urée à 2,490±0,846 % pour un apport de 180 kg d’urée à l’hectare jusqu’à 2,322±0,588 % pour 360 kg d’urée à l’hectare, les variations étant liées à l’ombrage et à l’origine des sols.

Si on considère le niveau individuel d’azote de base dans le sol, la chute de la teneur en cendres dans la plante est plus brusque quand le sol contient moins d’azote (cas du sol de l’horizon) que quand le sol en contient un peu plus (cas du sol de Ngengere). Autrement dit, l’apport en urée aurait tendance à augmenter la teneur de la matière sèche en matières organiques quand le sol contient peu d’azote à la base. Une certaine stabilisation de la teneur en cendres dans la matière sèche du Galinsoga s’observe pour un apport de 180 kg d’urée par hectare tout comme pour un apport de 360 kg d’urée par hectare malgré des individualités spécifiques à chaque sol.

-        Teneur de la matière sèche en matières azotées en fonction de l’ombrage et de l’apport en urée

La teneur en matière sèche en matières azotées pour toutes les parcelles est de 20,489±9,974 % mais subit des fluctuations en fonction de l’origine du sol, de l’apport en urée mais aussi de l’ombrage comme cela est montré dans le tableau 6.


Tableau 6. Variation de la teneur en matières azotées de la matière sèche du Galinsoga ciliata en fonction de la dose d’urée et du degré d’ombrage

Fertilisation

Origine du sol (site)

Densité par m2

0% d’ombrage

25% d’ombrage

50% d’ombrage

75% d’ombrage

Moyenne ± écart-type

E0 (pas d’urée ajoutée)

Horizon

165,333±99,413

21,194±4,433

23,091±1,840

27,926±4,194

21,206±2,672

23.354±4.115

E0 (pas d’urée ajoutée)

Ngengere

332,000±128,30

20,170±7,676

32,089±15,939

17,744±6,365

15,025±5,379

21.257±10.761

E0 (pas d’urée ajoutée)

ULPGL

229,333±109,973

9,691±2,350

18,004±1,293

8,981±3,909

19,223±7,828

13.975±6.245

Moyenne pour E0 pour l’ombrage ± écart-type

255,556±130,350

17,018±7,171

24,395±10,145

18,217±9,261

18,485±5,640

19,529±8,401

E1 (180 kg d’urée par hectare)

Horizon

272,000±193,930

13,974±5,678

22,441±2,556

23,052±24,065

27,892±15,959

21.840±13.639

E1 (180 kg d’urée par hectare)

Ngengere

409,333±192,177

25,112±15,411

41,897±1,963

10,355±3,593

14,658±4,637

23.005±14.537

E1 (180 kg d’urée par hectare)

ULPGL

328,000±141,060

19,223±6,760

16,586±3,480

20,657±7,785

24,873±6,500

20.335±6.247

Moyenne pour E1 pour l’ombrage ± écart-type

336,444±181,524

19,436±10,107

26,975±11,718

18,021±14,046

22,474±10,756

21,727±11,763

E2 (360 kg d’urée par hectare)

Horizon

250,667±146,219

14,790±10,328

21,441±3,139

21,535±5,359

19,938±1,602

19.426±5.927

E2 (360 kg d’urée par hectare

Ngengere

304,000±124,499

14,283±4,145

48,186±9,461

19,470±4,606

13,659±2,387

23.899±15.631

E2 (360 kg d’urée par hectare

ULPGL

270,667±113,437

15,239±5,504

14,348±1,945

23,317±1,925

16,334±3,808

17.309±4.814

Moyenne pour E2 pour l’ombrage ± écart-type

275,111±127,014

14,770±6,222

27,992±16,267

21,441±4,024

16,644±3,624

20,21155±10,143

Moyenne globale pour l’ombrage ± écart-type

289,037±146,402

17,075±7,933

26,454±12,558

19,226±9,728

19,201±7,455

20,489±9,974

 


Il y a lieu d’établir que la teneur de la matière sèche en matières azotées quels que soient l’origine du sol et l’ombrage passe de 19,529±8,401 % pour un apport nul en urée à 21,727±11,763 % pour un apport en urée de 180 kg par hectare mais se maintient autour de 20,21155±10,143 % quand l’apport en urée est de 360 kg à l’hectare.  Cette différence non significative entre les 3 niveaux d’apport en urée offusque les tendances pour chaque niveau d’ombrages surtout qu’on observe pour chaque degré d’éclairement une augmentation croissante de la teneur en matières azotées quand l’apport en urée passe de zéro kg à l’hectare à 180 kg puis une tendance à la stabilisation lorsque l’apport en azote passe de 180 kg à 360 kg à l’hectare.

En effet, il est clair qu’au niveau d’ombrage nul, la moyenne de la teneur de la matière sèche en matières azotées passe de 17,018±7,171 % pour un apport nul en urée, puis passe à 19,436±10,107 % pour un apport de 180 kg d’urée par hectare mais chute à 14,770±6,222 % quand l’apport en urée augmente à 360 kg à l’hectare. En revanche, avec l’ombrage de 25 %, une tendance à l’augmentation de la teneur en matière azotée s’observe quand l’apport en urée de 0 à 180 puis à 360 kg par hectare. Pour un ombrage de 50 %, on observe néanmoins une sorte de résistance à l’accroissement de la teneur en matières azotées quand l’apport en engrais passe de 0 kg à 180 kg d’urée par hectare et une augmentation quand l’apport en urée passe de 180 kg à l’hectare à 360 kg à l’hectare. Pour un ombrage de 75 %, l’accroissement de la teneur en matières azotées n’est observé que lorsqu’on passe d’un apport nul (18,485±5,640 %) à un apport de 180 kg à l’hectare (22,474±10,756 %) puis chute pour atteindre 16,644±3,624 %. Ceci semble en fait prouver qu’on ne peut augmenter indéfiniment l’ombrage ni l’apport en azote pour espérer obtenir une teneur élevée de la matière sèche en azote. Il en ressort ainsi que l’optimum pour l’ombrage est de 25 % qui permet globalement d’atteindre 26,454±12,558 % de matières azotées dans la matière sèche tandis qu’il y a un accroissement continue de cette teneur quand l’apport en urée passe de 0 kg à l’hectare (24,395±10,145 %) à 180 kg à l’hectare (26,975±11,718 %) et à 360 kg à l’hectare (27,992±16,267 %). En deçà et au-delà de 25 % d’ombrage, la teneur de la matière sèche en matières azotées reste dans les limites de 17,075±7,933 % et 19,226±9,728 %.

-        Teneur en cellulose de la matière sèche du Galinsoga ciliata en fonction de la dose d’urée et du degré d’ombrage

L’attention particulière portée sur la cellulose a montré que celle-ci représente globalement 9,806±1,353 % de la matière sèche et se maintient autour de cette valeur comme repris dans le tableau 7.

 


Tableau 7. Variation de la teneur en cellulose de la matière sèche du Galinsoga ciliata en fonction de la dose d’urée et du degré d’ombrage

Fertilisation

Origine du sol (site)

Densité par m2

0% d’ombrage

25% d’ombrage

50% d’ombrage

75% d’ombrage

Moyenne ± écart-type

E0 (pas d’urée ajoutée)

Horizon

165,333±99,413

7,379±0,636

9,969±0,552

9,806±0,235

9,748±2,188

9,225±1,502

E0 (pas d’urée ajoutée)

Ngengere

332,000±128,30

8,443±0,583

10,680±1,215

12,547±1,299

10,101±0,527

10,443±1,741

E0 (pas d’urée ajoutée)

ULPGL

229,333±109,973

7,722±1,651

9,323±0,621

7,887±3,266

11,135±0,612

9,017±2,236

Moyenne pour E0 pour l’ombrage ± écart-type

255,556±130,350

7,848±1,043

9,991±0,942

10,080±2,686

10,328±1,323

9,562±1,877

E1 (80 kg d’urée par hectare)

Horizon

272,000±193,930

12,577±5,201

9,636±1,293

9,273±0,902

10,589±0,576

10,519±2,688

E1 (80 kg d’urée par hectare)

Ngengere

409,333±192,177

9,040±1,338

9,251±2,026

11,985±2,835

9,749±0,939

10,006±2,047

E1 (80 kg d’urée par hectare)

ULPGL

328,000±141,060

9,068±0,536

10,873±1,110

10,474±1,406

10,671±0,095

10,272±1,089

Moyenne pour E1 pour l’ombrage ± écart-type

336,444±181,524

10,228±3,223

9,920±1,514

10,577±2,023

10,336±0,708

10,265±2,001

E2 (160 kg d’urée par hectare)

Horizon

250,667±146,219

8,660±0,753

10,718±0,439

8,614±2,016

10,108±1,550

9,525±1,492

E2 (160 kg d’urée par hectare

Ngengere

304,000±124,499

8,438±0,792

11,088±0,586

9,652±0,847

11,229±0,281

10,102±1,320

E2 (160 kg d’urée par hectare

ULPGL

270,667±113,437

8,760±1,379

8,495±1,742

9,811±1,178

9,503±0,253

9,142±1,214

Moyenne pour E2 pour l’ombrage ± écart-type

275,111±127,014

8,619±0,891

10,100±1,539

9,359±1,364

10,280±1,101

9,590±1,368

Moyenne globale pour l’ombrage ± écart-type

289,037±146,402

8,899±2,190

10,004±1,309

10,005±2,076

10,315±1,033

9,806±1,353

 


On n’observe pas de différence significative ou une quelconque tendance à la croissance ou à la décroissance selon l’apport en urée voire selon l’ombrage même si numériquement les plus forts ombrages ont montré une tendance à l’augmentation de la moyenne même si on ne sait pas relever une certaine différence significative entre ces moyennes.

5. Discussion des résultats

Le Galinsoga ciliata est reconnu comme une mauvaise herbe nitrophile des champs qui s’adapte bien aux zones ensoleillées. Même en République Démocratique du Congo, les études menées à Bukavu (Sud-Kivu) par Mulangwa (2005) ont démontré d’une corrélation entre la présence du Galinsoga dans le champ et sa fertilité. Ceci est conforme aux résultats obtenus dans la présente recherche qui démontrent que la production du Galinsoga en matières sèches augmente en fonction de l’apport en azote, même si la levée semble être affectée par une augmentation de l’apport en urée.

Différents auteurs dont Mohler et al. (2021) ont postulé que le Galinsoga ciliata est une plante de lumière et qu’il procède à l’évitement de l’ombre quand il est en compétition, à l’allongement de la tige, à l’élargissement des feuilles de même qu’une floraison et une production semencière retardées, le tout couplé à une réduction de la biomasse et de la quantité des semences. Néanmoins, la présente étude démontre que le rendement en matières sèches du Galinsoga ciliata augmente avec la diminution de la lumière pour se stabiliser autour de 50 % d’ombrage ou plus selon d’autres paramètres comme l’origine du sol et l’apport en urée. Ce résultat est une preuve que le Galinsoga ciliata peut continuer à prospérer même quand les conditions d’ombrage dans un champ de culture sont assez élevées. Cette observation est conforme aux notes de Jaenicke (2006) dans lesquelles il affirme un compromis entre l’ouverture des stomates pour la photosynthèse sous ombrage où il ferait moins chaud et la lumière qui est moins importante pour la même photosynthèse. Selon Jaenicke (2006), certaines plantes supporteraient jusqu’à 90 % d’ombrage pour les jeunes plants qui diminuerait avec l’âge de la plantule. Ivany et Sweet (1973) ont signalé un effet négatif sur la production du Galinsoga seulement quand l’intensité de la lumière était diminuée en 83 %.  Néanmoins d’après Jaenicke (2006), pour ce qui est de Galinsoga, l’optimum de production en biomasse sèche se situerait entre 50 et 75 % d’ombrage.

En ce sens, en cas de culture, le Galinsoga ne serait pas affecté par l’ombrage de la plante associée à moins que la concurrence n’ait une originaire racinaire pour l’eau et/ou les éléments minéraux sinon tout autre facteur d’influence comme l’allélopathie de certaines plantes à l’instar des brassicacées comme l’a révélé Kumar et al. (2009) lorsqu’ils ont constaté que la moutarde jaune (Sinapis alba L.) réduit 62 % de l’émergence de Galinsoga ciliata aussi bien que la biomasse. Ces mêmes auteurs indiquent des effets similaires de la moutarde brune (Brassica juncea L.) sur le Galinsoga ciliata.

Quoique le Galinsoga ciliata soit une plante du groupe photosynthétique C3, les résultats obtenus rappellent ceux rapportés par Romdhane et al. (2017) pour le vétiver (Chrysopogon zizanioides L.), une plante fourragère du groupe C4, qui ont observé un accroissement significatif de la production de la matière sèche quand augmente l’ombrage. En effet, selon ces auteurs, l’ombrage augmente le nombre de talles du vétiver, la longueur de la partie aérienne, la surface foliaire, le nombre de feuilles par plante et la teneur en matière sèche. Dans cette logique, le Galinsoga ciliata, tout comme le vétiver pourrait être cultivé sous l’ombre de plus grandes plantes.

Les données relatives à la teneur de la matière sèche en cendres (et donc inversement en matières organiques) montrent que cette teneur en cendres décroît en fonction de l’apport en urée au sol. Cette décroissance est d’autant plus brusque que le sol non amendé est pauvre en azote. L’augmentation de l’ombrage a aussi un effet similaire mais plus palpable. La teneur en cendres de la matière sèche décroît de 45 % globalement quand l’ombrage passe de 0 % à 75 % avec des tendances spécifiques pour chaque type de sol et le niveau d’apport en urée. En revanche, si l’on considère la décroissance liée à l’apport d’urée, elle ne représente que 11 % comparativement à l’ombrage. Cette tendance se maintient quels que soient l’origine du sol et le niveau d’ombrage.  

Les résultats ainsi obtenus tiennent à une explication liée aux mécanismes d’absorption de l’azote sous sa forme ammoniacale et des autres cations. Les résultats auraient pu être différents si l’azote était apporté au sol sous forme sa forme nitrique.

Les différentes teneurs en cendres de la matière sèche du Galinsoga sont conformes aux données rapportées par Hamdani (2020) selon lesquelles la teneur des végétaux en cendres dépasse rarement les 5 % du poids de la matière sèche alors que Didier (1986) les situent entre 2,75 et 4,5 % de la matière sèche, ce qui se conforme parfaitement à la plage de variation des moyennes des cendres dans la matière sèche pour les différentes apports d’urée et les différents niveaux d’ombrages appliqués pendant la présente expérimentation sur Galinsoga ciliata.

En tenant compte de l’absorption racinaire des sels, Hamdani (2020) relève une préférence pour les cations que pour les anions. Les racines absorbent les cations dans cet ordre décroissant : NH4+, K+, Mg2+, Ca2+, Na+ et pour les anions dans l’ordre décroissant suivant : NO3-, Cl-, H2PO4-, SO42 .

Selon Hamdani (2020), en plus d’une absorption passive due à l’évapotranspiration et donc à un gradient de pression osmotique entre les racines et les feuilles, l’énergie issue de la photosynthèse améliore l’absorption des éléments minéraux. Il devient donc clair que quand l’éclairement diminue, l’ammonium (NH4+) sera toujours mieux absorbé que les sels minéraux d’abord compte tenu de la préférence par les racines liées à sa facilite d’échange cationique mais la part des cations et des sels minéraux diminuera à la suite des effets combinés de la chute de l’évapotranspiration et de l’énergie photosynthétique.

L’explication quant à ce tiendrait d’une part de l’éclairement et d’autre part de l’évapotranspiration qui serait meilleure alors que les feuilles qui reçoivent directement la lumière et la chaleur solaires seraient plus sollicitées par l’évaporation et donc le reflux de la sève brute que lorsque le rayonnement solaire direct est obstrué partiellement par l’ombrage.

De même que l’a constaté Didier en 1986 chez les graminées, l’on constate que les parcelles de Galinsoga ciliata à haute teneur en matières sèches contiennent le moins de matières minérales. Cette relation négative est clairement établie pour les différents ombrages mais se retrouve bouleversée par les différents niveaux d’apports en urée.

En effet, plusieurs auteurs dont notamment Hamdani (2020) et Jaenicke (2006) révèlent que l’évapotranspiration permet une absorption passive de certains sels minéraux tandis qu’il y a un besoin d’énergie supplémentaire pour l’absorption active d’autres minéraux au niveau racinaire.

La quantité de matière sèche produite par unité de surface pour les différents traitements n’est pas proportionnelle au nombre de plants sur une unité de surface. Ce résultat conforte ceux obtenus par Rai et Tripathi en 1983 qui stipulent que la quantité de matière sèche produite augmente avec la densité de plants mais pas de manière linéaire. Si l’on s’en tient aux observations de Didier (1986), la composition en matières azotées du Galinsoga ciliata obtenue dans la présente recherche est jusqu’à 3 fois supérieure à celles des graminées du Sahel qui ne dépasse pas les 7 % à au stade juvénile. Gang et al. (2018) ont remarqué un effet positif de l’apport en azote sur la production en biomasse sèche du Galinsoga ciliata, un effet négatif de l’ombrage mais surtout une interaction de l’éclairement et de l’apport azotée.

Différentes explications concourent en une montée puis une diminution de la teneur de la matière sèche en matières azotées en fonction de l’ombrage et de l’apport en urée. En ne parlant que d’ombrage, un éclairement total devrait être responsable d’une augmentation de la quantité de la matière sèche produite et de sa teneur en azote conformément aux actions d’une meilleure absorption de l’ammonium grâce à une photosynthèse accrue et à une évapotranspiration élevée comme le suggère Hamdani (2020). Cela va de soi que la teneur de la plante en azote en sortira améliorée si des quantités croissantes d’urée sont disponibles au niveau du sol. Effectivement, Kocon (2010) indique chez la féverole (Vicia faba ssp minor L.) que quand des quantités croissantes d’urée sont amenées à la plante, la photosynthèse en sort améliorée et même la teneur de la plante entière en azote augmente.

Toutefois, comme le dit bien Jaenicke (2006), l’ouverture des stomates est maintenue en basse température (donc sous ombrage) qu’en haute température. L’ombrage devrait dans ce sens favoriser une activité photosynthétique élevée mais la quantité de lumière dans ce cas serait le facteur limitant. De même, Rai et Tripathi (1986) ont observé une augmentation de la surface foliaire chez Galinsoga ciliata sous ombrage. Chez les haricots et les niébés, Kimani et Osborne (2005) ont constaté aussi que l’activité photosynthétique est diminuée par les hautes températures simulées au niveau des racines. Ces conditions décrites sont celles qui prévalent dans les endroits non ombragés.

Néanmoins, Jaenicke (2006) note que, malgré l’ouverture des stomates, la même activité photosynthétique peut être limitée par un faible éclairement qui induirait une diminution de la matière sèche et aussi une accumulation de l’ammonium dans la plante et sa transformation en ammoniac dont la toxicité selon Hamdani (2020) pourrait induire une réduction du rendement de la plante.

Rai et Tripathi (1986) quant à eux ont trouvé que les plants de Galinsoga ciliata maintenus sous ombrage sont plus résistants à l’application de l’herbicide 2,4-D (acide 2,4-dichlorophénoxyacétique) que les plants sans ombrage. Ceci prouve que dans certaines conditions lui imposées, le Galinsoga ciliata pourrait mieux s’adapter sous ombre qu’à la lumière.

Il est important de mentionner la remarque de Mohler et al. (2021) pour qui la croissance du Galinsoga ciliata est intimement liée à la disponibilité de l’azote, du phosphore et du potassium mais que la réponse à l’apport du phosphore sans azote ajouté est bien meilleure que le contraire. Ces auteurs notent que quand l’apport en azote et en potassium est réduit, le Galinsoga parviflora contrairement au Galinsoga ciliata est capable d’un développement racinaire puissant.

Les résultats obtenus sur la teneur du Galinsoga ciliata en cellulose rappellent ceux des recherches de Romdhane et al. (2017) sur l’impact de l’ombrage sur le vétiver, qui ont néanmoins révélé une augmentation significative de la teneur des plantes ombragées en cellulose par rapport aux plantes non ombragées. Ces auteurs indiquent que pour le vétiver l’ombrage n’affectait pas l’énergie digestible de la plante entière qui se maintenait à 0,8 UFL (unité fourragère lait) par kg de matière sèche quel que soit le niveau d’ombrage.

Conclusion

À l’issue des expérimentations menées dans la périphérie agricole de la Ville de Butembo, le Galinsoga ciliata qui est utilisé localement comme une plante fourragère pour les lapins et d’autres herbivores comme le porc et le cobaye est une plante qui supporte l’ombrage et de cette manière pourrait être associé aux cultures vivrières sans qu’il souffre substantiellement d’un éclairement réduit. Il est cependant exigeant en azote et répond positivement à un apport croissant en urée. C’est la raison pour laquelle il devrait être associé aux plantes moins exigeantes en azote comme les légumineuses ou alors dans un écosystème agricole où l’azote n’est pas le facteur limitant.

Bibliographie

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Hamdani, F.Z. (2020). Nutrition minérale et maladies physiologiques des plantes, première édition, Éditions Al-Kafi (Algérie). En ligne : www.AlKafi-Publishing.com

Ivany, J.A. et Sweet, R.D. (1973). Germination, Growth, Development, and Control of Galinsoga, Weed Science, 21 (1), pages 41-45.

Jaenicke, H. (2006). Bonnes pratiques de culture en pépinière forestière : Directives pratiques pour les pépinières de recherche, Manuel technique no. 3, World Agroforestry Centre, Nairobi, 90 pages.

Kimani, S.K. and Osborne, B.A. (2005). Effects of soil temperature on nodulation, photosynthesis, and dry-mat yield of beans and cowpeas, in the Proceedings of the Pabra Millennium Workshop held in Arusha (Tanzania) from 28 May to 1 June 2001, pages 246-252.

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Kumar, V., Brainard, D., and Bellinder, R. (2009). Effects of Spring-sown Cover Crops on Establishment and Growth of Hairy Galinsoga (Galinsoga ciliata) and Four Vegetable Crops, Hortscience 44 (3), pages 730–736.

Mohler, C.L., Teasdale, J.R. and DiTommaso, A. (2021). Manage weeds on your farm: A guide to ecological strategies, SARE handbook series 16, US Department of Agriculture, 416 pages

Mulangwa, N. (2005). Réponse du haricot (Phaseolus vulgaris L.) au compost sur des sols colonisés par diverses herbes spontanées, in the Proceedings of the Pabra Millennium Workshop held in Arusha (Tanzania) from 28 May to 1 June 2001, pages 76-78.

Rai, J.P.N. and Tripathi, R.S. (1983). Population regulation of Galinsoga ciliata and G. parviflora: Effect of sowing pattern, population density and soil moisture and texture, Weed Research, 23 (3), pages 151-163.

Rai, J.P.N. and Tripathi, R.S. (1986). Population regulation of Galinsoga ciliata (Raf.) Blake and G. parviflora Cav.: Effect of 2,4D application at different growth stages and light regimes, Weed Research 26 (1), pages 59-68.

Romdhane, A. B., Boukef, S., Karmous, C., Slim, S., Khimiri, H. et Hammami, M. (2017). Effet de l’ombrage sur la culture sous serre du vétiver (Chrysopogon zizanioides L.), Journal of new sciences, 44 (6), pages 2438-2444.

Warwick, S.I. and Sweet, R.D. (1983). The biology of Canadian weeds, Galinsoga parviflora and G. quadriradiata (= G. ciliata), Canadian Journal of Plant Science, 63, pages 695–709.

 



[1] Docteur en Sciences agronomiques de l’Université Catholique du Graben (Nord-Kivu/RDC): mbusakito@gmail.com.